mardi 12 août 2014

Lucy

Chacun a ses petits plaisirs coupables en matière de cinéma. Certains ce sont les nanards de The Asylum, d’autres ce sont les films d’horreur cheap, certains les comédies romantiques américaines… Moi c’est les nanards Bessoniens. Réalisations, productions, tout y passe, la plupart du temps au fin fond des rediffusions d’une chaîne de la TNT. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’apprécie ce que fait le bonhomme, à la rigueur Le Cinquième Élément voire Taxi 2 sont cultes mais c’est tout. Pour le reste, on connaît la chanson, des courses-poursuites, des bagnoles qui volent et qui finissent en mille morceaux sur le goudron, des fusillades, des méchants (asiatiques, du Moyen-Orient ou de l’Europe de l’Est) en costard, des chargeurs vidés à bout portant dans l’estomac, un peu de castagne, des héros sans charisme et des scénarios compris des seuls scénaristes. De tous ces points de vue des films comme Taken (limite amoral) et From Paris With Love (complètement crétin et bourrin) sont de grandes réussites de Besson. Mais alors qu’on parle d’un reboot du Transporteur malgré la série TV (assez hétérogène), voilà que Luc Besson revient à la réalisation pour un film plus réfléchi, moins rentre-dedans, plus raffiné, s’inscrivant clairement dans la science-fiction. Bien que survendu par les médias français, Lucy promettait beaucoup, avec une nouvelle occasion de mettre Scarlett Johansson au sein d’un pitch intéressant, basé sur le fameux mythe de la non-utilisation de la totalité de notre cerveau. D’emblée on pensera à l’excellent Limitless, on frôle même la repompe mais on pense bien que Luc Besson n’aura pas le même style que Neil Burger. De belles promesses pour une Bessonerie pas trop Bessonienne, des belles promesses qui vont, je donne déjà la couleur, hélas s’envoler au fur et à mesure que se déroule l’heure et demie de ce décevant Lucy.

Lucy (Scarlett Johansson), une étudiante un peu à l’Ouest, est à Taïwan avec son petit ami Richard (Pilou Asbaek), qui non sans une certaine insistance, lui confie une mission légèrement périlleuse : remettre, à la réception d’un hôtel, une mallette au contenu inconnu à un certain Monsieur Jang (Choi Min-Sik). Lucy se retrouve alors malgré elle au cœur d’un trafic de drogue : un paquet d’une étrange poudre bleue lui est implanté dans le ventre à son insu, et avec 3 autres garçons pris au piège, elle va devoir faire la mule. Se retrouvant en prison sur le chemin de l’aéroport, elle va être violentée par ses geôliers. La drogue bleue va alors se déverser dans son corps, et va produire immédiatement ses effets : Lucy est en effet capable d’accéder à des parties inutilisées de son cerveau, voyant ses facultés se décupler. Elle parvient alors à s’échapper, et va solliciter l’aide du Pr. Norman (Morgan Freeman) pour comprendre ce qu’il lui arrive ; ainsi que le Capitaine Del Rio (Amr Waked) de la brigade des stups française pour retrouver les 3 autres mules. Mais Jang et ses dangereux sbires coréens sont bien décidés à reprendre leur bien et ce par tous les moyens…


