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lundi 31 octobre 2016

[News] Du neuf côté SF avec Life

Outre Passengers, les films 'avec vaisseau spatial' vont être en vogue dans les mois à venir avec un petit nouveau, Life (ou Origine Iconnue), qui se dévoile déjà avec une bande-annonce consistante (en VO) :


Réalisé par Daniel Espinosa (Sécurité Rapprochée, Enfant 44) et scénarisé par Rhett Reese et Paul Wernick de... Deadpool (#RienAVoir), Life sortira le 22 mars 2017 (ou le 31 mai? Suspense!).

On y retrouvera Ryan Reynolds de, comme de par hasard, Sécurité Rapprochée et Deadpool, ainsi que Jake Gyllenhall (Night Call et beaucoup d'autres) et Rebecca Ferguson (Mission Impossible : Rogue Nation). Ainsi que Hiroyuki Sanada qui, après Sunshine et les séries Helix et Extant, semble bien aimer les histoires à base de stations spatiales, de virus et d'extraterrestres.

Et ça tombe bien vu que Life ça sera un peu tout ça à la fois. Certes, ce n'est pas éminemment original, et ni Daniel Espinosa ni Ryan Reynolds ne sont gages de qualité. Mais une oeuvre de SF comme celle-ci, je la note de toute façon dans mon calendrier. Life rivalisera-t-il avec un Europa Report? Réponse dans quelques mois.


PS : La critique de Doctor Strange arrive très très bientôt. Quant à Brice 3, hum, je sais pas... j'ai pas envie.

jeudi 13 octobre 2016

[News] Trailer final et affiche pour Rogue One : A Star Wars Story

Je pense que ça se passe de commentaires certes constructifs mais inutiles (et aussi parce que j'ai pas le temps de rédiger un roman là), appréciez :



RéaliséparGarethEdwardssortiele14décembrebonnejournée.

lundi 10 octobre 2016

Limitless


On le sait, la non-utilisation d’une partie de notre cerveau, c’est qu’une légende, c’est scientifiquement inexact et impossible, etc etc… Mais c’est un bon sujet de cinéma. Et logiquement, des cinéastes vont s’en emparer. Le plus notable a été Luc Besson pour son Lucy. Enfin le plus notable en termes de notoriété, parce qu’en termes de qualité… On ne peut pas reprocher à Besson d’avoir eu un peu d’ambition mais le résultat était autrement plus mitigé. De toute façon, Besson n’a pas été le premier. Le premier, c’était Neil Burger et son Limitless. Enfin, le vrai premier, c’est Alan Glynn, auteur du livre "The Dark Fields" sorti en 2001. Neil Burger et la scénariste Leslie Dixon n’ont fait qu’adapter librement l’œuvre 10 ans plus tard. 3 ans avant Lucy donc, et le moins qu’on puisse dire c’est que Limitless a battu Lucy à plates coutures, Bradley Cooper met à genoux Scarlett Johansson (enfin met à genoux… non, évacuez vos fantasmes salaces). Certes, le style n’est pas tout à fait pareil. Limitless est plus terre-à-terre, plus Thriller légèrement Science-Fiction que Lucy qui lui est plutôt Science-Fiction légèrement Action et beaucoup élucubrations mystiques. Mais alors que Lucy aurait pu être efficace à sa manière, Limitless a finalement eu les meilleures idées, en plus d’autres qualités au sein d’un film finalement un peu méconnu.

Eddie Morra (Bradley Cooper), à l’instar de Michaël Youn dans Incontrôlable, est un écrivain en panne d’inspiration qui se laisse aller. Il n’arrive pas à écrire la moindre ligne du nouveau roman qu’il a promis à sa maison d’édition et pour couronner le tout, sa petite amie Lindy (Abbie Cornish) décide de le quitter. C’est alors qu’il recroise par hasard son ex-beau-frère, Vernon (Johnny Whitworth). Ce dernier lui laisse un cachet d’un médicament en cours d’homologation, le NZT, censé donner accès à plus de parties du cerveau humain. Eddie le teste et son quotidien s’en retrouve bouleversé : il met de l’ordre chez lui et écrit son nouveau livre en un temps record. Après avoir mis la main sur plus de doses de NZT, il s’en sert pour changer de vie, en devenant un génie de Wall Street, travaillant aux côtés de Carl Van Loon (Robert De Niro). Mais Eddie devient vite accro au NZT, qui provoque des effets secondaires et est aussi cible de mystérieuses et dangereuses convoitises…


Neil Burger est surtout connu du grand public pour avoir réalisé le premier opus de Divergente (que je n’ai pas vu - la seule saga dystopienne pour ados que je n’ai jamais osé aborder… - donc je n’en dirai pas un mot), depuis il n’a plus rien fait sur le grand écran d’ailleurs (!). Avant ça, il avait signé L’Illusioniste (avec Edward Norton) et The Lucky Ones, que je n’ai vus non plus. Mais avec Limitless, le réalisateur américain démontrait un énorme potentiel. Visuellement rythmé et épatant, avec des choix judicieux de lumières et couleurs (quand Eddie prend du NZT, son monde passe d’un mode sombre à totalement éclatant) et des passages psychédéliques assez monumentaux (les effets « tunnel » saisissants) au milieu d'autres enchaînements de folie, Limitless s’offre un visuel percutant, dont le montage subtil nous scotche au Fauteuil Noir dès les premières minutes. Ceci mène à la perfection un film quasi-comique sur le début, haletant et prenant ensuite, assumant à fond son côté Thriller mi-scientifique fait de péripéties diverses, de remises en question et de rebondissements plus ou moins étonnants. Si Lucy avait aussi un parti pris visuel fort - un des rares de Luc Besson -, Limitless lui damait déjà le pion avec son visuel entraînant et mordant, qui énergise un film intelligent et original, sans temps morts, exploitant bien son postulat de base, sans partir dans des élucubrations hors de propos, restant dans le domaine des capacités brutes que l’on pourrait acquérir si on pouvait « coloniser notre cerveau ». Pas de contrôle de corps à distance, de changement de couleur de cheveux, de remontées dans le temps, juste une intelligence décuplée, un accès total à la mémoire, des capacités accrues d’apprentissage et d’assimilation, de la pure performance mentale et physique.

