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mardi 25 octobre 2016

Jack Reacher : Never Go Back


Jack Reacher : Never Go Back (ou Jacques Richert : ne r’viens jâmais ôn ârrière hé au Québec) fait suite à Jack Reacher (tout court) qui date de 2012. Enfin « fait suite », ce n’est pas tout à fait exact, car pour une fois ce « 2 » n’en est pas vraiment, voire pas du tout, ce n’est ni une suite ni un prequel (préquelle au Québec - c’est peut-être un quelconque mot d’argot tiens). Tout simplement parce que chacun des deux films sortis sur le personnage de Jack Reacher sont adaptés des bouquins éponymes de Lee Child. Si le premier film s’attardait sur le 9ème tome dénommé « Folie Furieuse », Never Go Back adapte lui la 18ème des aventures du personnage ici campé par Tom Cruise. Enfin bon, ça pourrait tout de même être une suite… mais non. Le seul rapport est ici Jack Reacher. Tout ceci pour faire suite pour adapter une autre aventure du redresseur de torts américain. Et il faut dire que le premier film avait été une bonne surprise, entre actioner pas trop explosif et thriller à scénario retors. Il avait été aussi porté par un héros légèrement badass, dépeint sous un angle plus réaliste que la moyenne, bien mis en valeur au sein d’un film sombre un petit peu amoral par moments. Cela avait d’ailleurs suffi à donner un coup de pouce à Christopher McQuarrie, qui a ensuite continué à collaborer avec Tom Cruise pour quelque chose de bien plus gros, à savoir Mission Impossible 5 : RogueNation. McQuarrie a d’ailleurs du renoncer à tourner cette suite ce 2ème opus de Jack Reacher. Edward Zwick a récupéré le bébé, qui a un challenge assez simple finalement, faire-aussi-bien-que-le-premier.

Jack Reacher (Tom Cruise), l’ex « major » de l’armée américaine chargé d’enquêtes internes, continue à vagabonder et à jouer les justiciers. C’est ainsi que pour le compte du Major Turner (Cobie Smulders), il arrête un flic corrompu qui s’adonnait à du trafic de clandestins. Jack sympathise avec Turner et souhaiterait même un petit peu la rencarder. Il finit par venir à sa rencontre à sa base, mais sur place, il apprend que celle-ci a été mise aux arrêts, pour des prétendus faits d’espionnage sur des dossiers sensibles en Afghanistan. Ne croyant pas à ces accusations, il finit par fourrer son nez dans ces affaires. En cavale, Reacher et Turner sont donc poursuivis par la police militaire et aussi par la société ParaSource, sous-traitant indépendant de l’armée qui serait mêlé au complot, et qui a envoyé son meilleur élément (Patrick Heusinger) pour chasser les fugitifs… Pour couronner le tout, Reacher découvre qu’il serait père d’une fille de 15 ans, Samantha (Danika Yarosh), qui va également se retrouver menacée par les évènements…


Alors, on prend les mêmes le même et on recommence ? Cela aurait pu être le credo facile de Jack Reacher : Never Go Back, mais la réalité sera plus complexe que ça. Totalement indépendant de Jack Reacher premier-film-du-nom, à tel point qu’on aurait même pas eu besoin de voir le premier film si ce n’est pour mieux connaître le héros, Jack Reacher : Never Go Back tranche avec son « prédécesseur » et porte bien son nom : ne jamais revenir en arrière (comme le disait Clovis Cornillac dans Eden Log), continuer à fuir. Après un Jack Reacher qui exploitait à fond son « enquête » et ses ramifications, ce film se pose comme une grosse course-poursuite. Avec bien peu de temps morts même si la seconde partie du film est un peu plus posée grâce au personnage de Sam’, Jack Reacher : Never Go Back est donc plutôt haletant. Toujours à la lisière entre Action et Thriller, ce film remplit aisément son office et ce qu’on attend du genre. Et retient les bonnes leçons qui jalonnaient la première aventure, à savoir un côté plus réaliste, jusque dans les combats, toujours aussi efficaces et durs : ici, pas de John McClane increvable, les héros et némésis ont mal après 2-3 coups, faiblissent, et ont même du mal à se remettre. Plus viscéral et organique que la moyenne, ces deux opus de Jack Reacher sont donc assez rafraîchissants et offrent une autre vision de ce qu’on voit d’habitude dans les blockbusters. Ajoutez à ça de petites pointes d’humour (le coup de la « berline noire » est savoureux) et la personnalité de Reacher, qualités comme défauts, toujours bien présente, et on parvient à tenir à nouveau la cadence et la forme de Jack Reacher même si des changements radicaux sont apparus sur le fond, au niveau du scénario comme des à-côtés.

Moins sombre (et plus avare en punchlines aussi), Jack Reacher : Never Go Back peut apparaître moins efficace que Jack Reacher, mais l’ensemble tient tout de même la comparaison de manière plus qu’honnête. Si c’est surtout le rythme qui rend le film haletant, on pourra toutefois regretter le scénario mystérieux de l’autre opus (qui se finissait abruptement d'ailleurs). Ici tout paraît trop simpliste, et certains rebondissements sont prévisibles. C’est un peu dommage dans l’absolu mais l’équilibre s’est déplacé ailleurs. Tom Cruise a bien renfilé le costume du jusqu’au-boutiste Jack Reacher, le personnage est toujours malin et perspicace même s’il met moins en valeur ces qualités ici, préférant ses aptitudes au combat. Dans le rôle du némésis, Patrick Heusinger succède bien à Jai Courtney, même si là aussi leurs personnalités sont bien différentes, même si nous tenons deux bons méchants impitoyables. Le bémol me semble être Cobie Smulders, qui fait trop « Agent Hill » et n’apporte pas de réelle plus-value. On s’attardera plus sur Danika Yarosh, un peu en mode « Britt Robertson dans Tomorrowland », même si elle se retrouve dans un Thriller autrement plus réaliste. Le reste est diablement secondaire et ça manque même de gros noms outre le duo Cruise-Smulders (et encore, elle n’est guère connue que des suiveurs de Marvel et de How I Met Your Mother…), on retiendra quand même Robert Knepper et son sourire bien vicieux en guise de Big Boss des peu fréquentables ParaSource.


Avec son final moins épique, Jack Reacher : Never Go Back est tout de même un peu inférieur à Jack Reacher, qui se bonifie avec le temps d’ailleurs. Mais il est difficile de comparer les deux opus de manière brute, tant ils se distinguent sur de nombreux points, tout en gardant savamment certains éléments. Mais même le personnage de Jack Reacher n’y fait pas forcément la même chose, ce qui donne un univers bien varié et ce en deux films seulement. Après un premier opus prenant et méticuleux, ce second volet reste accrocheur et suffisamment efficace, jouant plus sur son côté course-poursuite haletante, au détriment d’une histoire plus consistante. D’ailleurs le pan de l’histoire concernant Reacher et Samantha semble un peu de trop, mais ma foi, si c’est dans le bouquin… Jack Reacher : Never Go Back ne fait pas insulte à son prédécesseur, au contraire il parvient aisément à le compléter grâce à son traitement sensiblement différent. Ensuite, il est vrai que Jack Reacher avait pour lui son côté plus froid autour de son personnage intelligent mais sans pitié, mais c’est une question de goûts. Peut-être trop classique pour un actioner-thriller, Jack Reacher : Never Go Back est pourtant plus qu’honnête en son genre, qui fait bien son office à cette période de l’année (en plus les évènements se passent au moment d’Halloween, c’est le bon moment), loin des blockbusters de l’été que l’entité Jack Reacher n’a peut-être pas la prétention d’égaler. Si vous voulez bien donner à nouveau 0.003% du prix du billet à l’Eglise de Scientologie, Jack Reacher : Never Go Back sera un bon divertissement pour sortir de votre grotte pendant les vacances de Toussaint… c’est ça de pris, en attendant d’éventuelles autres aventures, et il y a du stock.
Note : 7.5/10

dimanche 9 octobre 2016

[News] Un trailer pour Power Rangers!

Retombons, si vous le voulez bien, un peu en enfance avec le tout premier 'teaser trailer' (en VO) pour le reboot des Power Rangers :



Ça sent bon (et même un peu trop?) le Chronicle, bien que le film ne soit pas réalisé par Josh Trank (qui n'est de toute façon pas prêt de rebosser avec un gros studio avant longtemps) mais par Dean Israelite, qui avait signé le déjà très bon 'film avec des jeunes qui ont des super-pouvoirs' Project Almanac.

Outre les cinq jeunes un peu inconnus au bataillon, Bryan Cranston, Elizabeth Banks et Bill Hader sont annoncés au casting.