Après Michael Bay revisite l’histoire, voici Luc Besson qui revisite la Science. C’est la chose principale que je retiendrai de Lucy. C’est certes réducteur, aussi passons sur les points positifs principaux, à savoir que l’ensemble est bien fait, dynamique, avec un certain parti pris visuel comme on en avait pas vu chez Lulu depuis longtemps, et que dans l’ensemble, c’était bien essayé et que ça part à la fois d’une bonne intention et d’une idée intéressante. Mais alors, justement, l’idée… On a juste l’impression que Besson a trouvé le sujet du cerveau cool et a brodé une histoire dessus. Et quand on sait le traitement que Besson réserve à ses scénarios… A la limite, que ses incohérences et ses trous s’appliquent à une intrigue policière, passe encore, on commence à en avoir l’habitude. Mais quand ça s’applique à une intrigue scientifique, tout de suite, ça ne va pas être possible. On ne voit pas où Lucy veut en venir. Il n’y a pas de base, pas de but, pas de morale, peu de liant. Une mélasse informe à base faussement scientifique. Le film égrène ses théories fantaisistes sur le temps et la transmission du savoir, mais le tout n’a ni queue ni tête, tergiverse pas mal pour en arriver à une fin en queue de poisson, à la fois trop simple et trop ouverte, qui ne conclut rien et laisse d’ailleurs un grand froid, un grand vide, une impression d’inachevé voire de gâchis, pour un film qui n’est pas allé au bout de son sujet, ou plutôt qui croit qu’il y est allé. On ne sait pas ce qu'il faut comprendre, en fait. Mais comme d’habitude avec Besson, ça semble clair dans sa tête, moins dans celle des spectateurs… J’ai vu cité par des confrères critiqueurs les noms de Matrix et Jean-Claude Van Damme. On semble être en plein dedans. En plus digeste et moins imagé certes, mais le résultat est au final le même. C’est moyennement bien raconté et surtout bien peu intéressant tant le sujet développé ne nourrit aucun but précis, essayant de nous faire réfléchir sans y arriver, c’est l’histoire d’une fille qui accède à tout son cerveau et découvre des choses. Voilà tout.

J’entends venir la défense. C’est de la fiction, donc il ne faut pas non plus s’attendre au développement d’une thèse scientifique crédible et vraisemblable, mais prendre du bon temps avec Luc Besson. Je reviendrai sur le second point plus tard, mais pour ce qui est du premier, j’ai envie de dire « certes ». Les développements du genre philosophique ne m’enchantent guère en général, mais admettons le parti pris qui demeure cohérent avec l’imagerie du film, qui aurait pu être servi par une morale plus claire. Mais l’ensemble est tout de même plus que fantaisiste. Alors avoir le contrôle sur plus de parties de son cerveau permettrait de, trois exemples choisis : - contrôler objets et personnes à distance - capter une conversation téléphonique précise à des centaines de mètres et au milieu de dizaines d’autres - et remonter le temps des millions d’années en arrière ? Mouais. Encore les capacités plus terre-à-terre que Lucy acquiert au début (réflexes et capacité accrue de réflexion, grande précision, assimilation rapide d’une grande quantité de données, hypermnésie, accès à tous les souvenirs) peuvent paraître crédibles, le reste l’est beaucoup moins surtout qu’on ne s’embarrasse pas de justifications passé un certain % de colonisation du cerveau (ou des justifications WTF, genre l'histoire du noyau... les biologistes cellulaires s'arrachent les cheveux). Au lieu de terminer sur les visées philosophiques mêlant temps et connaissance, il aurait été nettement plus intéressant de s’attarder sur les capacités physiques et psychiques de Lucy, ce qui au final nous aurait donné un excellent film d’action bardé de science-fiction. De ce point de vue Limitless bat Lucy par K.O., en exploitant bien plus le potentiel de surhumain, qui pour Lucy est vite relégué au second plan pour laisser place à un discours plus réfléchi et plus ouvert mais passablement pompeux et particulièrement inutile, surtout quand le film mélange toutes les composantes et finit par souffrir de gros trous (mais il lui arrive quoi exactement après la scène des toilettes de l’avion ??).


J’en reviens au point du plaisir pris avec la production Besson, plaisir souvent primaire soit dit en passant, mais qui parfois fait son effet. Comme je l’ai dit, Lucy exploite bien peu son potentiel d’action malgré les nombreuses possibilités qui s’ouvraient à lui. Bon cela reste du Besson, alors nous aurons le droit à 3-4 fusillades plus ou moins jouissives, une grosse scène de poursuite (qui semble hors-sujet, juste placée pour qu’on puisse dire qu’on regarde du Besson…), des flinguages bien violents avec des coréens en costard jusqu’au-boutistes, mais le tout est surtout placé dans la partie centrale du film, qui en est de loin son meilleur moment (lorsque Lucy acquiert ses capacités et jusqu’à ce qu’elle rencontre Norman). Après, c’est le fameux blabla qui flingue toutes les bonnes intentions du film. Avant, hélas, ça ne va pas non plus. La mise en place du film est bien trop lente, surtout quand le film ne dure qu’une heure et demie, résultat les longueurs grignotent l’histoire et on en arrive à cette fin expéditive qui provoque comme seule réaction un « heu » (je n’ai jamais entendu pareil blanc à la fin d’un film dans une salle de cinéma). Lucy souffre donc d’un faux rythme évident, le côté poussif du début finit par livrer une partie qui s’enchaîne trop vite et ne laisse pas de place à des développements qui auraient pu rendre le film plus prenant. Il y avait nettement mieux à faire dans la globalité et Besson, en voulant faire quelque chose de plus réfléchi, finit par passer à côté du potentiel de son sujet qui aurait gagné à être plus palpitant et à placer plus de capacités divertissantes de Lucy, bref plus d’action. Un comble !