Bon, il est vrai que Limitless aurait pu être encore plus ambitieux, et si Neil Burger pose tout son talent pour filmer les aventures d’Eddie Morra, le scénario reste parfois limité et souffre même de petits trous, rebondissements sortis du chapeau, choses inachevées ou autres facilités, pour un ensemble qui aurait peut-être pu être plus tordu et sombre par moments. Mais les bonnes idées sont légion, sans jamais partir dans le nawak malgré des choses osées, et surtout le développement du film est passionnant, prenant le temps de poser l’évolution du personnage campé par Bradley Cooper, même si forcément tout finit par s’accélérer à l’image des grandes capacités d’assimilation d’Eddie. Bradley Cooper y fait du Bradley Cooper sans grands chichis, avec sa prestance et son sourire de beau-gosse à pub pour parfums et glaces, mais il s’est bien glissé dans la peau de ce personnage paumé au début, sûr de lui à la fin, malgré les difficultés des effets secondaires du NZT. Abbie Cornish fait du Abbie Cornish (c’est-à-dire ce sempiternel rôle de « petite amie » sans saveur même si elle aura aussi son moment de gloire), Robert De Niro du Robert De Niro (et c’est très bien pour camper un requin de la finance impitoyable), bref Limitless ne dépasse pas les limites du potentiel des acteurs mais ils font le boulot. A noter aussi la prestation de Andrew Howard en mafieux russe savoureux, qui rajoute de la couleur à ce film qui joue sur pas mal de tableaux, entre tension latente, moments mystiques, et comique de situation. Inclassable car ni 100% Thriller ni vraiment Science-Fiction (et pas du tout Anticipation à vrai dire, rien de bien futuriste là-dedans), Limitless s’en sort aisément avec les honneurs avec son côté rythmé et percutant et son histoire originale qui est source de facéties qui font mouche.


Du reste, c’est de l’ordre du subjectif, en ce qui me concerne j’avais accroché à ce film dès son premier visionnage, suffisamment pour acquérir le Blu-Ray alors qu’encore une fois il passe souvent à la téloche (le soir où j’écris ces lignes), mais certains passages sont tellement kiffants qu’il y a un sacré goût de reviens-y… et le potentiel de ce genre de film semble de toute manière infini. Un potentiel qui sera exprimé sur la série TV qui devrait bientôt passer sur les écrans français (ouais, moi les séries j’attends qu’elles passent à la téloche), où Bradley Cooper reprendra le rôle qu’il tient en fin de film d’ailleurs. Un potentiel qui s’arrêtera pourtant bien vite, la série ayant semble-t-il déjà été annulée après une seule saison (l’univers des séries étant aussi impitoyable que le personnage de Carl Van Loon…). Un potentiel parfaitement mis en image par un Neil Burger très inspiré qui s’est lâché et apporte une plus-value non négligeable à ce film visuellement prenant, espérons que le réalisateur n’ait pas été bouffé par les gros studios et qu’on le reverra bientôt avec un visuel similaire. Un potentiel plus terre-à-terre qui a engendré un film bien plus efficace que l’étouffant Lucy, qui reste sur de bonnes bases bien exploitées plutôt que de partir dans des délires quasi-métaphysiques. Un potentiel exprimé avec des qualités et des défauts, qui font que Limitless n’atteint pas la perfection, mais arriver à 100% de son potentiel comme le personnage de Lucy, ça donnait n’importe quoi… Félicitons Limitless qui a su faire les choses vite et bien, pour au bout comme le dit justement la critique de Télé-Loisirs, « un bon petit film bien rythmé et bien écrit ».

Note : 8/10

A noter que le Blu-Ray propose en bonus une fin alternative, un peu plus incertaine et pessimiste.

mardi 4 octobre 2016

Morgane


Comment ça, Télé-Loisirs balance 3 étoiles à un film « de science-fiction » dont je n’ai jamais diable entendu parler avant sa sortie ? Ça par exemple ! Bon ok la référence et la critique sont discutables mais il me fallait bien un petit quelque chose pour me décider à remettre les pieds au cinoche, 1 mois et demi après Star Trek : Sans Limites et alors que le seul film intéressant qui se profile à court terme sera Jack Reacher 2 : Never Go Back, le 19 octobre (… en même temps que Brice 3, dans un registre tout autre), comme vous pouvez le voir sur mon micro-planning dans la colonne de droite. Morgane vient donc s’insérer de manière fortuite et inattendue dans ce calendrier. Le premier film de Luke Scott, fils de Ridley, avec Kate Mara, sœur de Rooney (pas Wayne, enfin), plus habituée aux seconds rôles (Transcendance, Seul sur Mars) ou aux co-rôles (Les 4 Fantastiques). Morgane n’est pas un biopic sur Clara Morgane (et Kate Mara lui ressemble pas franchement), c’est un film qui semble être à la croisée des chemins entre Science-Fiction/Anticipation, et Thriller « avec gens qui meurent violemment ». Certes, cela n’est pas spécialement engageant et Morgane sonne déjà comme un petit film qui se prend pour un grand. Mais la trame est suffisante pour aller voir ce que ça donne, surtout quand il n’y a rien eu de croustillant depuis un moment et qu’on s’impatiente d’aller retâter le moelleux des Fauteuils Noirs du Méga Kiné. Alors, pour paraphraser Renaud, allons-nous être morgane de Morgane ?