Rendez-vous le 5 avril 2017 pour avoir de nouveau 12 ans, et pour voir s'il y aura Force Jaune devant, Marron derrière. Et espérons que les gentils gagnent.

dimanche 2 octobre 2016

Mission Impossible 5 : Rogue Nation


C’est assez marrant quelque part. On peste sans cesse sur les sagas qui pressent le citron déjà séché jusqu’à plus soif, mais il y en a certaines qui passent entre les mailles du filet voire même, nous tiennent en respect. Et si un Fast & Furious a fini par se trouver une seconde jeunesse dans la dinguerie tandis qu’un Die Hard commence à sentir mauvais tout comme un Transformers, personne n’osera vraiment contester l’actuelle longévité de Mission Impossible. Certes, on pourra toujours critiquer un tas de trucs, Tom Cruise et ses rapports à la scientologie ou le fait que seule la série d’origine est valable et culte, mais Mission Impossible continue à assurer et à cartonner. Faire une saga « plus que trilogie » et continuer à faire de bons films, ce n’est pas une mission impossible justement ? Mission impossible que relève sans mal l’équipe de Mission Impossible. Après deux bons premiers opus tempérés par un troisième volet prometteur mais qui s’était embarrassé d’éléments trop complexes à la « J.J. Abrams en mode Lost », la saga s’était relancée en trombe avec un Mission Impossible 4 : Protocole Fantôme plus léger et explosif, exploitant de nouvelles têtes pour assumer à donf son côté divertissement. L’équipe s’est donc un minimum stabilisée autour de Benji (Simon Pegg) et Brandt (Jeremy Renner), les changements de line-up sont loin derrière et l’ensemble est toujours mené par un Tom Cruise qui reste maître dans l’art du divertissement grand public entre action et science-fiction (Oblivion, Edge Of Tomorrow). Voilà donc le 5, Rogue Nation, et on attendait ça avec impatience lors de sa sortie en salles après la claque reçue par Protocole Fantôme. Votre mission, si vous l’acceptez, faire mieux que votre prédécesseur…

L’équipe Mission Impossible, soit les agents Hunt (Tom Cruise), Dunn (Simon Pegg) et Brandt (Jeremy Renner), aidés de Luther Stickell (Ving Rhames), est en mission au Bélarus pour empêcher la livraison d’armes biologiques. Cette livraison semble être liée au Syndicat, une mystérieuse organisation qu’Ethan traque depuis un bon moment. Mais ce dernier se fait doubler par leur leader, Solomon Lane (Sean Harris). Et suite aux évènements de Mission Impossible 4 : Protocole Fantôme, les agents de Mission Impossible ne sont plus en odeur de sainteté auprès des dirigeants américains et de la CIA en particulier. Leur directeur, Alan Hunley (Alec Baldwin), parvient à obtenir la dissolution de l’agence auprès du Président. Brandt et Dunn sont alors contraints de collaborer avec la CIA, et doivent malgré eux participer à la traque d’Ethan, désormais considéré comme un fugitif complotiste. Ce dernier, de son côté, ne relâche pas ses efforts pour trouver Lane et mettre à jour le Syndicat. Il va alors trouver sur son chemin la mystérieuse Ilsa Faust (Rebecca Ferguson)…


Alors, mission accomplie ? Bon pas vraiment car soyons francs, et pour être tout à fait subjectif, pour moi Mission Impossible 4 : Protocole Fantôme est d’ores et déjà passé dans la sphère de mes cultes. Mais à aucun moment Mission Impossible 5 : Rogue Nation ne fait honte à son illustre prédécesseur. Il apporte d’ailleurs un regard différent sur les pérégrinations et les méthodes de l’« IMF ». Moins à l’arrache, plus sérieux, même si l’humour typique notamment toujours porté par Simon Pegg demeure présent. Cela n’empêche pas le leitmotiv finalement logique de « mission impossible » d’être toujours présent… Pas de surprise finalement, ce 5 est bien le 2 du 4 finalement et en tout points, jusque dans le fond « l’agence désavouée et critiquée » que l’on retrouve en force ici, mais ça fonctionne toujours. Par rapport à Mission Impossible 4 : Protocole Fantôme, le scénario se complexifie donc un petit peu, les rebondissements et coups de théâtre se font plus nombreux, avec en point d’orgue des coups de génie. Mais on ne retrouve pas le grand nawak de Mission Impossible 3 qui n’était plus crédible à force d’enchaîner les revirements et trahisons. Et bien sûr, l’Action (avec un grand A, toujours) demeure présente. Après l’habituelle séquence d’intro ici assez dantesque, tout s’enchaîne très vite et les temps morts se font rares, même quand il s’agit de faire avancer l’histoire. Niveau bagarres ou poursuites, on est servis. Et comme toujours les gadgets et autres subtiles techniques d’espionnage et d’infiltration des agents font mouche avec encore de bonnes idées à foison. Plus réfléchi et moins frappadingue que le 4, Mission Impossible 5 retrouve un certain équilibre, parfois au détriment du pur divertissement mais encore une fois, il est particulièrement complet pour le genre. Ça en fait peut-être un Mission Impossible « de plus », mais l’ensemble demeure inspiré, diablement rythmé et capable de nous tenir en haleine, et l’essentiel est déjà largement assuré.

Après un Michael Nyqvist certes excellent (dans un rôle un peu à contre-emploi d’ailleurs) mais aux aspirations un peu trop jusqu’au-boutistes, le britannique Sean Harris moins connu et presque méconnaissable (c’est sûr qu’on est loin du personnage de Fifield dans Prometheus) reprend le rôle du grand méchant et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il assure dans la peau d’un antagoniste typique de films d’action-espionnage. Marvel devrait en prendre de la graine tiens. On retrouve sans mal la classe inquiétante d’un Philip Seymour Hoffman et d’un Dougray Scott. Rebecca Ferguson campe bien son personnage plutôt mystérieux et incertain, mais si son rôle complexe apporte un plus non négligeable, je regrette la disparition d’une « Mission Impossible girl » à la Maggie Q ou Paula Patton qui s’en étaient tirées avec les honneurs. Outre un Alec Baldwin correct et les quelques rôles secondaires intéressants (comme celui du directeur du MI-6 campé par Simon McBurney), j’ai tout de même un grand regret : que Jeremy Renner s’éloigne de nouveau du terrain, reprenant presque son rôle d’« analyste », dommage quand on connaît les capacités d’« agent de terrain » qu’il avait pu montrer pour Protocole Fantôme ou par ailleurs dans Jason Bourne : L’Héritage. Heureusement, son duo naissant avec Ving Rhames fonctionne plutôt bien, et il reste l’autre roux Simon Pegg qui est toujours formidable dans le rôle de l’intrépide Benji, qui aura d’ailleurs le droit à des aventures plus variées, notamment sur la fin. Quant à Ethan Hunt, ça reste Ethan Hunt, et même si au final ce rôle est parfois dilué parmi les autres (ce qui est tout à son honneur), il continue à être un moteur pour cette excellente saga.

Alors encore une fois, le sans-faute n’est pas loin. Meilleur que Protocole Fantôme sur certains points, moins bon sur d’autres, Rogue Nation est une belle réussite pour une saga en excellente forme, et ça a même les moyens de durer tant qu’on ne change pas trop les choses tout en trouvant de bonnes idées. Moins brut et donc peut-être moins immédiat et moins marquant que son prédécesseur, Mission Impossible 5 : Rogue Nation n’a pas réussi à le dépasser, mais il n’est pas loin de l’égaler, pour une saga qui actuellement est particulièrement homogène sur la durée. Si on doit creuser, on peut remarquer que la prise en main par Christopher McQuarrie (Jack Reacher) n’apporte rien de plus et que le placement-produit est particulièrement grossier par moments (Microsoft a allongé le chèque), mais ce n’est pas très important et Mission Impossible 5 : Rogue Nation reste un blockbuster. Un excellent blockbuster, qui succède sans mal et sans scandale à Mission Impossible 4 : Protocole Fantôme, avec un regain de complexité « Mission Impossibilienne » qui fera plaisir au plus grand nombre (sauf si vous étiez vraiment bloqués sur les deux voire trois premiers, ce que je peux comprendre car on donne désormais vraiment dans le très grand public) même si pour ma part, le 4 restera au-dessus mais on est pas passé loin de l’exploit. En tout cas, Mission Impossible reste une valeur sûre, surtout avec l’équipe actuelle (Simon Pegg et Jeremy Renner même si on peut le voir un peu plus), et Rogue Nation remplit le contrat. Maintenant que vous avez pris connaissance de cette critique, elle s’autodétruira dans 5 secondes… ou pas parce que je veux des lectures. Mais je nierai tout si vous vous faites choper en train de la lire.