Le casting parvient toutefois à relever l’ensemble, même si le pauvre Morgan Freeman semble condamné à ne jouer que des rôles impersonnels de scientifique jusqu’à la fin de sa vie (on a l’impression de revoir son personnage dans Transcendence voir Lucius Fox…). Scarlett Johansson est en réussite, ce qui n’est pourtant pas évident : passé le début du film où elle joue très bien le rôle de pleurnicheuse paniquée en mode « je vous en supplie », son jeu est ensuite très, très monolithique. Mais cela va très bien avec le personnage de Lucy qui finit par perdre ses émotions, et le personnage est finalement très prenant, devant beaucoup au visage délibérément figé de l’actrice. Tout le film est basé là-dessus et il n’y aura donc pas beaucoup de place pour les personnages secondaires : Amr Waked a la bonne tête de flic Bessonien renfermé et incrédule, il s’intègre bien au film mais lui aussi aurait mérité plus de profondeur et d’exploitation. Choi Min-Sik lui est excellent de bout en bout mais paraît tellement cliché pour un film de Besson… Et en aparté, ça serait bien de nous sous-titrer le coréen, parce que tout le monde ne parle pas coréen (au début du film, la non-traduction se tient, mais après… mon cinéma n’avait pas retrouvé le fichier .srt ?).



Luc Besson voulait se prendre pour Neil Burger, ce qui aurait été salutaire et nous aurait donné un Limitless plus franc du collier et moins psychédélique (et avec Scarlett Johansson à la place de Bradley Cooper). Mais non, il s’est pris pour Stanley Kubrick (sans les délires abstraits, encore heureux, mais j’ai eu peur sur la fin), et ça ne marche pas le moins du monde. Ça partait d’une base cool, mais justement Besson n’a trouvé que la base cool, et n’a pas su l’exploiter pour en faire un bon blockbuster d’anticipation ou même de la Science-Fiction grand public. Lucy est donc une grande déception et un gâchis. Là où on pouvait s’attendre à un film mettant en scène une femme droguée qui règle ses comptes avec ses étonnantes capacités, on se retrouve avec quelque chose qui amène à la réflexion mais qui se retrouve à côté de la plaque, prenant des largesses avec la Science au passage, le tout sans objectif et sans ambition. Luc Besson a pris des cours de neurobiologie et voilà ce que ça a donné. Tout ceci est donc fort dommage car par moments, Lucy laisse entrevoir le potentiel qu’il avait. Si le cerveau de Lucy est colonisé à 100% à la fin, ce film laisse encore de larges trous, qui étaient autant de possibilités pour faire quelque chose d’explosif. Besson aurait mieux fait de rester dans l’action totalement débridée, lorsque ses personnages se lâchent l’efficacité est toujours au rendez-vous. Lorsque Lucy laisse donc clairement apparaître la patte Besson, ça fonctionne toujours, mais dès que le ton change l’échec est là, un échec qui aurait pu laisser la place à autre chose. C’était bien essayé mais au final, Lucy se révèle surtout être un beau ratage.
Note : 5/10