Lee Weathers (Kate Mara), « consultante en gestion de risques » pour la société SynSect, est chargée d’intervenir au sein d’une équipe de scientifiques isolée en campagne. En effet, depuis 5 ans, cette équipe prend en charge Morgane (Anya Taylor-Joy), une jeune fille créée artificiellement à partir d’un ADN préfabriqué. Le développement de celle-ci, après des essais infructueux, se passe très bien, notamment grâce à la comportementaliste Amy (Rose Leslie). Mais un incident est survenu : Morgane a violemment agressé une des scientifiques s’occupant d’elle, Kathy (Jennifer Jason Leigh). Lee va donc devoir évaluer la dangerosité de la « chose », depuis maintenue en isolement, et a les pleins pouvoirs pour prendre d’éventuelles mesures drastiques. Après avoir fait connaissance avec les scientifiques, elle laisse le soin au Dr. Alan Shapiro (Paul Giamatti) de réaliser une évaluation psychologique de Morgane. Mais c’est là que les choses vont dégénérer…

Morgane n’invente rien, c’est une certitude. Mais face aux nombreux films se la jouant « test de Turing », comme l’avait fait avec brio un Ex_Machina (et mal un The Machine, son penchant Série Z), Morgane ne parle pas d’androïde mais bien d’une véritable humaine, certes créée artificiellement, mais ce n’est pas tout à fait la même chose. Enfin Morgane n’est pas vraiment une nouvelle occurrence du test de Turing au cinéma, ni même un film « scientifique ». C’est même un film difficile à classifier. Certes un peu Science-Fiction et Anticipation, mais pas énormément (rien de bien futuriste ou même high-tech là-dedans). Thriller pour la tension, pas pour le scénario. Horreur ? Moui non, car même si on va encore jouer au jeu du « qui va mourir dans quel ordre et comment », Morgane n’a rien d’horrifique, c’est certes sanglant par moments mais la classification en tous publics empêche le film d’être vraiment méchant de ce point de vue. A partir de là, avouons bien qu’il n’y a pas grand-chose à tirer de Morgane, qui manque d’ambition à tous les niveaux et ne creuse jamais vraiment ses sujets, se perdant dans la routine, au contraire d'un Splice auquel ce film est justement comparé, qui lui osait (mal, mais qui osait quand même). Outre de beaux décors et une sobriété tout de même bienvenue, ce film se traîne un faux rythme qui nous amène à un twist final disons-le tout de suite archi prévisible. Il n’y a pas besoin d’être hyper clairvoyant (comme ceux qui avaient soi-disant prédit le final d’Oblivion dès ses premières minutes…) pour se douter immédiatement de l’issue finale du film, à vrai dire cela saute aux yeux quand on connaît le sujet… Résultat, Morgane n’est que l’énième exploitation d’une histoire mettant en scène une quelconque « création » aux capacités exceptionnelles. Il ne se passe pas grand-chose et le film passe très vite. Dommage ou heureusement…

Morgane (le film) est tout de même rattrapé par l’interprétation sans failles de Kate Mara qui joue avec brio ce personnage froid et jusqu’au-boutiste de Lee Weathers. L’actrice a mine de rien un certain potentiel, qui s’entrevoit tout particulièrement ici, dans un rôle qui n’a rien à envier à ceux de sa sœur dans Millénium ou Effets Secondaires. La jeune Anya Taylor-Joy qui joue la grisonnante Morgane livre aussi une partition parfaite pour ce genre de personnage « synthétique ». Et mine de rien Morgane s’offre tout de même un casting assez reluisant avec Toby Jones, Michelle Yeoh, Jennifer Jason Leigh, Paul Giamatti… mais tous n’ont que des rôles trop secondaires ou trop limités et aucun n’apporte de réelle plus-value, le pire étant Leigh qui est vraiment inutile au final, seul Paul Giamatti tire un peu son épingle du jeu. Et aussi Rose « tu ne sais rien Jean Neige » Leslie, qui a de loin le rôle le plus consistant derrière les deux actrices principales, bien qu’elle n’ait pas de trucs énormes à faire non plus… elle arrive néanmoins à tenir la route sur les moments de grande tension. Le reste du casting est anecdotique, et le duo Lee-Morgane porte le film, c’en est hélas un des seuls vrais intérêts.

Reste quelques scènes de bagarre sophistiquées plutôt agréables, dommage qu’elles soient filmées de manière trop chaotique, histoire qu’on reste dans le tout public, un peu comme dans n’importe quel film dystopien pour ados… Mais dans l’ensemble, Morgane est tout de même relativement insignifiant. Pas de message sous-jacent si ce n’est la sempiternelle rengaine sur les expériences scientifiques risquées et manipulées d’en-haut, peu de conviction pour un énième film sur une création extraordinaire qui-bien-sûr-est-à-l’origine-d’un-partage-en-sucette. Trop peu SF, tout juste Thriller mais trop simple, plus gentiment violent que faisant vraiment peur malgré deux personnages principaux assez flippants, Morgane ne sait pas sur quel pied danser et se vautre un tantinet, en n’arrivant pas à se démarquer et retenir assez l’attention, en plus de servir un scénario léger et hyper prévisible. Vide et décevant, anecdotique et pas assez original, voilà le maigre bilan de Morgane qui est finalement une sortie mineure, un peu plus qu’une Série B mais loin d’un Triple A. Je lui mets quand même la moyenne car Luke Scott a un petit potentiel et filme bien, tout en retenue, un environnement froid qui sied bien à ce film qui ne rigole pas, porté par ses deux personnages impitoyables aux performances d’actrices suffisamment remarquables. Mais et même si on en attendait rien de particulier malgré les promesses de Télé-Loisirs (qui s’est bien enflammé pour le coup), Morgane fait pschitt pour ce premier passage en salles de l’automne, et finira bien bas dans les tops de fin d’année…