Note : 8/10

mardi 27 septembre 2016

[News] Des invités de marque pour Transformers 5 et Thor 3

On condense les deux news du moment avec ce qui sera au programme de Transformers 5 : The Last Knight et Thor 3 : Ragnarok, personnages comme acteurs.
Penchons-nous d'abord sur la franchise de Michael Bay dont le citron sera pressé encore une fois le 21 juin prochain. Transformers 5 : The Last Knight signera l'apparition d'illustres personnages. Vu son titre, il ne fait aucun doute que Batman sera un des premiers invit... euh non en fait pardon, Batman c'est le 'Dark' Knight, c'est vrai. Non c'est même encore plus nawak que ça vu que pour ce 5ème cru de Transformers on aura l'occasion d'apercevoir Winston Churchill, qui bien sûr sera accompagné de ses ennemis d'époque, les nazis. Et ce n'est pas tout vu que plus loin et plus fort, c'est aussi Le Roi Arthur qui devrait faire son apparition dans le film. Il sera d'ailleurs campé par Alexandre Astier Liam Garrigan (des séries Strike Back et Once Upon A Time entre autres). Quant à Churchill, des rumeurs le verraient bien interprété par Anthony Hopkins, déjà annoncé au casting également. Et le pire c'est que ça le ferait, en fait.

Bref, vous l'aurez compris, dans ce 5ème opus les robots voyageront dans le temps. Second épisode de Michael Bay revisite l'histoire, donc. A ce stade, j'ai surtout envie de dire 'Kamoulox'. Iron Sky meets Kaamelott meets Transformers?


Passons du Roi Arthur à Odin maintenant. Thor 3 : Ragnarok, qui est prévu pour le 27 octobre (2017, c'est loin), a annoncé la suite de son casting. Outre Cate Blanchett et l'excellent Karl Urban, Jeff Goldblum sera aussi de la partie dans le rôle du 'Grandmaster'. Et cerise sur le gâteau, Sam Neill vient d'être confirmé à l'affiche. N'ayant eu le droit qu'à quelques jours de tournage, son rôle ne devrait pas être primordial. Mais la réunion de Neill et Goldblum titille déjà le cœur des nostalgiques : les deux acteurs n'ont en effet jamais tourné ensemble depuis Jurassic Park, soit depuis 23 ans !

En attendant de voir s'ils auront le droit de figurer ensemble lors d'une même scène sur Asgard (ou sur Midgard, on prend aussi), remémorons-nous le duo Alan Grant / Ian Malcolm en espérant que Thor 3 : Ragnarok ne soit pas qu'un gros tas de merde.



Au pire on en rigolera.



Puis et tant qu'on parle de Jurassic Park, Sam Neill ne sera (de nouveau) pas au casting de Jurassic World 2. Il en a donné des explications marrantes que vous pouvez lire sur Allociné (ou ailleurs si vous voulez pas leur donner du clic, désolé j'ai la flemme de retranscrire). Hashtag 'tant mieux'.

mardi 20 septembre 2016

Kingsman : Services Secrets



Si avec ce blog je prône depuis toujours de bannir les à-priori en matière de cinéma et de juger sur pièces, il m’arrive à moi-même d’avoir des à-priori, et de passer à côté de pépites. Après tout, personne n’est parfait, mais quand on connaît bien ses propres goûts, il est souvent difficile de passer outre. Pour bien comprendre pourquoi je ne découvre que Kingsman : Services Secrets maintenant, il faut remonter à mon à-priori initial, celui qui lie ce film à Kick-Ass du même réalisateur, les deux œuvres étant régulièrement et justement comparées d’ailleurs. Il faut dire que je n’avais pas été franchement convaincu par le dénommé Kick-Ass vu par hasard sur une chaîne ciné du bouquet CanalSat, trop mou, sans aspérités, pas assez d’action, pas assez de ceci ou cela, pas spécialement drôle… Je suis passé à côté du film débridé de Matthew Vaughn et je ne pense pas revenir sur mon avis un jour. Aussi quand Kingsman : Services Secrets a débarqué sur nos écrans en février 2015, je ne me suis pas laissé tenter, surtout que les rapports à Kick-Ass fusaient. On m’en avait pourtant dit beaucoup de bien mais à chaque fois que je demandais « mais c’est dans le style de Kick-Ass non ? », on me répondait par l’affirmative, ce qui n’émoustillait pas ma motivation. Foutu pour foutu, je comptais tout de même juger sur pièce un beau jour, le jour où justement il tomberait sur les chaînes du bouquet CanalSat, ou le jour ou une bonne promo sur les Blu-Ray me permettrait de pouvoir m’y mettre dans de bonnes conditions (z’avez vu comment je suis un vrai de vrai alors qu’aujourd’hui trouver un film en streaming est accessible à tout quidam en trois clics), et il va s’agir de bannir les à-priori initiaux pour tomber peut-être sur une tuerie. Après tout, quand on a un à-priori négatif, on ne peut qu’être surpris… ou souvent conforté (ce qui donne en général des commentaires puant la mauvaise foi sur les réseaux sociaux). Alors, est-ce que Kingsman : Services Secrets va botter des culs mieux que Kick-Ass ne l’avait fait ?

Dans les années 90, lors d’une mission d’espions britanniques, un des leurs est tué par négligence du pourtant excellent Harry « Galahad » Hart (Colin Firth). Celui cherche à aider la famille du défunt mais ne reçoit en réponse que le rejet de la veuve. Hart remet donc un médaillon au jeune fils de l’agent décédé, Eggsy, censé lui apporter aide quand il en aura besoin. Des années plus tard, Eggsy (Taron Egerton) est devenu un jeune désabusé, constamment emporté dans des situations compliquées et des bagarres à cause des mauvaises fréquentations de sa mère. Mais il a pu acquérir une certaine débrouillardise. Arrêté par la police après un rodéo urbain, il se décide à contacter les agents par le biais du numéro inscrit sur le dos du médaillon qu’il a précieusement conservé. Hart lui vient alors en aide, et, tout en lui racontant l’histoire de son père, lui propose de rejoindre les Kingsmen. Eggsy est alors soumis à une rude concurrence pour rejoindre le groupe d’espions, il est en effet en compétition pour devenir le nouveau « Lancelot », le précédent ayant été tué en essayant de sauver un scientifique pris en otage. Et le temps presse car l’énigmatique Richmond Valentine (Samuel L. Jackson), milliardaire futé et excentrique intéressé par les conséquences du réchauffement climatique, est surveillé de près par les Kingsmen…


A vrai dire, ce que je craignais de Kingsman : Services Secrets, c’est qu’il soit trop bavard et finalement assez avare en action, ce qui était le cas de Kick-Ass d’ailleurs. Le film s’offre alors une lente mise en place, ce qui est finalement logique par rapport à l’histoire, mais l’action n’est pas spécialement au rendez-vous, si ce n’est la première véritable scène palpitante qu’est la bagarre spectaculaire dans le bar, assez largement montrée dans les bandes-annonces d’ailleurs. On suit alors les débuts d’Eggsy au sein des potentiels Kingsmen, d’ailleurs avec le décorum en forme de pensionnat, on se croirait presque dans X-Men : Le Commencement, justement réalisé par Matthew Vaughn… On est presque à mi-chemin entre un film où l’on suit des jeunes en compétition pour montrer leurs talents (presque une « origin story »), un peu à la manière d’un La Stratégie Ender finalement, et un film à parlotte Tarantinesque incisive à tout bout de champ, ce qui est revendiqué par l’accroche promo à l’arrière du Blu-Ray d’ailleurs. Plus bavard que drôle, Kingsman : Services Secrets tombe donc dans les travers que je lui imaginais en tant que « Kick-Ass qui se base sur des agents secrets plutôt que des super-héros », même si l’on se laisse prendre au jeu de l’histoire qui met lentement mais sûrement ses pions en place. Il faut donc attendre, en compagnie des personnages, que ça « pète ». Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que l’attente valait le coup. Et dans un dernier tiers, Kingsman : Services Secrets dévoile enfin tout le potentiel qui était enfoui dans ses promesses.

Ce qui n’était jusque là qu’un film gentiment saignant et un brin vulgaire retenait sa folie pour mieux la libérer ensuite. Et dans ce fameux dernier tiers qui démarre à partir de la scène de l’église, Kingsman : Services Secrets va partir dans la plus absolue dinguerie, explosive et sans gêne (visuellement comme au niveau des dialogues). L’histoire s’emballe et les soubresauts vus dans les deux premiers tiers du film vont amener toute la fine équipe derrière ce film à se lâcher et à hacher menu. Entre combats hyper nerveux sacrément bien chorégraphiés et moments de pure folie visuelle, Kingsman : Services Secrets s’offre une partie finale qui dépote un max. Acteurs, Taron Egerton et Mark Strong en tête, s’en donnent à cœur joie et Matthew Vaughn également, on sentait dès le début du film qu’il avait les moyens de donner dans une mise en scène percutante et cartoonesque à la Edgar Wright et il ne déçoit pas (en dépit d'effets spéciaux un peu moyens parfois). Kingsman : Services Secrets est donc un film qui prend son temps, pour mieux surprendre ensuite et faire halluciner son public devant une telle violence jouissive. Avec un scénario simple et bien mené, des punchlines à retenir et une humeur irrévérencieuse très communicative, et puis le l’Action pure et débridée à la fin, Kingsman : Services Secrets finit par tenir ses promesses et mérite d’accéder au tout puissant titre de Déglingue.