dimanche 20 juillet 2014

Prometheus


Il est difficile d’écrire sur un film que l’on a tant attendu, et qu’on ne sait pas si on l’a aimé ou pas. Prometheus avait été mon énorme attente de 2012 et j’avais poussé le vice jusqu’à aller le voir le jour de sa sortie, payant de plein pot (en général j’attends le jeudi parce que c’est moins cher) avec cette majoration 3D de mes deux en bonus (enfin là la 3D valait le coup). Etais-je ressorti de la salle satisfait ? Par le spectacle oui, pour le reste dès le lendemain je me suis posé pas mal de questions, faisant écho à celles posées par les critiques de la presse et du net aussi. Grosse réussite, mi-figue mi-raisin ou plantage complet ? Le film n’a pas eu que des amis, fans d’Alien ou pas (ce qui n’était pas forcément mon cas avant d’aller voir Prometheus en 2012…). Un doute qui devait être dissipé par un revisionnage dans de bonnes conditions sur Canal il y a quelques mois. Mais plus que de dissiper des doutes, j’en ai eu de plus en plus. Résultat, après deux visionnages, je ne savais pas vraiment quoi penser de Prometheus. Je pensais m’arrêter là, un troisième visionnage me donnant peur d’être finalement déçu par un film que j’avais énormément attendu. J’avais prévu de rédiger une critique à ce moment-là mais je n’en étais resté qu’à quelques notes. Un troisième visionnage, fait par le plus grand des hasards (genre « je suis seul j’ai rien à faire ce soir de vacances qu’est-ce qu’il y a à la télé oh tiens Prometheus sur Ciné Premier ») aura donc été nécessaire pour forger un avis définitif, qui finalement sera positif. Ouf ! Mais le moins qu’on puisse dire c’est que l’œuvre de Ridley Scott n’est pas facile d’accès, à cause de quelques défauts, mais ça reste une œuvre marquante et ce dès la splendide séquence d’ouverture…


En 2089, les chercheurs Elizabeth Shaw (Noomi Rapace) et Charlie Holloway (Logan Marshall-Green) découvrent des peintures rupestres dans une caverne située au sein d’une île écossaise. En faisant le rapport avec d’autres œuvres ancestrales, ils parviennent à démontrer que des extraterrestres, potentiellement créateurs de l’humanité et en cela baptisés les « Ingénieurs », ont donné une invitation aux humains. Les chercheurs parviennent à trouver le système stellaire qui abriterait la planète d’origine des Ingénieurs. Séduit par le projet de rencontrer les créateurs de l’humanité et à l’article de la mort, Peter Weyland (Guy Pearce) finance l’expédition et affrète le vaisseau Prometheus, dirigé par Meredith Vickers (Charlize Theron), pour se rendre sur la planète indiquée par les Ingénieurs. Toute une équipe de scientifiques et de techniciens arrive sur place en 2093 et commence ses recherches. Holloway sera déçu d’apprendre que les Ingénieurs, à qui il souhaitait parler, ont été décimés par une force inconnue, au contraire de Shaw qui se satisfait des importantes découvertes effectuées. Mais d’autres découvertes notamment faites par l’androïde David (Michael Fassbender) vont montrer ce qui s’est véritablement passé, et quelles sont les véritables motivations des Ingénieurs au sujet de cette planète et de la Terre…


Donc après 3 visionnages, c’est la satisfaction qui domine. Certes Prometheus ne sera jamais un des cultes de la SF, mais il remplit bien son office. Effets spéciaux, vaisseaux et décors (RIP Giger) sont exceptionnels, et il sera difficile de faire mieux. Le film convainc donc par son souffle épique. Il est également rondement mené, ménageant sa tension avec une lente entrée en matière, avant un partage en couille habituel, schéma rappelant bien sûr les 3 premiers volets d’Alien (le 4, lui, partait en couille rien qu’à l’annonce de son histoire). La tension finit par être très palpable, même si le film n’est pas si terrifiant que le premier Alien. Le gore à base de pénétration et de sorties de bestioles gluantes reste toujours de mise… en restant sobre et ne tombant pas dans le grand-guignol de certains volets d’Alien. Tout y est, l’équilibre entre moments de calme, de tension et d’horreur est parfait, et le ton est finalement différent de tous les volets d’Alien (plus palpitant que le 1, moins bourrin que le 2, plus spectaculaire que le 3, moins nawak que le 4). Niveau « réalisation », Ridley Scott a donc fait du grand travail, sublime, prenant et grandiose, 33 (!) ans après le tout premier Alien qu’il avait réalisé (avant Cameron, Fincher et Jeunet pour des résultats plus ou moins discutables).