Note : 5/10

mardi 27 septembre 2016

[News] Des invités de marque pour Transformers 5 et Thor 3

On condense les deux news du moment avec ce qui sera au programme de Transformers 5 : The Last Knight et Thor 3 : Ragnarok, personnages comme acteurs.
Penchons-nous d'abord sur la franchise de Michael Bay dont le citron sera pressé encore une fois le 21 juin prochain. Transformers 5 : The Last Knight signera l'apparition d'illustres personnages. Vu son titre, il ne fait aucun doute que Batman sera un des premiers invit... euh non en fait pardon, Batman c'est le 'Dark' Knight, c'est vrai. Non c'est même encore plus nawak que ça vu que pour ce 5ème cru de Transformers on aura l'occasion d'apercevoir Winston Churchill, qui bien sûr sera accompagné de ses ennemis d'époque, les nazis. Et ce n'est pas tout vu que plus loin et plus fort, c'est aussi Le Roi Arthur qui devrait faire son apparition dans le film. Il sera d'ailleurs campé par Alexandre Astier Liam Garrigan (des séries Strike Back et Once Upon A Time entre autres). Quant à Churchill, des rumeurs le verraient bien interprété par Anthony Hopkins, déjà annoncé au casting également. Et le pire c'est que ça le ferait, en fait.

Bref, vous l'aurez compris, dans ce 5ème opus les robots voyageront dans le temps. Second épisode de Michael Bay revisite l'histoire, donc. A ce stade, j'ai surtout envie de dire 'Kamoulox'. Iron Sky meets Kaamelott meets Transformers?


Passons du Roi Arthur à Odin maintenant. Thor 3 : Ragnarok, qui est prévu pour le 27 octobre (2017, c'est loin), a annoncé la suite de son casting. Outre Cate Blanchett et l'excellent Karl Urban, Jeff Goldblum sera aussi de la partie dans le rôle du 'Grandmaster'. Et cerise sur le gâteau, Sam Neill vient d'être confirmé à l'affiche. N'ayant eu le droit qu'à quelques jours de tournage, son rôle ne devrait pas être primordial. Mais la réunion de Neill et Goldblum titille déjà le cœur des nostalgiques : les deux acteurs n'ont en effet jamais tourné ensemble depuis Jurassic Park, soit depuis 23 ans !

En attendant de voir s'ils auront le droit de figurer ensemble lors d'une même scène sur Asgard (ou sur Midgard, on prend aussi), remémorons-nous le duo Alan Grant / Ian Malcolm en espérant que Thor 3 : Ragnarok ne soit pas qu'un gros tas de merde.



Au pire on en rigolera.



Puis et tant qu'on parle de Jurassic Park, Sam Neill ne sera (de nouveau) pas au casting de Jurassic World 2. Il en a donné des explications marrantes que vous pouvez lire sur Allociné (ou ailleurs si vous voulez pas leur donner du clic, désolé j'ai la flemme de retranscrire). Hashtag 'tant mieux'.

jeudi 22 septembre 2016

[News] Duncan Jones pour une 'suite' de Moon?

Alors qu'il reste sur le blockbuster fantasy Warcraft : Le Commencement (que je ne vais pas juger car je ne l'ai pas vu - et il ne m'avait pas franchement donné envie...), le réalisateur britannique Duncan Jones (fils de feu-David Bowie faut-il le rappeler) va revenir à ses premiers amours, la science-fiction.

S'il avait signé en 2011 le génial Source Code, sorte de croisement improbable et réussi entre Code Quantum et 7 Jours pour Agir, il avait également réalisé deux ans plus tôt l'excellent Moon avec le non moins excellent Sam Rockwell.

Dans un tournage dont le démarrage est prévu pour la fin du mois, le réalisateur et l'acteur de Moon vont se retrouver pour le quatrième long-métrage de Duncan Jones qui répondra à nouveau à un nom de 4 lettres commençant par M, Mute. Mais pas de n'importe quelle manière : Mute est en effet plus ou moins présenté comme une suite de Moon, et Sam Rockwell devrait y retrouver son rôle de Sam Bell.

Toutefois, l'histoire principale sera bien différente des mystères lunaires de Moon et Sam Bell ne sera pas le personnage principal. On y suivra en fait les aventures d'un tenancier de bar muet, qui doit partir à la recherche de sa dulcinée, mystérieusement disparue. L'action se déroulera sur Terre, à Berlin précisément, 40 ans après notre époque. Le tout devrait s'inspirer assez fortement de Blade Runner...

Outre Sam Rockwell, Alexander Skarsgard et Paul Rudd seront à l'affiche de Mute, dont la date de sortie est bien évidemment inconnue pour le moment.

Si avec Warcraft : Le Commencement, on pouvait craindre que le talentueux Duncan Jones ne soit accaparé par Hollywood pour faire des blockbusters impersonnels bien loin de sa filmographie d'origine (on peut citer pas mal de réalisateurs tombés là-dedans...), il est déjà réjouissant de voir qu'il revient illico à ses premiers amours pour un prochain film somme toute personnel.

Difficile de savoir à quoi nous avons avoir affaire, le scénario n'est peut-être pas engageant et sent l'histoire digne d'un film de SF indé faussement inspiré de Philip K. Dick, et personnellement Blade Runner ne fait pas partie de mes cultes, mais quand on connaît la qualité de Source Code et donc Moon, on peut accorder le minimum de confiance à Duncan Jones pour faire quelque chose de qualité, et surtout avec une vraie atmosphère...

Comme d'habitude, on jugera sur pièce, et on a le temps de voir venir. Mais Mute est déjà un nom à retenir pour les séances SF à venir.

mardi 20 septembre 2016

[News] Une bande-annonce pour Passengers

On inaugure la section [News] du blog avec, ô surprise, un peu de SF :



Voilà donc la première vue sur Passengers, film réalisé par le norvégien Mortem Tyldum (Imitation Game).