Kingsman : Services Secrets est aussi tenu par ses acteurs aux performances inattendues et bluffantes. Taron Egerton, qui n’est même pas cité sur le poster du film (!!!), en est bel et bien son héros, ce jeune acteur est tout à fait excellent et on espère le revoir au sein d’un film où il aurait encore plus d’importance (un film de super-héros ?). Puis dans le genre contre-emploi, Kingsman : Services Secrets se pose sérieusement. On attendait pas le Colin Firth du Discours d’un Roi dans un film si osé, entre flegme britannique et combats d’agent secret surentraîné, son rôle d’Harry Hart restera dans les mémoires. Et que dire de Samuel L. Jackson, hilarant en personnage totalement nawak, génie milliardaire maladroit et peureux sapé façon Snoop Dog et qui zozote. Là aussi c’est la déglingue ! Mark Strong, qui ressemble toujours autant à un Stanley Tucci plus grand, joue habilement son rôle sérieux de Merlin qui, comme tout le monde, sort bien de ses gonds sur la fin. Du reste, un bémol sur Michael Caine qui fait trop du Michael Caine et ne sert un peu à rien. Mention spéciale en revanche à Sofia Boutella, bien en vue dans le rôle du bras droit (et jambes d’acier) de Valentine, dans un autre registre que le rôle qu’elle aura dans Star Trek : Sans Limites… On s’arrêtera sur la jolie Sophie Cookson (Roxy) mais aussi un invité de marque, Mark « Luke Skywalker » Hamill, forcément méconnaissable au premier abord (si ce n'est sa coupe de cheveux) dans le rôle du scientifique kidnappé, qui a tout de même un rôle un poil plus conséquent que ses 8 secondes à la fin de Star Wars : Le Réveil de la Force (c’est plus un spoiler, vous l’avez tous vu depuis le temps hein ?).

Un léger bémol sur la musique pour une fois, un peu répétitive et le thème principal me semble un peu trop proche de celui d’Avengers. Alors bien sûr, dans le monde actuel du ciné ou les séquelles sont légion et que la plupart des « nouveaux » sont amenés à être des super intros pour une saga au cas où ça marche, Kingsman : Services Secrets ne déroge pas à la règle et sa grosse première partie peut amener à soupirer un peu. A la manière de Deadpool, trop centré sur l’origine du personnage en oubliant de tartiner, pour mieux se révéler dans un 2 ? On attendra là aussi un 2 mais le début de Kingsman : Services Secrets '1' est au moins sympathique et ici, en deux heures à l’écran, Matthew Vaughn n’a pas lésiné à la fin pour dégobiller et cartonner un max dans une joyeuse hystérie. On introduit, on présente les personnages, on les fait évoluer, on enveloppe le tout dans une histoire bien huilée et bim, à la fin on lâche la purée. Matthew Vaughn et sa fine équipe ont tout compris au film osé, retenu avant d’être dynamique et explosif, volontairement sanglant et vulgaire donc non-aseptisé, à la manière de Kick-Ass forcément mais en mieux, bien mieux même. J’ai failli être déçu car au début j’ai eu le droit à exactement les défauts que j’attendais, mais sur la durée Kingsman : Services Secrets m’a mis une belle claque. Voilà pourquoi il ne faut jamais laisser les à-priori se dicter ses visionnages parce qu’il y a tel réalisateur, que c’est proche de tel ou tel truc que-j’avais-pas-aimé-donc-j’ai-pas-envie, même si finalement la surprise n’en est que plus belle à la fin. Une jolie dinguerie au bout, qui se paye le luxe d’être un des films les plus couillus et enthousiasmants sortis ces derniers temps. Ce n’est pas à ses manières passées qu’on juge la filmographie d’un réalisateur…

Note : 8/10

dimanche 20 juillet 2014

Transformers 4 : L'Âge de l'Extinction


Qu’on ne présente plus. Et en 2014, que la tradition de la trilogie au cinéma n’existe plus, ça n’étonne plus personne. Tant que ça marche, on continue. Tous les 2/3 ans, et de préférence l’été, on a le droit à un nouveau Transformers. Toujours par Michael Bay. Toujours avec Shia LaBeo… ah non, lui ne rempile pas, ce qui devrait déjà amener un peu de nouveauté. De la nouveauté, la franchise Transformers en avait bien besoin. La saga était déjà usée à partir de Transformers 2 : La Revanche, ce qui est quand même un comble après un Transformers si efficace. C’est seulement ce premier film de la saga qui en vaut la peine d’ailleurs. Transformers 3 : La Face Cachée de la Lune était une purge doublée d’une autocaricature où tout, absolument tout (‘humour’, action, scénario, personnages) était exagéré au possible. Au choix, il fallait donc arrêter le massacre ou essayer de rattraper le coup, Michael Bay a donc opté pour la seconde solution. Pour une seconde jeunesse avec à la clé une nouvelle trilogie ? Vu les recettes outre-Atlantique (malgré des critiques loin d’être dithyrambiques), il n’y a pas de raison que ça s’arrête… Voilà donc le ‘4’, Transformers 4 : L’Âge de l’Extinction. Avec des nouveaux camarades de jeu, à part quelques Autobots le casting a été totalement purgé. Mais pour le reste, oui, c’est toujours la même chose. Des robots, de l’humour, du cinoche commercial à l’américaine, de l’émotion (*sniff*) et LA MANETTE MICHAEL BAY : EXPLOSION, DESTRUCTION, BADABOUM.

Après les évènements de Chicago, le gouvernement américain encourage la population à se méfier des derniers robots aliens subsistant sur Terre. Même les Autobots sont traqués jusqu’au dernier. En effet, l’agent de la CIA Attinger (Kelsey Grammer) a fait de l’éradication des robots une affaire personnelle pour protéger coûte que coûte son pays, et quels qu’en soient les moyens. Il a donc décidé de faire appel à une autre caste de robots aliens, menés par Lockdown, qui veulent faire cesser les querelles entre robots dont celles entre Autobots et Decepticons… Optimus Prime, endommagé après un combat âpre, s’est réfugié au fin fond du Texas sous la forme d’un camion délabré, tentant de communiquer avec les derniers Autobots présents sur Terre. Il est recueilli par hasard par Cade Yeager (Mark Wahlberg), un ingénieur en robotique fauché qui bricole dans son hangar, élevant tant bien que mal sa fille Tessa (Nicola Peltz). Et quand Optimus Prime est remis en état de marche, tout s’emballe et la famille de Cade et les Autobots restants vont devoir fuir et combattre robots de Lockdown et hommes d’Attinger, ainsi que les nouveaux robots créés par l’entreprise de Joshua Joyce (Stanley Tucci)…


Bon,
Comme Transformers est une saga suffisamment connue qui ne nécessite plus d’en faire des tartines, et que j’ai été inspiré dans mon manque d’inspiration par une autre critique sur RYM, cette fois-ci on va donner dans la critique en forme de ‘+’ et de ‘-’ :

Les ‘+’ :
- On critique on critique mais on va le voir quand même. C’est toujours du bon spectacle fait pour être regardé sur un écran de cinéma avec un son de cinéma, et on se laisse prendre au jeu.
- Les effets spéciaux sont irréprochables. L’animation des robots atteint un certain niveau de perfection. Et les explosions envoient du bois, comme d'hab.
- Joshua Joyce (Stanley Tucci) succède à Simmons (John Turturro) dans le rôle du personnage nerveux et excentrique. Le second s’essoufflait, le premier prend donc le relai avec brio. Certes il fait surtout du ‘Stanley Tucci’ mais ça fonctionne assez bien, surtout que le personnage aura des relations complexes avec les autres, passant dans différents camps…
- Autre rôle intéressant, celui de Shane (Jack Reynor) qui campe le petit ami « interdit » de Tessa. Un personnage comique de manière inattendue, beau gosse jouant les durs qui se révèle être un gros couard de première, faisant écho au personnage de Sam Witwicky…
- Les amateurs de belles cylindrées apprécieront les nombreux modèles présentés dans cet opus…
- Plus de bidasses. Prends ça, Godzilla !
- Je cherche encore d’autres ‘+’, j’en ai pas assez. Si j’en ai trouvé d’ici la publication de cet article cette ligne devrait disparaître. Si elle est toujours là c’est que ma foi…