Alors bien sûr, peu de monde reprochera quoi que ce soit à Prometheus sur ces points, et ma satisfaction première venait surtout de là. Mais il y avait le reste qui posait problème et qui pouvait provoquer un blocage… blocage qui avait engendré de vives critiques. Il est vrai que le scénario de Prometheus est passablement mal torché. Il semble simpliste et trop compliqué à la fois, se basant sur une histoire et des évènements classiques jalonnés de gros trous ou d’inexplications, qui ne trouvent leurs solutions qu’après plusieurs visionnages ou un passage par le résumé détaillé du Wikipédiatre. Certains messages ne passent toujours pas (notamment le fond religieux avec la foi de Shaw) et des évènements restent flous (le rôle « dans l’ombre » de Weyland, les comportements de David et Vickers face à lui, amenant à l’infection de Holloway…), mais dans l’ensemble on finit par comprendre l’histoire dans son ensemble. Mais hélas, ce n’est pas un grand scénario… et certaines réponses, notamment sur les motivations des Ingénieurs et le rôle des aliens, ne seront trouvées que dans la (les) suite(s). Au final, Prometheus a pêché par « blockbusterisme », en balançant un scénario simpliste qui s’est révélé foutraque à cause d’arcanes mal amenées ou mal exploitées. On est pas loin du syndrôme Besson avec un scénario compris des scénaristes mais simplifié pour ne pas trop perdre le spectateur moyen… entreprise engendrant quelques approximations et se révélant inefficace pour un premier visionnage. Donc si vous n’avez pas compris, un revisionnage est nécessaire, pour ne pas passer à côté d’un film qui a de grandes qualités aussi.


Des qualités visuelles qui ne sont pas forcément relevées par les acteurs ici présents en nombre, pour pas grand-chose au bout. Du couple Shaw (Noomi Rapace) - Holloway (Logan Marshall-Green), c’est surtout le second qui m’a convaincu, avec son côté casse-cou de scientifique curieux qui se laisse emporter par ses émotions. Par contre Noomi Rapace en fait un peu trop, nouvelle Ripley convaincante dans les scènes d’horreur, elle est un peu gonflante sur le reste, avec son rôle de personnage candide et religieux. Puis j’aime pas l’actrice en fait… Michael Fassbender est lui impeccable dans son rôle d’androïde fourbe qu’on aime et qu’on déteste à la fois, il surpasse Bishop (Lance Henriksen) haut la main. Charlize Theron, présentée comme la star du film, a vraiment un pur rôle de faire-valoir. Elle ne sert absolument à rien ! A part ressembler à Samus Aran des jeux Metroid, ce qui est pour moi un retour d’ascenseur presque évident, sachant que la saga Metroid doit presque tout à la saga Alien. Pour le reste, hormis bien sûr Guy Pearce méconnaissable dans le rôle du vieux Weyland, il n’y a non plus pas grand-chose à voir, même Idris Elba campe un Capitaine Janek qui n’est pas très important. Les deux zigotos de service, Fifield le géologue fantasque (Sean Harris) et Millburn le biologiste couard (Rafe Spall - vu notamment dans la trilogie Cornetto), amènent un peu de fun dans un film tout de même très sérieux avec des acteurs rentrant plus ou moins dans le moule « Alien ». Des personnages facilement paniqués qui du coup font un peu n’importe quoi (quand le vaisseau des Ingénieurs s’écroule tout droit, pourquoi courir en avant alors que pour éviter sa chute il aurait suffi de s’enfuir… par un côté ?). Sinon je viens à peine de me rendre compte mais dans le lot on a Kate Dickie (la scientifique Ford), plus connue pour le rôle de… Lisa Arryn dans Game Of Thrones.