Il nous racontera ainsi l'histoire de deux passagers d'un vol interstellaire de 120 ans, qui suite à une avarie étonnante de leurs conteneurs d'hibernation, se réveillent... 90 ans avant leur arrivée prévue. Oups.

Pour ceux qui auraient eux aussi été en hibernation et n'auraient pas reconnu leur deux bouilles, le film sera donc porté par Chris Pratt (Jurassic World, Les Gardiens de la Galaxie) et Jennifer Lawrence (Hunger Games, X-Men version 'jeunes').

Voir des images épatantes d'espace et une fort jolie station spatiale, ça fait toujours plaisir. Restera à savoir si une quelconque romance ne prendra pas trop le pas, et où nous mènera le scénario (...concocté par John Spaihts qui avait signé le décevant The Darkest Hour et le controversé Prometheus). Mais attention, l'histoire originale est signée sous le nom d'origine "Le Voyage Gelé" par Philip K. Dick !

Bref, film de SF anecdotique ou potentiel nouveau Seul sur Mars dans l'esprit, on verra ce que donnera tout ça le 28 décembre. Si vous avez peur de perdre de l'argent, vous pourrez toujours demander le ticket sous le sapin.


PS : comme promis le blog dispose désormais de sa page Twitter. Qui me like me followe!

mardi 12 août 2014

Lucy

Chacun a ses petits plaisirs coupables en matière de cinéma. Certains ce sont les nanards de The Asylum, d’autres ce sont les films d’horreur cheap, certains les comédies romantiques américaines… Moi c’est les nanards Bessoniens. Réalisations, productions, tout y passe, la plupart du temps au fin fond des rediffusions d’une chaîne de la TNT. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’apprécie ce que fait le bonhomme, à la rigueur Le Cinquième Élément voire Taxi 2 sont cultes mais c’est tout. Pour le reste, on connaît la chanson, des courses-poursuites, des bagnoles qui volent et qui finissent en mille morceaux sur le goudron, des fusillades, des méchants (asiatiques, du Moyen-Orient ou de l’Europe de l’Est) en costard, des chargeurs vidés à bout portant dans l’estomac, un peu de castagne, des héros sans charisme et des scénarios compris des seuls scénaristes. De tous ces points de vue des films comme Taken (limite amoral) et From Paris With Love (complètement crétin et bourrin) sont de grandes réussites de Besson. Mais alors qu’on parle d’un reboot du Transporteur malgré la série TV (assez hétérogène), voilà que Luc Besson revient à la réalisation pour un film plus réfléchi, moins rentre-dedans, plus raffiné, s’inscrivant clairement dans la science-fiction. Bien que survendu par les médias français, Lucy promettait beaucoup, avec une nouvelle occasion de mettre Scarlett Johansson au sein d’un pitch intéressant, basé sur le fameux mythe de la non-utilisation de la totalité de notre cerveau. D’emblée on pensera à l’excellent Limitless, on frôle même la repompe mais on pense bien que Luc Besson n’aura pas le même style que Neil Burger. De belles promesses pour une Bessonerie pas trop Bessonienne, des belles promesses qui vont, je donne déjà la couleur, hélas s’envoler au fur et à mesure que se déroule l’heure et demie de ce décevant Lucy.

Lucy (Scarlett Johansson), une étudiante un peu à l’Ouest, est à Taïwan avec son petit ami Richard (Pilou Asbaek), qui non sans une certaine insistance, lui confie une mission légèrement périlleuse : remettre, à la réception d’un hôtel, une mallette au contenu inconnu à un certain Monsieur Jang (Choi Min-Sik). Lucy se retrouve alors malgré elle au cœur d’un trafic de drogue : un paquet d’une étrange poudre bleue lui est implanté dans le ventre à son insu, et avec 3 autres garçons pris au piège, elle va devoir faire la mule. Se retrouvant en prison sur le chemin de l’aéroport, elle va être violentée par ses geôliers. La drogue bleue va alors se déverser dans son corps, et va produire immédiatement ses effets : Lucy est en effet capable d’accéder à des parties inutilisées de son cerveau, voyant ses facultés se décupler. Elle parvient alors à s’échapper, et va solliciter l’aide du Pr. Norman (Morgan Freeman) pour comprendre ce qu’il lui arrive ; ainsi que le Capitaine Del Rio (Amr Waked) de la brigade des stups française pour retrouver les 3 autres mules. Mais Jang et ses dangereux sbires coréens sont bien décidés à reprendre leur bien et ce par tous les moyens…


Après Michael Bay revisite l’histoire, voici Luc Besson qui revisite la Science. C’est la chose principale que je retiendrai de Lucy. C’est certes réducteur, aussi passons sur les points positifs principaux, à savoir que l’ensemble est bien fait, dynamique, avec un certain parti pris visuel comme on en avait pas vu chez Lulu depuis longtemps, et que dans l’ensemble, c’était bien essayé et que ça part à la fois d’une bonne intention et d’une idée intéressante. Mais alors, justement, l’idée… On a juste l’impression que Besson a trouvé le sujet du cerveau cool et a brodé une histoire dessus. Et quand on sait le traitement que Besson réserve à ses scénarios… A la limite, que ses incohérences et ses trous s’appliquent à une intrigue policière, passe encore, on commence à en avoir l’habitude. Mais quand ça s’applique à une intrigue scientifique, tout de suite, ça ne va pas être possible. On ne voit pas où Lucy veut en venir. Il n’y a pas de base, pas de but, pas de morale, peu de liant. Une mélasse informe à base faussement scientifique. Le film égrène ses théories fantaisistes sur le temps et la transmission du savoir, mais le tout n’a ni queue ni tête, tergiverse pas mal pour en arriver à une fin en queue de poisson, à la fois trop simple et trop ouverte, qui ne conclut rien et laisse d’ailleurs un grand froid, un grand vide, une impression d’inachevé voire de gâchis, pour un film qui n’est pas allé au bout de son sujet, ou plutôt qui croit qu’il y est allé. On ne sait pas ce qu'il faut comprendre, en fait. Mais comme d’habitude avec Besson, ça semble clair dans sa tête, moins dans celle des spectateurs… J’ai vu cité par des confrères critiqueurs les noms de Matrix et Jean-Claude Van Damme. On semble être en plein dedans. En plus digeste et moins imagé certes, mais le résultat est au final le même. C’est moyennement bien raconté et surtout bien peu intéressant tant le sujet développé ne nourrit aucun but précis, essayant de nous faire réfléchir sans y arriver, c’est l’histoire d’une fille qui accède à tout son cerveau et découvre des choses. Voilà tout.