Les ‘-’ :
- Un scénario ? C’est quoi ?
- Nouvel épisode de « Michael Bay revisite l'histoire » : après les premiers pas sur la Lune, c'est l'extinction des dinosaures qui y passe.
- On a connu un Michael Bay plus inspiré au niveau de la destruction massive. Là ça pète mais c’est tout. Tout ce qui dépote est dans la bande-annonce en fait. Pas de scène épique comme celles du 1 où l’effondrement hallucinant de l’immeuble dans le 3. Diantre !
- Mark Wahlberg, depuis que je l’ai vu dans No Pain No Gain, je ne peux m’empêcher de le considérer comme passablement débile. Le comportement stéréotypé de son personnage dans ce Transformers 4 ne remonte pas le niveau…
- Attinger (Kelsey Grammer) aurait pu être un méchant parfait avec la gueule de l'emploi. Mais ses motivations sont difficiles à cerner, et les actes du personnage sont trop exagérés, trop « blockbuster ricain ». Savoy (Titus Welliver), son bras droit, aurait pu faire office de bonne substitution mais on ne le voit pas assez…
- Certains dialogues, notamment ceux des robots, sont toujours profondément pompeux et ridicules. A cause de la VF peut-être ?
- Des petites incohérences à divers endroits, des raccourcis, et là aussi le sempiternel côté « cinéma » : les mecs (et filles) se prennent des coups et tombent de partout mais semblent aussi increvables que John McClane…
- Un point qui m’a été grandement soufflé par une autre critique mais il est vrai que l’‘humour’ stéréotypé sur les chinois (qui savent tous faire du karaté) est quand même assez limite… ou très beauf. Ou très ricain.
- La « Science »-Fiction. Alors comme ça il existerait un métal qui possède un génome ?
- Cantonnés à la fin du film, les Dinobots ne servent pas à grand-chose…
- Ras le cul de Megatron. Passez à autre chose bordel !
- Le placement produit. Je sais qu’il ne faut pas s’en étonner ni même y prêter attention, mais à ce niveau faut pas exagérer quand même. Non, je n’achèterai pas un haut-parleur Beats Audio juste parce que je l’ai vu dans le film, je n’en ai pas l’utilité et c’est bien trop cher. Pareil pour la Lamborghini (pour les mêmes raisons, quoique l’utilité…). Et je ne sais pas si les jeunes filles de 16 ans qui ont vu ce film vont subitement se saper en Victoria’s Secret.
- Le public présent pour ce genre de films. Entre les Captain Obvious au rang derrière (« je suis trop sûr que le camion c’est un robot », oui, moi aussi j’ai vu la bande-annonce…) et les gamins à côté qui criaient « t’es trop bonne » à l’envi, j’ai été franchement servi.


Les ‘ni + ni -’, ou ‘+ et - à la fois’, ou les ‘=’ quoi :
- Le départ de Sam Witwicky change les choses et amène du neuf au niveau des relations entre les personnages, finies les sempiternelles problèmes de jeunesse, de parents envahissants et de petites copines difficiles à gérer. Le problème c’est qu’il est remplacé par d’autres clichés : Cade le père seul et protecteur, qui tient à mort à sa fille, qui accepte pas qu’elle ait un petit ami, qui se sacrifierait pour elle etc… splendides poncifs à l’américaine. Auxquels on peut ajouter la famille pauvre menacée d’expulsion, la CIA et ses complots, la firme multinationale qui pense qu’au fric, etc…
- Nicola Peltz est bien moins vulgaire que ses deux prédécesseuses/prédécesseresses, même si ses tenues au début exciteront quelques jeunards n’ayant pas la majorité. Dommage que ce petit changement d’apparat n’ait pas été capitalisé par un personnage intéressant…
- Très peu d’humour typique dans cet opus. M’enfin, vu le niveau affiché dans le précédent opus, on ne va pas s’en plaindre…
- Les nouveaux Autobots ne sont pas très intéressants. Bumblebee fait du Bumblebee. Mais Hound le vieux barbu rattrape tous les autres ! Par contre Lockdown et ses comparses, à part les loups…
- Presque 3 heures, c’est tout de même assez long, surtout que ce genre de film qui poutre finit par fatiguer les yeux et les oreilles. Mais paradoxalement tout est à sa place et on ne sent à aucun moment un effet de remplissage.
- Apprécier ce film sonne comme un retour en enfance. Un peu rétrograde quand même…
- C’est un blockbuster de base, avec les qualités et défauts d’un blockbuster de base. Ce qui pourrait annuler mes paragraphes ‘+’ et ‘-’ et causer la disparition de l’univers en créant une singularité spatio-temporelle soudaine et foudroyante.
- Bon, il est quand même meilleur que le 3. Voire même que le 2. Mais il ne sert vraiment à rien et au final, dans cette saga, seul le 1 s’en sort avec les honneurs…


Voilà, je crois qu’on a fait le tour, et le dernier point au-dessus résume tout. Comparer les opus aux uns et aux autres, c’est tout ce qu’il nous reste à faire, la saga n’évoluant plus et n’osant plus. On change juste les personnages impliqués, et c’est reparti pour un tour. Transformers 4 : L’Âge de l’Extinction, c’est un Transformers de plus, sans plus d’ailleurs. Haters gonna hate mais il est dommage de constater que depuis Transformers, la saga laisse sur la faim et n’a jamais été capable de transformer (hahha) l’essai, qui n’était pas un essai d’ailleurs mais une réussite d’emblée. Transformers 4 : L’Âge de l’Extinction reste sobre par rapport à son immonde prédécesseur, mais trop sobre, trop classique, pas assez explosif et scénaristiquement abyssal. Même en remplaçant Shia LaBeouf par Mark Wahlberg, la saga n’a plus grand-chose à dire, si ce n’est se baser sur encore et toujours les mêmes recettes. J’espère qu’avec le départ de Michael Bay de la réalisation, la donne va changer (on parlait à un moment d’un épisode uniquement avec des Transformers et sans humains, ce que la fin laisse présager, mais honnêtement j’en doute), en l’état Transformers 4 : L’Âge de l’Extinction n’est donc ni le meilleur Transformers, ni le pire, mais est juste un honnête blockbuster estival, souffrant toujours de défauts et de poncifs tout juste compensés par le plaisir de l’action pure. On va donc attendre Lucy (je mets beaucoup d’espoirs là-dedans) ou Les Gardiens de la Galaxie (je n’en attends rien de particulier) pour décerner le véritable prix de film de l’été…
Note : 6.5/10

mercredi 21 mai 2014

Godzilla

Je sais que bon nombre de « cinéphiles » sont amateurs de nanars. Ce qui ne sera pas mon cas, n’étant pas intéressé par la perte de temps qu’incombe le visionnage de ces merdes, et je préfère consacrer mon temps à de vrais bons films. Il y a bien une exception, ce sont les nanars Bessoniens (oui, moi j’aime bien les nanars Bessoniens, genre From Paris With Love qui est quand même un sacré défouloir). A la rigueur, il y aurait les nanars Emmerichiens. Bon il ne faut pas déconner, hormis Independance Day chacun de ses autres films mérite un seul visionnage pour se facepalmer et constater les écarts faits avec la Science, pas plus. Le Jour d’Après est profondément ridicule et 2012 est un film qui s’enfonce de minute en minute avec une énergie folle pour creuser encore plus bas dans la médiocrité et le nawak (ooh ! ils sont vicieux ces séismes, d’abord ils ravagent les terres et seulement ensuite ils se déclenchent en mer pour tout nettoyer ! les salauds !). Il y a aussi Godzilla. L’ai-je déjà vu ? Je m’en souviens même plus mais - si c’est le cas, si je ne me souviens de rien, c’est que ça ne devait pas être un film marquant - si ce n’est pas le cas, je doute avoir loupé grand-chose, j’aurai pu le regarder il y a quelques jours sur NT1 mais regarder un blockbuster sur NT1, chaîne non HD, c’est une insulte à tout bon FXmen qui se respecte, même de l’équipe de Roland Emmerich. Voilà donc un Godzilla v.2014 pris en charge par Gareth Edwards qui avait signé un plébiscité Monsters (que je n’ai pas vu) et qui du coup, entraîne beaucoup d’enthousiasme pour cet énième film consacré à la grosse bébête, ce n’est ni un remake ni un reboot mais plutôt une nouvelle adaptation de l’histoire de ce Kaiju né de l’imagination des japonais dans les années 50 (aussi sous le nom Gojira, ce qui rappellera quelque chose à mes quelques lecteurs métalleux). Donc bon, le leitmotiv de Godzilla, c’est qu’on prend les mêmes (avec quelques amis) et qu’on recommence à tout faire péter.