Trois visionnages, et en dépit de ses défauts de fond (et de forme), Prometheus reste quand même un bien bon film de Science-Fiction. Son scénario est tarabiscoté, mais l’essentiel est là, posant les bases pour la suite de ce qui se posera comme les véritables préquelles d’Alien (c’est donc presque une intro aux préquelles… j’espère que tout le monde suit). Ses acteurs sont inégaux, en classe et en importance, mais en y réfléchissant bien ceux des Alien n’étaient pas spécialement marquants non plus… et seul le temps (et les suites du prequel qui est une intro aux préquelles potentielles *gloups*) nous permettra de dire si Shaw/Noomi Rapace sera une véritable nouvelle (ou plutôt ancienne, chronologiquement à la saga) Ripley/Sigourney Weaver. Le spectacle est assuré, à apprécier au cinoche ou sur une TV HD avec un bon son. C’est sur ce point que Prometheus se distingue, atteignant un niveau de classe sensationnel au niveau de la SF des sous-genres « planète étrangère » et « horreur », et s’il doit être culte ça sera pour son visuel plutôt que pour le reste, hétérogène et hélas trop calibré blockbuster, alors que la plupart des Alien n’étaient pas forcément accessibles et destinés au grand public… Prometheus n’est pas et ne sera jamais un film de « Hard SF », mais restera un film un minimum marquant, moderne sur certains points, old-school sur d’autres, plus ou moins fidèle aux codes de la saga dont il introduit l’histoire. Une satisfaction, certes pas totale par rapport à l’attente suscitée à l’époque de sa sortie, mais une satisfaction quand même pour un film qui n’en est pas moins incomplet, en lui-même déjà, et qui devra faire office de tremplin aux suites (suites mais préquelles à… oui bon d’accord) qui je l’espère pousseront encore plus loin le niveau de grandiose.
Note : 7.75/10

Transformers 4 : L'Âge de l'Extinction


Qu’on ne présente plus. Et en 2014, que la tradition de la trilogie au cinéma n’existe plus, ça n’étonne plus personne. Tant que ça marche, on continue. Tous les 2/3 ans, et de préférence l’été, on a le droit à un nouveau Transformers. Toujours par Michael Bay. Toujours avec Shia LaBeo… ah non, lui ne rempile pas, ce qui devrait déjà amener un peu de nouveauté. De la nouveauté, la franchise Transformers en avait bien besoin. La saga était déjà usée à partir de Transformers 2 : La Revanche, ce qui est quand même un comble après un Transformers si efficace. C’est seulement ce premier film de la saga qui en vaut la peine d’ailleurs. Transformers 3 : La Face Cachée de la Lune était une purge doublée d’une autocaricature où tout, absolument tout (‘humour’, action, scénario, personnages) était exagéré au possible. Au choix, il fallait donc arrêter le massacre ou essayer de rattraper le coup, Michael Bay a donc opté pour la seconde solution. Pour une seconde jeunesse avec à la clé une nouvelle trilogie ? Vu les recettes outre-Atlantique (malgré des critiques loin d’être dithyrambiques), il n’y a pas de raison que ça s’arrête… Voilà donc le ‘4’, Transformers 4 : L’Âge de l’Extinction. Avec des nouveaux camarades de jeu, à part quelques Autobots le casting a été totalement purgé. Mais pour le reste, oui, c’est toujours la même chose. Des robots, de l’humour, du cinoche commercial à l’américaine, de l’émotion (*sniff*) et LA MANETTE MICHAEL BAY : EXPLOSION, DESTRUCTION, BADABOUM.

Après les évènements de Chicago, le gouvernement américain encourage la population à se méfier des derniers robots aliens subsistant sur Terre. Même les Autobots sont traqués jusqu’au dernier. En effet, l’agent de la CIA Attinger (Kelsey Grammer) a fait de l’éradication des robots une affaire personnelle pour protéger coûte que coûte son pays, et quels qu’en soient les moyens. Il a donc décidé de faire appel à une autre caste de robots aliens, menés par Lockdown, qui veulent faire cesser les querelles entre robots dont celles entre Autobots et Decepticons… Optimus Prime, endommagé après un combat âpre, s’est réfugié au fin fond du Texas sous la forme d’un camion délabré, tentant de communiquer avec les derniers Autobots présents sur Terre. Il est recueilli par hasard par Cade Yeager (Mark Wahlberg), un ingénieur en robotique fauché qui bricole dans son hangar, élevant tant bien que mal sa fille Tessa (Nicola Peltz). Et quand Optimus Prime est remis en état de marche, tout s’emballe et la famille de Cade et les Autobots restants vont devoir fuir et combattre robots de Lockdown et hommes d’Attinger, ainsi que les nouveaux robots créés par l’entreprise de Joshua Joyce (Stanley Tucci)…