J’entends venir la défense. C’est de la fiction, donc il ne faut pas non plus s’attendre au développement d’une thèse scientifique crédible et vraisemblable, mais prendre du bon temps avec Luc Besson. Je reviendrai sur le second point plus tard, mais pour ce qui est du premier, j’ai envie de dire « certes ». Les développements du genre philosophique ne m’enchantent guère en général, mais admettons le parti pris qui demeure cohérent avec l’imagerie du film, qui aurait pu être servi par une morale plus claire. Mais l’ensemble est tout de même plus que fantaisiste. Alors avoir le contrôle sur plus de parties de son cerveau permettrait de, trois exemples choisis : - contrôler objets et personnes à distance - capter une conversation téléphonique précise à des centaines de mètres et au milieu de dizaines d’autres - et remonter le temps des millions d’années en arrière ? Mouais. Encore les capacités plus terre-à-terre que Lucy acquiert au début (réflexes et capacité accrue de réflexion, grande précision, assimilation rapide d’une grande quantité de données, hypermnésie, accès à tous les souvenirs) peuvent paraître crédibles, le reste l’est beaucoup moins surtout qu’on ne s’embarrasse pas de justifications passé un certain % de colonisation du cerveau (ou des justifications WTF, genre l'histoire du noyau... les biologistes cellulaires s'arrachent les cheveux). Au lieu de terminer sur les visées philosophiques mêlant temps et connaissance, il aurait été nettement plus intéressant de s’attarder sur les capacités physiques et psychiques de Lucy, ce qui au final nous aurait donné un excellent film d’action bardé de science-fiction. De ce point de vue Limitless bat Lucy par K.O., en exploitant bien plus le potentiel de surhumain, qui pour Lucy est vite relégué au second plan pour laisser place à un discours plus réfléchi et plus ouvert mais passablement pompeux et particulièrement inutile, surtout quand le film mélange toutes les composantes et finit par souffrir de gros trous (mais il lui arrive quoi exactement après la scène des toilettes de l’avion ??).


J’en reviens au point du plaisir pris avec la production Besson, plaisir souvent primaire soit dit en passant, mais qui parfois fait son effet. Comme je l’ai dit, Lucy exploite bien peu son potentiel d’action malgré les nombreuses possibilités qui s’ouvraient à lui. Bon cela reste du Besson, alors nous aurons le droit à 3-4 fusillades plus ou moins jouissives, une grosse scène de poursuite (qui semble hors-sujet, juste placée pour qu’on puisse dire qu’on regarde du Besson…), des flinguages bien violents avec des coréens en costard jusqu’au-boutistes, mais le tout est surtout placé dans la partie centrale du film, qui en est de loin son meilleur moment (lorsque Lucy acquiert ses capacités et jusqu’à ce qu’elle rencontre Norman). Après, c’est le fameux blabla qui flingue toutes les bonnes intentions du film. Avant, hélas, ça ne va pas non plus. La mise en place du film est bien trop lente, surtout quand le film ne dure qu’une heure et demie, résultat les longueurs grignotent l’histoire et on en arrive à cette fin expéditive qui provoque comme seule réaction un « heu » (je n’ai jamais entendu pareil blanc à la fin d’un film dans une salle de cinéma). Lucy souffre donc d’un faux rythme évident, le côté poussif du début finit par livrer une partie qui s’enchaîne trop vite et ne laisse pas de place à des développements qui auraient pu rendre le film plus prenant. Il y avait nettement mieux à faire dans la globalité et Besson, en voulant faire quelque chose de plus réfléchi, finit par passer à côté du potentiel de son sujet qui aurait gagné à être plus palpitant et à placer plus de capacités divertissantes de Lucy, bref plus d’action. Un comble !

Le casting parvient toutefois à relever l’ensemble, même si le pauvre Morgan Freeman semble condamné à ne jouer que des rôles impersonnels de scientifique jusqu’à la fin de sa vie (on a l’impression de revoir son personnage dans Transcendence voir Lucius Fox…). Scarlett Johansson est en réussite, ce qui n’est pourtant pas évident : passé le début du film où elle joue très bien le rôle de pleurnicheuse paniquée en mode « je vous en supplie », son jeu est ensuite très, très monolithique. Mais cela va très bien avec le personnage de Lucy qui finit par perdre ses émotions, et le personnage est finalement très prenant, devant beaucoup au visage délibérément figé de l’actrice. Tout le film est basé là-dessus et il n’y aura donc pas beaucoup de place pour les personnages secondaires : Amr Waked a la bonne tête de flic Bessonien renfermé et incrédule, il s’intègre bien au film mais lui aussi aurait mérité plus de profondeur et d’exploitation. Choi Min-Sik lui est excellent de bout en bout mais paraît tellement cliché pour un film de Besson… Et en aparté, ça serait bien de nous sous-titrer le coréen, parce que tout le monde ne parle pas coréen (au début du film, la non-traduction se tient, mais après… mon cinéma n’avait pas retrouvé le fichier .srt ?).