En 1999, aux Philippines, un terrible séisme se produit, entraînant la formation d’un gigantesque cratère, qui selon le Dr. Serizawa (Ken Watanabe) pourrait bien avoir hébergé une quelconque créature. Dans les mêmes temps, une autre catastrophe a lieu au Japon, au sein même d’une centrale nucléaire où travaille Joe Brody (Bryan Cranston), causant la mort de sa femme Sandra (Juliette Binoche). 15 ans plus tard, le fils de Joe, Ford (Aaron Taylor-Johnson), lieutenant dans l’armée et spécialiste des explosifs, s’apprête à couler des jours heureux avec sa femme Elle (Elisabeth Olsen) et son fils à San Francisco. Mais Ford doit aller en catastrophe au Japon récupérer son père, incarcéré après avoir tenté de pénétrer sur le site, mis en quarantaine, de l’ancienne centrale nucléaire. Ford finit par se résoudre à aider son père, déterminé à mettre au grand jour les véritables évènements qui ont causé la destruction de la centrale et la mort de sa femme quinze ans auparavant. Père et fils Brody vont donc découvrir que la centrale est le théâtre d’expériences qui vont amener à délivrer un monstre gigantesque, un Muto. Et le réveil de ce monstre va réveiller d’autres créatures à leur tour… dont la légende : Godzilla.

Bon, j’avoue que je suis surtout allé voir ce Godzilla v.2014 par curiosité, surtout en face de l’enthousiasme général qui a animé la sortie de ce film et ce dès ses premières images. Aussi je vais être clair dès le départ en disant que je trouve Godzilla, certes correct, mais un brin surestimé tout de même. Ce n’est finalement rien de plus qu’un blockbuster lambda. Mais attention, un blockbuster plus intelligent que la moyenne. J’avais d’ailleurs peur que le film vire au discours écolo racoleur mais finalement ce n’est pas le cas et heureusement. L’« intelligence » du film vient surtout de l’aspect résolument soutenu de l’action. Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas un film de destruction massive qui en fout partout et dans tous les coins. Pas de bourrinage intempestif, ce qui est une bonne et une mauvaise idée. Bonne parce qu’on ne tombe pas dans le bas du front débilisant, bref dans de la démolition à la Roland Emmerich (même si le Golden Gate a été à deux doigts d’y passer, ce qui aurait été franchement grotesque et pour le coup, typiquement Emmerichien). Mauvaise parce que quand des scènes de destruction par les monstres sont volontairement « zappées », on se dit quand même que quelque part, c’est un peu de l’arnaque. Ceux qui attendaient que l’on parte dans la destruction made in Transformers en seront pour leur frais. Mais tout de même, le parti pris de ne pas montrer tous les ravages est globalement frustrant. Heureusement le film se rattrape dans la dernière partie où San Francisco subit des dommages grâce (à cause ?) de Godzilla et ses compagnons, le tout de manière assez jouissive (bien plus qu’un Pacific Rim) et avec des images et des effets spéciaux somptueux.

Mais il faut en arriver jusque là et en cours de route, Godzilla perd des points. Si le film se veut plus subtil et moins bourrin que d’autres blockbusters, il ne nous épargne pas une partie du cahier des charges de tout bon blockbuster à savoir le scénario somme toute léger qui frise parfois la platitude confondante. Il n’y a vraiment rien de spécial là-dedans, une fois lancé le film ne propose plus aucun rebondissement notable. Et le rythme global demeure assez lent, comme une grosse intro jusqu’à la puissante bataille finale, émaillée par les cris puissants de Godzilla qui font trembler toute la salle de cinéma. Toujours dans les règles du blockbuster américain (je passe sur les diverses fantaisies scientifiques et les exagérations genre « un groupe de marines met même pas 15 minutes pour rejoindre à pied le port à partir du centre-ville en portant à bout de bras un missile nucléaire qui doit quand même être très très lourd »), Godzilla nous offre également les habituels refrains sur la bravoure, la famille et les enfants à sauver coûte que coûte, etc… et en plus nous balance l’armée pour résoudre tous les problèmes causés par nos amis les animaux préhistoriques sortis de leur sommeil. Et c’est là que ça coince sérieusement pour moi car passé un certain moment, il n’y a plus que les bidasses et leurs missions. Ça finit par virer au film de guerre et honnêtement, j’ai plus eu l’impression d’avoir affaire à un World Invasion : Battle Los Angeles avec des énormes monstres à la place des extraterrestres. Ça n’a aucun intérêt et encore une fois la seule chose vraiment intéressante de Godzilla c’est cette bataille finale, épique à souhait, entre les bestioles. Mais il aura fallu attendre et suivre tant bien que mal ce film (in?)justement plus épique qu’efficace.


Au niveau des acteurs il n’y a ici rien à signaler, mais vraiment rien. Bryan Cranston est plus en mode Hal que Walter White, on aimera ou pas. Ken Watanabe est hyper-lourdingue : son jeu se résume à toujours faire le même regard désespéré au loin, comme s’il voyait que la fin du monde se déroulait à l’horizon. Aaron Taylor-Johnson, méconnaissable après ses rôles dans les deux Kick-Ass, fait le job mais sa performance ne restera pas dans les annales. Tout le reste du casting est affreusement tertiaire et on voit même trois acteurs qui ont participé à la série Continuum (dont Brian Markinson qui était également dans Caprica - avec l’acteur japonais qui jouait le bras droit de Daniel Graystone dans la même série et qui fait une apparition au début du film). Finalement, les personnages plus marquants sont les bestioles, avec bien évidemment Godzilla qui est très joliment mis en images. Ce n’est d’ailleurs finalement pas un film sur Godzilla, mais le monstre japonais a tout de même la classe, et illumine la fin du film dans un « rôle » assez inattendu. Grâce aux compétences de Gareth Edwards (et de son budget), Godzilla s’en tire avec les honneurs, mais souffre malheureusement de trop de clichés blockbusteriens (dont une trop grande présence de militaires à mon goût), alors que certains points du film évitent justement les exagérations hollywoodiennes de manière assumée. Le cul de Godzilla entre deux buildings, quoi. Pour au final, un blockbuster bien fait mais globalement anecdotique, qui n’apporte rien de plus que le blockbuster destructeur lambda, si ce n’est un souffle plus épique bienvenu mais qui tempère l’efficacité qui fait d’habitude le sel de ce genre de productions. « Kaiju Invasion : Battle San Francisco… »
Note : 6.5/10

samedi 10 mai 2014

Kritiks En Vrac : Qu'est-ce que le bolide de Spider-Man a fait au bon Dieu?

Le temps, le temps… le temps est mauvais pour une mi-printemps mais cela ne nous empêche pas de nous mettre à l’abri dans les salles obscures. Le temps avec un grand T, lui par contre il manque pour écrire des critiques détaillées. Donc pour le coup je vais faire un peu de vrac avec les sorties de fin avril. Trois films qui méritent de s’y pencher un peu plus que 5 lignes sur un statut facebook ; trois films ratés, moyens ou qui auraient pu être mieux cependant…

Need For Speed
Action ‘Carsploitation’ de Scott Waugh (2014)
Avec Aaron Paul, Dominic Cooper, Imogen Poots, Michael Keaton…

Need For Speed adapté au cinéma, ça reste pour moi un rêve d’ado, ayant touché à pas mal de versions de cette saga vidéoludique dédiée aux grosses cylindrées (notamment Need For Speed Underground 1 & 2, Need For Speed Most Wanted, Need For Speed Carbon mais aussi quelques vieilles versions…). Cette adaptation vient donc tenter de concurrencer l’hégémonie de Fast & Furious, qui a eu bien peu de concurrents crédibles au fil des années. Need For Speed n’en sera pas un, en termes de qualité ça se discute mais le ton global est bien différent, moins basé sur le spectaculaire. C’est d’ailleurs là que le bât blesse car Need For Speed a essayé de broder une histoire au détriment de l’action pure. Du coup le film se révèle lent et inutilement long. Cette idée de traversée des USA était plutôt mauvaise et ne propose que bien peu de scènes palpitantes, essayant plutôt de développer des personnages plutôt inintéressants (Aaron Paul fait le job mais est bien loin de l’intensité de Breaking Bad, Imogen Poots est mignonne mais ne sert un peu à rien, Dominic Cooper est bon en connard de service mais est finalement bien peu présent, Rami Malek fait du n’importe quoi mais me rappelle les bonnes heures de la série La Guerre à la Maison et rien que pour ça j’applaudis). Seule la dernière course, prenante, rattrape l’ensemble du film. Dernière course qui aligne d’ailleurs bon nombre de gimmicks propres à la saga de jeux vidéo dont le film s’inspire (les bolides, les flics qui t’attaquent à coups de SUV, le suivi de la course…). Que ce soit au niveau de l’histoire de base en elle-même (une proposition ami-ami qui sent l’arnaque, le défi, le drame, la trahison, la sortie de taule, la vengeance par la course, les amis du garage qui te filent un coup de main, le méchant mauvais perdant… tout ceci étant forcément un peu culcul soyons d’accord) ou au niveau du traitement des bolides et des courses, Need For Speed se rapproche vraiment des jeux et pour un fan, le portage est un minimum intéressant. Mais il n’y a pas de herses ! Le cauchemar de tout bon joueur de NFS n’apporte pas de piment à ce film. Même les flics disent à un moment « laissez tomber les herses… », c’est de la provocation ! Cela ne va pas m’aider à dire trop de bien de ce film, au mieux anecdotique (la réalisation de Scott Waugh n’offrant également aucune plus-value significative), au pire assez chiant, qui en ce qui me concerne dépasse péniblement la moyenne grâce à une dernière course bien menée qui sauve l’ensemble.
Note : 5.5/10