Bon,
Comme Transformers est une saga suffisamment connue qui ne nécessite plus d’en faire des tartines, et que j’ai été inspiré dans mon manque d’inspiration par une autre critique sur RYM, cette fois-ci on va donner dans la critique en forme de ‘+’ et de ‘-’ :

Les ‘+’ :
- On critique on critique mais on va le voir quand même. C’est toujours du bon spectacle fait pour être regardé sur un écran de cinéma avec un son de cinéma, et on se laisse prendre au jeu.
- Les effets spéciaux sont irréprochables. L’animation des robots atteint un certain niveau de perfection. Et les explosions envoient du bois, comme d'hab.
- Joshua Joyce (Stanley Tucci) succède à Simmons (John Turturro) dans le rôle du personnage nerveux et excentrique. Le second s’essoufflait, le premier prend donc le relai avec brio. Certes il fait surtout du ‘Stanley Tucci’ mais ça fonctionne assez bien, surtout que le personnage aura des relations complexes avec les autres, passant dans différents camps…
- Autre rôle intéressant, celui de Shane (Jack Reynor) qui campe le petit ami « interdit » de Tessa. Un personnage comique de manière inattendue, beau gosse jouant les durs qui se révèle être un gros couard de première, faisant écho au personnage de Sam Witwicky…
- Les amateurs de belles cylindrées apprécieront les nombreux modèles présentés dans cet opus…
- Plus de bidasses. Prends ça, Godzilla !
- Je cherche encore d’autres ‘+’, j’en ai pas assez. Si j’en ai trouvé d’ici la publication de cet article cette ligne devrait disparaître. Si elle est toujours là c’est que ma foi…


Les ‘-’ :
- Un scénario ? C’est quoi ?
- Nouvel épisode de « Michael Bay revisite l'histoire » : après les premiers pas sur la Lune, c'est l'extinction des dinosaures qui y passe.
- On a connu un Michael Bay plus inspiré au niveau de la destruction massive. Là ça pète mais c’est tout. Tout ce qui dépote est dans la bande-annonce en fait. Pas de scène épique comme celles du 1 où l’effondrement hallucinant de l’immeuble dans le 3. Diantre !
- Mark Wahlberg, depuis que je l’ai vu dans No Pain No Gain, je ne peux m’empêcher de le considérer comme passablement débile. Le comportement stéréotypé de son personnage dans ce Transformers 4 ne remonte pas le niveau…
- Attinger (Kelsey Grammer) aurait pu être un méchant parfait avec la gueule de l'emploi. Mais ses motivations sont difficiles à cerner, et les actes du personnage sont trop exagérés, trop « blockbuster ricain ». Savoy (Titus Welliver), son bras droit, aurait pu faire office de bonne substitution mais on ne le voit pas assez…
- Certains dialogues, notamment ceux des robots, sont toujours profondément pompeux et ridicules. A cause de la VF peut-être ?
- Des petites incohérences à divers endroits, des raccourcis, et là aussi le sempiternel côté « cinéma » : les mecs (et filles) se prennent des coups et tombent de partout mais semblent aussi increvables que John McClane…
- Un point qui m’a été grandement soufflé par une autre critique mais il est vrai que l’‘humour’ stéréotypé sur les chinois (qui savent tous faire du karaté) est quand même assez limite… ou très beauf. Ou très ricain.
- La « Science »-Fiction. Alors comme ça il existerait un métal qui possède un génome ?
- Cantonnés à la fin du film, les Dinobots ne servent pas à grand-chose…
- Ras le cul de Megatron. Passez à autre chose bordel !
- Le placement produit. Je sais qu’il ne faut pas s’en étonner ni même y prêter attention, mais à ce niveau faut pas exagérer quand même. Non, je n’achèterai pas un haut-parleur Beats Audio juste parce que je l’ai vu dans le film, je n’en ai pas l’utilité et c’est bien trop cher. Pareil pour la Lamborghini (pour les mêmes raisons, quoique l’utilité…). Et je ne sais pas si les jeunes filles de 16 ans qui ont vu ce film vont subitement se saper en Victoria’s Secret.
- Le public présent pour ce genre de films. Entre les Captain Obvious au rang derrière (« je suis trop sûr que le camion c’est un robot », oui, moi aussi j’ai vu la bande-annonce…) et les gamins à côté qui criaient « t’es trop bonne » à l’envi, j’ai été franchement servi.