Luc Besson voulait se prendre pour Neil Burger, ce qui aurait été salutaire et nous aurait donné un Limitless plus franc du collier et moins psychédélique (et avec Scarlett Johansson à la place de Bradley Cooper). Mais non, il s’est pris pour Stanley Kubrick (sans les délires abstraits, encore heureux, mais j’ai eu peur sur la fin), et ça ne marche pas le moins du monde. Ça partait d’une base cool, mais justement Besson n’a trouvé que la base cool, et n’a pas su l’exploiter pour en faire un bon blockbuster d’anticipation ou même de la Science-Fiction grand public. Lucy est donc une grande déception et un gâchis. Là où on pouvait s’attendre à un film mettant en scène une femme droguée qui règle ses comptes avec ses étonnantes capacités, on se retrouve avec quelque chose qui amène à la réflexion mais qui se retrouve à côté de la plaque, prenant des largesses avec la Science au passage, le tout sans objectif et sans ambition. Luc Besson a pris des cours de neurobiologie et voilà ce que ça a donné. Tout ceci est donc fort dommage car par moments, Lucy laisse entrevoir le potentiel qu’il avait. Si le cerveau de Lucy est colonisé à 100% à la fin, ce film laisse encore de larges trous, qui étaient autant de possibilités pour faire quelque chose d’explosif. Besson aurait mieux fait de rester dans l’action totalement débridée, lorsque ses personnages se lâchent l’efficacité est toujours au rendez-vous. Lorsque Lucy laisse donc clairement apparaître la patte Besson, ça fonctionne toujours, mais dès que le ton change l’échec est là, un échec qui aurait pu laisser la place à autre chose. C’était bien essayé mais au final, Lucy se révèle surtout être un beau ratage.
Note : 5/10

dimanche 20 juillet 2014

Prometheus


Il est difficile d’écrire sur un film que l’on a tant attendu, et qu’on ne sait pas si on l’a aimé ou pas. Prometheus avait été mon énorme attente de 2012 et j’avais poussé le vice jusqu’à aller le voir le jour de sa sortie, payant de plein pot (en général j’attends le jeudi parce que c’est moins cher) avec cette majoration 3D de mes deux en bonus (enfin là la 3D valait le coup). Etais-je ressorti de la salle satisfait ? Par le spectacle oui, pour le reste dès le lendemain je me suis posé pas mal de questions, faisant écho à celles posées par les critiques de la presse et du net aussi. Grosse réussite, mi-figue mi-raisin ou plantage complet ? Le film n’a pas eu que des amis, fans d’Alien ou pas (ce qui n’était pas forcément mon cas avant d’aller voir Prometheus en 2012…). Un doute qui devait être dissipé par un revisionnage dans de bonnes conditions sur Canal il y a quelques mois. Mais plus que de dissiper des doutes, j’en ai eu de plus en plus. Résultat, après deux visionnages, je ne savais pas vraiment quoi penser de Prometheus. Je pensais m’arrêter là, un troisième visionnage me donnant peur d’être finalement déçu par un film que j’avais énormément attendu. J’avais prévu de rédiger une critique à ce moment-là mais je n’en étais resté qu’à quelques notes. Un troisième visionnage, fait par le plus grand des hasards (genre « je suis seul j’ai rien à faire ce soir de vacances qu’est-ce qu’il y a à la télé oh tiens Prometheus sur Ciné Premier ») aura donc été nécessaire pour forger un avis définitif, qui finalement sera positif. Ouf ! Mais le moins qu’on puisse dire c’est que l’œuvre de Ridley Scott n’est pas facile d’accès, à cause de quelques défauts, mais ça reste une œuvre marquante et ce dès la splendide séquence d’ouverture…


En 2089, les chercheurs Elizabeth Shaw (Noomi Rapace) et Charlie Holloway (Logan Marshall-Green) découvrent des peintures rupestres dans une caverne située au sein d’une île écossaise. En faisant le rapport avec d’autres œuvres ancestrales, ils parviennent à démontrer que des extraterrestres, potentiellement créateurs de l’humanité et en cela baptisés les « Ingénieurs », ont donné une invitation aux humains. Les chercheurs parviennent à trouver le système stellaire qui abriterait la planète d’origine des Ingénieurs. Séduit par le projet de rencontrer les créateurs de l’humanité et à l’article de la mort, Peter Weyland (Guy Pearce) finance l’expédition et affrète le vaisseau Prometheus, dirigé par Meredith Vickers (Charlize Theron), pour se rendre sur la planète indiquée par les Ingénieurs. Toute une équipe de scientifiques et de techniciens arrive sur place en 2093 et commence ses recherches. Holloway sera déçu d’apprendre que les Ingénieurs, à qui il souhaitait parler, ont été décimés par une force inconnue, au contraire de Shaw qui se satisfait des importantes découvertes effectuées. Mais d’autres découvertes notamment faites par l’androïde David (Michael Fassbender) vont montrer ce qui s’est véritablement passé, et quelles sont les véritables motivations des Ingénieurs au sujet de cette planète et de la Terre…


Donc après 3 visionnages, c’est la satisfaction qui domine. Certes Prometheus ne sera jamais un des cultes de la SF, mais il remplit bien son office. Effets spéciaux, vaisseaux et décors (RIP Giger) sont exceptionnels, et il sera difficile de faire mieux. Le film convainc donc par son souffle épique. Il est également rondement mené, ménageant sa tension avec une lente entrée en matière, avant un partage en couille habituel, schéma rappelant bien sûr les 3 premiers volets d’Alien (le 4, lui, partait en couille rien qu’à l’annonce de son histoire). La tension finit par être très palpable, même si le film n’est pas si terrifiant que le premier Alien. Le gore à base de pénétration et de sorties de bestioles gluantes reste toujours de mise… en restant sobre et ne tombant pas dans le grand-guignol de certains volets d’Alien. Tout y est, l’équilibre entre moments de calme, de tension et d’horreur est parfait, et le ton est finalement différent de tous les volets d’Alien (plus palpitant que le 1, moins bourrin que le 2, plus spectaculaire que le 3, moins nawak que le 4). Niveau « réalisation », Ridley Scott a donc fait du grand travail, sublime, prenant et grandiose, 33 (!) ans après le tout premier Alien qu’il avait réalisé (avant Cameron, Fincher et Jeunet pour des résultats plus ou moins discutables).