The Amazing Spider-Man 2 : Le Destin d’un Héros
Film de superhéros de Marc Webb (2014)
Avec Andrew Garfield, Emma Stone, Jamie Foxx, Dane DeHaan…

Suite du reboot de Spider-Man et donc en quelque sorte Spider-Man 2.2. Ce qui est déjà marrant, c’est que je me souvenais à peine du premier, qui était cependant loin d’être mauvais dans mes souvenirs. Il faut donc vite se replonger dans l’histoire, notamment lorsque l’on est rappelé à l’intrigue autour des parents de Peter Parker. D’ailleurs, les révélations qui sont faites ne cassent pas des briques et sont loin de faire tout le sel du film. The Amazing Spider-Man 2 : Le Destin d’un Héros (putain que c’est long à écrire) se concentre plus sur la lutte de Spider-Man contre de nouveaux ennemis, Electro (Jamie Foxx) et Le Bouffon Vert (Dane DeHaan). Avec bien sûr en filigrane les doutes et faiblesses de Peter Parker, confronté à une relation de type « c’est compliqué » avec la jolie Gwen Stacy (même si Emma Stone en blonde, ça fait toujours trop artificiel…). On atteint cependant pas la faiblesse du Peter Parker de Spider-Man 2 à l’époque, ce n’est pas cette fois-ci que nous aurons droit à un trip à la The Dark Knight Rises ou Iron Man 3 (on laisse ça pour The Amazing Spider-Man 3 ?). En dehors de tout ce qui tourne autour de la vie de Peter Parker (avec un gros cataclysme à la fin, assez inattendu d’ailleurs), on retrouve donc un Spider-Man confronté à deux nouveaux ennemis et le moins qu’on puisse dire, c’est que Marvel a décidemment du mal à se trouver des méchants intéressants. Electro, dans la peau de Max Dillon au début, est pourtant intéressant au départ mais ensuite il perd en intérêt, et surtout le combat final contre Spider-Man ne casse pas de briques, assez sabré par une mise en scène qui en fait des tonnes d’ailleurs (ralentissez encore et Zack Snyder va porter plainte pour plagiat). Quant au Bouffon Vert, il est très bien quand il s’agit encore de Harry Osborn (la performance de Dane DeHaan étant à ce titre excellente), mais dès que Harry devient le bouffon, il a vraiment un sale tête et ça tourne au ridicule. Le personnage, qu’il soit dans la peau de Harry ou du Bouffon, n’a pas été assez exploité et on espère en revoir un peu plus dans le 3. Si les méchants ne se sont finalement pas multipliés, deux c’est déjà trop car l’un est inintéressant et l’autre pas assez exploité. Soit, car The Amazing Spider-Man 2 : Le Destin d’un Héros (bon là j’ai fait copier-coller) est pourtant un bon film, divertissant comme tout bon blockbuster du genre. Mais dans ce genre de saga, le premier opus est toujours plus intéressant car il y a le côté genèse/découverte d’un héros, et donc The Amazing Spider-Man demeure supérieur. Quant à ce deuxième opus, on retrouve ce qui faisait le charme du premier (un bon duo Andrew Garfield / Emma Stone et un Spider-Man vanneur et provocateur), mais au final nous n’avons qu’un blockbuster à superhéros juste correct.
Note : 7/10

Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?
Comédie ‘communautariste’ de Philippe De Chauveron (2014)
Avec Christian Clavier, Chantal Lauby, Elodie Fontan, Ary Abittan…

Allez hop, voilà la nouvelle coqueluche du public français pour on ne sait quelle raison (parce que les gens n’ont rien de bien mieux à faire ?). Certains buzz se justifient (Intouchables), d’autres nettement moins et Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? en fait partie. Le film qui commence en étant sponsorisé par le FN et qui finit sponsorisé par SOS Racisme, ou comment faire le grand pont avec un objectif caché attendu et éculé (et on a pas besoin d’un film pour apprendre à respecter l’(les) autre(s)…). Pour le coup, il était difficile de passer à côté des clichés « communautaristes » et avec QQAFABD (sexy hein ?) on va être servis. Les poncifs sur arabes, juifs, asiatiques, africains, cathos et « bons » français s’accumulent et les vannes sont tellement prévisibles et usées qu’elles ne font plus rire. Il est d’ailleurs usant d’aller voir ce film dans une salle pleine aux trois quarts d’un public familial qui est exagérément hilare au moindre dialogue comique et on se sent bien seul à ne pas rire aux passages qui de toute façon ne sont pas drôles. Bon, on rit un peu devant quelques trucs bien pensés, mais le bilan demeure maigre. Il est tout de même relevé par la dernière partie du film, lorsque le père ivoirien (excellent Pascal N’Zonzi) du dernier gendre débarque en France, en inversant les codes du racisme (et avec classe et références, pas dans le genre Thomas N’Gijol) et en donnant la furieuse réplique à Christian Clavier qui commence à se faire vieux et ne se renouvelle plus, tout comme Chantal Lauby qui honnêtement ne sert pas à grand-chose. Et l’intrigue ne se distingue pas avec un scénario étoffé, loin de là mais en même temps on ne s’attendait pas à ce que le film créé la surprise de ce côté-là. Pour le reste, c’est donc attendu au possible, la morale de l’ensemble y compris. Tous les personnages se détestent au début, notamment les 4 gendres, mais finalement tout le monde finit par bien s’entendre, les parents « racistes » également qui n’ont plus leurs vilaines pensées, waouh quel suspense ! Et de toute manière le « racisme » des personnages est bien peu extrême à la base (ce ne sont guère que de gros préjugés sur des communautés). Je sais que ce genre de film est l’occasion de passer un bon moment en famille et de rire un peu, mais il y a mieux à la télé pour ce genre et voir tout le monde courir au ciné pour ça est un peu navrant. Et techniquement, la réalisation est sans relief et les acteurs sont inégaux, que ce soit dans le jeu (Medi Sadoun surjoue son rôle d’arabe râleur) ou dans l’exploitation (on voit plus Ary Abittan que les autres, probablement parce qu’il est plus bankable en ce moment qu’autre chose), et seuls Pascal N’Zonzi, à la rigueur Frédéric Chau, et surtout la très très très (très) mignonne Elodie Fontan (ZE argument visuel avec même une fabuleuse scène pour crevards) dans le rôle de la cadette tirent leurs épingles du jeu (Noom Diawara, il va se ratrapper tout de suite avec Amour sur place ou à emporter qui semble adopter le même humour communautariste…). Pas grand-chose au bout pour une comédie vaine qui ne fait que s’amuser sur des clichés pour délivrer un message de paix et d’amour entre communautés, pour un ensemble archi-prévisible qui ne parvient guère qu’à décrocher quelques rires quand le tout s’emballe.
Note : 4.5/10
 "Une comédie française plébiscitée par le public, moi, plus jamais."

dimanche 30 mars 2014

Captain America : Le Soldat de l'Hiver

Oui, toi, cinéphile, quoi que tu fasses tu ne pourras échapper à la sortie semestrielle de Marvel. Et en ce printemps c’est le Capitaine Rogers qui est de retour avec le soldat de… l’hiver. Ceci pour une année qui sera finalement timide pour Marvel : Captain America n’est peut-être pas le héros Marvel le plus en vue, et pour le reste on aura juste droit à cet été à l’arrivée des Gardiens de la Galaxie, ce qui changera un peu avant le retour de toute la bande des Avengers et d’autres nouveautés (Ant-Man). La « Phase 2 » est donc en marche et après Iron Man 3 et Thor : Le Monde des Ténèbres, voilà le Capitaine de l’Amérique et à moins d’un nouveau Hulk, on aura fait le tour. On se remémore alors de suite au premier, Captain America : First Avenger (oui, c’était en quelque sorte l’intro à The Avengers avec Thor), qui était assez décalé dans l’univers de Marvel (tout comme Thor et son humour si particulier). Le fait que l’action se déroulait dans les années 40 apportait de l’originalité, de même que l’aspect « patriotique » du film volontairement exagéré. Sympathique mais ça s’arrêtait là et Captain America : First Avenger n’était pas le Marvel le plus marquant (à vrai dire et au bout du compte, seuls les trois Iron Man (même le 2) et The Avengers le sont…). Le personnage était même finalement mineur, mais son rôle important dans The Avengers et son passage dans le monde moderne lui a donné une seconde jeunesse (ce qui est logique finalement). Voilà donc le second opus, dénommé Captain America : Le Soldat de l’Hiver, qui va tenter de convaincre avec son placement dans un univers des années 2010, un nouvel ennemi, de nouveaux alliés, et une plongée dans les méandres du SHIELD tout en livrant un vrai « 2 » dont les évènements sont liés au « 1 ». Tout un programme pour le printemps.