Les ‘ni + ni -’, ou ‘+ et - à la fois’, ou les ‘=’ quoi :
- Le départ de Sam Witwicky change les choses et amène du neuf au niveau des relations entre les personnages, finies les sempiternelles problèmes de jeunesse, de parents envahissants et de petites copines difficiles à gérer. Le problème c’est qu’il est remplacé par d’autres clichés : Cade le père seul et protecteur, qui tient à mort à sa fille, qui accepte pas qu’elle ait un petit ami, qui se sacrifierait pour elle etc… splendides poncifs à l’américaine. Auxquels on peut ajouter la famille pauvre menacée d’expulsion, la CIA et ses complots, la firme multinationale qui pense qu’au fric, etc…
- Nicola Peltz est bien moins vulgaire que ses deux prédécesseuses/prédécesseresses, même si ses tenues au début exciteront quelques jeunards n’ayant pas la majorité. Dommage que ce petit changement d’apparat n’ait pas été capitalisé par un personnage intéressant…
- Très peu d’humour typique dans cet opus. M’enfin, vu le niveau affiché dans le précédent opus, on ne va pas s’en plaindre…
- Les nouveaux Autobots ne sont pas très intéressants. Bumblebee fait du Bumblebee. Mais Hound le vieux barbu rattrape tous les autres ! Par contre Lockdown et ses comparses, à part les loups…
- Presque 3 heures, c’est tout de même assez long, surtout que ce genre de film qui poutre finit par fatiguer les yeux et les oreilles. Mais paradoxalement tout est à sa place et on ne sent à aucun moment un effet de remplissage.
- Apprécier ce film sonne comme un retour en enfance. Un peu rétrograde quand même…
- C’est un blockbuster de base, avec les qualités et défauts d’un blockbuster de base. Ce qui pourrait annuler mes paragraphes ‘+’ et ‘-’ et causer la disparition de l’univers en créant une singularité spatio-temporelle soudaine et foudroyante.
- Bon, il est quand même meilleur que le 3. Voire même que le 2. Mais il ne sert vraiment à rien et au final, dans cette saga, seul le 1 s’en sort avec les honneurs…


Voilà, je crois qu’on a fait le tour, et le dernier point au-dessus résume tout. Comparer les opus aux uns et aux autres, c’est tout ce qu’il nous reste à faire, la saga n’évoluant plus et n’osant plus. On change juste les personnages impliqués, et c’est reparti pour un tour. Transformers 4 : L’Âge de l’Extinction, c’est un Transformers de plus, sans plus d’ailleurs. Haters gonna hate mais il est dommage de constater que depuis Transformers, la saga laisse sur la faim et n’a jamais été capable de transformer (hahha) l’essai, qui n’était pas un essai d’ailleurs mais une réussite d’emblée. Transformers 4 : L’Âge de l’Extinction reste sobre par rapport à son immonde prédécesseur, mais trop sobre, trop classique, pas assez explosif et scénaristiquement abyssal. Même en remplaçant Shia LaBeouf par Mark Wahlberg, la saga n’a plus grand-chose à dire, si ce n’est se baser sur encore et toujours les mêmes recettes. J’espère qu’avec le départ de Michael Bay de la réalisation, la donne va changer (on parlait à un moment d’un épisode uniquement avec des Transformers et sans humains, ce que la fin laisse présager, mais honnêtement j’en doute), en l’état Transformers 4 : L’Âge de l’Extinction n’est donc ni le meilleur Transformers, ni le pire, mais est juste un honnête blockbuster estival, souffrant toujours de défauts et de poncifs tout juste compensés par le plaisir de l’action pure. On va donc attendre Lucy (je mets beaucoup d’espoirs là-dedans) ou Les Gardiens de la Galaxie (je n’en attends rien de particulier) pour décerner le véritable prix de film de l’été…
Note : 6.5/10