Steve « Captain America » Rogers (Chris Evans) s’est désormais bien intégré à notre époque et continue à travailler pour le SHIELD. Sa prochaine mission l’amène sur un navire du SHIELD qui a été attaqué par des terroristes, retenant des dignitaires du SHIELD en otage. Rogers parvient à mener sa mission à bien mais découvre que Natascha « Veuve Noire » Romanoff (Scarlett Johansson) qui faisait également partie de la mission avait un but caché : récupérer des documents du SHIELD sur les ordinateurs du navire. Lassé d’être dupé par les secrets du SHIELD, Rogers va se plaindre chez Nick Fury (Samuel L. Jackson) qui lui révèle alors la nouveauté du SHIELD : le projet Insight, composé d’avions de combat ultramodernes. Mais Fury, en découvrant que les fichiers ramenés par Natascha sont cryptés et inaccessibles, décide de demander à son supérieur Alexander Pierce (Robert Redford) de geler le projet Insight. C’est alors que Nick Fury se retrouve cible d’attaques, qui pourraient bien viser Rogers également. Ne faisant plus confiance à personne, Rogers et Natascha vont devoir découvrir ce qui se trame au sein du SHIELD, en se faisant de nouveaux alliés dont l’ancien soldat Sam Wilson (Anthony Mackie), mais également de nouveaux ennemis dont un certain Soldat de l’Hiver…


Avec une histoire « sombre » (encore…) et un recadrage dans le monde moderne, le Captain America v.2014 va alors se montrer sous un jour nouveau, un nouveau jour bienvenu d’ailleurs. Sans trop en dévoiler les arcanes, le scénario nous plonge dans les méandres du SHIELD tout en faisant le lien avec évènements et personnages de Captain America : First Avenger. Tout ceci nous balance des choses assez prévisibles dans l’ensemble, jusqu’au déroulement des scènes et des rebondissements où l’on peut aisément dire « ha, je le savais ». Captain America : Le Soldat de l’Hiver est donc bien une production Marvel, où le scénario ne fait pas trop chauffer le cerveau sauf celui des personnes trop crédules. Mais si effectivement le côté souvent prévisible fait quelque peu tiquer, c’est à vrai dire le seul gros défaut de Captain America : Le Soldat de l’Hiver. Car pour le reste, c’est du très bon et au final le film est une bien bonne surprise. Il a été dit que le film privilégierait le « Live Action » aux effets spéciaux, et hormis sur la fin c’est bien le cas et ça fonctionne du tonnerre. Les bagarres et l’action urbaine sont nettement privilégiées à l’usage d’armes trop modernes ou d’artifices quelconques, ce qui nous donne des scènes puissantes et prenantes, où le Capitaine Rogers peut faire étalage de ses prises et de sa résistance. Étonnamment, c’est donc en étant plus « classique » que Captain America : Le Soldat de l’Hiver parvient à se distinguer, ça ne part jamais dans des grands délires (à la Thor ?) et l’ensemble et sobre mais efficace, à l’image de la réalisation des deux Russo qui reste simple mais dynamique (malgré une certaine rudesse au début, accompagnée d'une 3D peu utile si ce n'est pour faire joli et vendre le billet plus cher), donnant au film ses lettres de noblesse. Hormis de petites longueurs au début, le film tient un bon rythme et on ne s’ennuie pas malgré les deux heures et quart, grâce à la fluidité des évènements et les pérégrinations des personnages.

C’est d’ailleurs aussi sur les personnages que Captain America : Le Soldat de l’Hiver fait sa petite cuisine, même si l’on peut y trouver quelques inégalités. Chris Evans était depuis le début bien plongé dans le personnage, et hormis si l’on avait des reproches à faire sur l’acteur et/ou le personnage à la base il continue ici à faire le travail avec brio et charisme, dans la lignée de The Avengers, avec toujours un petit jeu sur le côté « bon petit soldat » qui reprend ici son importance (tout comme dans The Avengers finalement). Ensuite, il y a du grain et de l’ivraie. Certains personnages prennent une importance insoupçonnée, et notamment Nick Fury qui a le droit à une excellente scène pour lui tout seul (marquant le véritable départ du film), ce qui n’avait jamais été le cas jusqu’ici hormis peut-être le tout début de The Avengers. Robert Redford lui s’en sort excellemment bien dans le rôle du fourbe et mystérieux Alexander Pierce, c’est clairement le meilleur personnage secondaire du film. Après ça se gâte un peu, surtout pour Scarlett Johansson qui a finalement bien peu de moments de gloire hormis sur la fin, après il faut bien avouer que ça reste la caution féminine qui est toujours agréable à regarder (une scène au début du film semble avoir été taillée pour en faire un gif avec la mention « DAT ASS »). Le personnage du Faucon (Anthony Mackie) aurait pu être un peu mieux exploité, il est finalement assez mineur et n’est là que pour donner un coup de main, sans plus. De même que Maria Hill (Cobie Smulders, déjà dans The Avengers) et l’« Agent 13 » campé par Emily VanCamp (ils se la gardent peut-être pour le 3, comme pour le Faucon d’ailleurs ?). Enfin, et pour ce qui devrait être le personnage le plus important d’ailleurs, parlons donc du fameux Soldat de l’Hiver : il faut dire qu’il n’a son importance que pour faire un adversaire dans les scènes d’action (qui dépotent ceci étant dit), et pour lier son histoire à celle du Captain et du premier film, vu que son identité est évidente… Je ne dirai rien mais rien que si l’on se penche sur le casting, soit l’acteur Sebastian Stan, la réponse est déjà donnée d’avance, ce n’était certes pas un grand secret mais ça en rajoute hélas au côté un brin prévisible du film. C’est un peu décevant même s’il faut bien avouer qu’en termes de méchant inintéressant, on ne fera pas pire que Thor : Le Monde des Ténèbres.


Plus que Captain America : « Le Soldat de l’Hiver », c’est donc un Captain America 2 et rien d’autre, faisant véritablement office de suite (70 ans après !) au premier film jusque dans les ramifications du scénario, sans grand lien avec The Avengers si ce n’est les personnages. Et donc en dépit de quelques choses prévisibles, prouvant que les ressorts de Marvel commencent à être connus, et de personnages secondaires inégaux (The Amazing Spider-Man 2 fera-t-il pire avec ses 150 personnages annoncés ?), Captain America : Le Soldat de l’Hiver est une belle réussite, tout simplement parfait si l’on occulte ces menus défauts. C’est donc une bien bonne surprise qui parvient à se hisser au niveau des Iron Man et de The Avengers, en se plaçant donc sur le podium au nez et à la barbe (et des cheveux) de Thor. Sur les points positifs je n’ai donc pas grand-chose à dire, c’est tout simplement de l’excellente action Made In Marvel avec un côté plus sobre mais plus bastos, qui remplit son office grâce à de beaux combats. Un très bon film qui ne devrait pas être négligé et qui montre que même si Marvel n’est pas foncièrement inspiré (le scénario n’apporte rien de neuf, à croire que seules les scènes post-générique font avancer les choses), il a toujours de la ressource dans la forme et sait exploiter ses personnages principaux. Une belle satisfaction en attendant du vrai neuf (Les Gardiens de la Galaxie, Ant-Man) et l’on est déjà pressé de retrouver le Captain Rogers et les autres (Œil-de-Faucon, surtout, s'il vous plaît) dans Avengers : Age of Ultron. En attendant, cette collection Marvel de printemps est un très bon cru.
Note : 8/10