Alors bien sûr, peu de monde reprochera quoi que ce soit à Prometheus sur ces points, et ma satisfaction première venait surtout de là. Mais il y avait le reste qui posait problème et qui pouvait provoquer un blocage… blocage qui avait engendré de vives critiques. Il est vrai que le scénario de Prometheus est passablement mal torché. Il semble simpliste et trop compliqué à la fois, se basant sur une histoire et des évènements classiques jalonnés de gros trous ou d’inexplications, qui ne trouvent leurs solutions qu’après plusieurs visionnages ou un passage par le résumé détaillé du Wikipédiatre. Certains messages ne passent toujours pas (notamment le fond religieux avec la foi de Shaw) et des évènements restent flous (le rôle « dans l’ombre » de Weyland, les comportements de David et Vickers face à lui, amenant à l’infection de Holloway…), mais dans l’ensemble on finit par comprendre l’histoire dans son ensemble. Mais hélas, ce n’est pas un grand scénario… et certaines réponses, notamment sur les motivations des Ingénieurs et le rôle des aliens, ne seront trouvées que dans la (les) suite(s). Au final, Prometheus a pêché par « blockbusterisme », en balançant un scénario simpliste qui s’est révélé foutraque à cause d’arcanes mal amenées ou mal exploitées. On est pas loin du syndrôme Besson avec un scénario compris des scénaristes mais simplifié pour ne pas trop perdre le spectateur moyen… entreprise engendrant quelques approximations et se révélant inefficace pour un premier visionnage. Donc si vous n’avez pas compris, un revisionnage est nécessaire, pour ne pas passer à côté d’un film qui a de grandes qualités aussi.


Des qualités visuelles qui ne sont pas forcément relevées par les acteurs ici présents en nombre, pour pas grand-chose au bout. Du couple Shaw (Noomi Rapace) - Holloway (Logan Marshall-Green), c’est surtout le second qui m’a convaincu, avec son côté casse-cou de scientifique curieux qui se laisse emporter par ses émotions. Par contre Noomi Rapace en fait un peu trop, nouvelle Ripley convaincante dans les scènes d’horreur, elle est un peu gonflante sur le reste, avec son rôle de personnage candide et religieux. Puis j’aime pas l’actrice en fait… Michael Fassbender est lui impeccable dans son rôle d’androïde fourbe qu’on aime et qu’on déteste à la fois, il surpasse Bishop (Lance Henriksen) haut la main. Charlize Theron, présentée comme la star du film, a vraiment un pur rôle de faire-valoir. Elle ne sert absolument à rien ! A part ressembler à Samus Aran des jeux Metroid, ce qui est pour moi un retour d’ascenseur presque évident, sachant que la saga Metroid doit presque tout à la saga Alien. Pour le reste, hormis bien sûr Guy Pearce méconnaissable dans le rôle du vieux Weyland, il n’y a non plus pas grand-chose à voir, même Idris Elba campe un Capitaine Janek qui n’est pas très important. Les deux zigotos de service, Fifield le géologue fantasque (Sean Harris) et Millburn le biologiste couard (Rafe Spall - vu notamment dans la trilogie Cornetto), amènent un peu de fun dans un film tout de même très sérieux avec des acteurs rentrant plus ou moins dans le moule « Alien ». Des personnages facilement paniqués qui du coup font un peu n’importe quoi (quand le vaisseau des Ingénieurs s’écroule tout droit, pourquoi courir en avant alors que pour éviter sa chute il aurait suffi de s’enfuir… par un côté ?). Sinon je viens à peine de me rendre compte mais dans le lot on a Kate Dickie (la scientifique Ford), plus connue pour le rôle de… Lisa Arryn dans Game Of Thrones.


Trois visionnages, et en dépit de ses défauts de fond (et de forme), Prometheus reste quand même un bien bon film de Science-Fiction. Son scénario est tarabiscoté, mais l’essentiel est là, posant les bases pour la suite de ce qui se posera comme les véritables préquelles d’Alien (c’est donc presque une intro aux préquelles… j’espère que tout le monde suit). Ses acteurs sont inégaux, en classe et en importance, mais en y réfléchissant bien ceux des Alien n’étaient pas spécialement marquants non plus… et seul le temps (et les suites du prequel qui est une intro aux préquelles potentielles *gloups*) nous permettra de dire si Shaw/Noomi Rapace sera une véritable nouvelle (ou plutôt ancienne, chronologiquement à la saga) Ripley/Sigourney Weaver. Le spectacle est assuré, à apprécier au cinoche ou sur une TV HD avec un bon son. C’est sur ce point que Prometheus se distingue, atteignant un niveau de classe sensationnel au niveau de la SF des sous-genres « planète étrangère » et « horreur », et s’il doit être culte ça sera pour son visuel plutôt que pour le reste, hétérogène et hélas trop calibré blockbuster, alors que la plupart des Alien n’étaient pas forcément accessibles et destinés au grand public… Prometheus n’est pas et ne sera jamais un film de « Hard SF », mais restera un film un minimum marquant, moderne sur certains points, old-school sur d’autres, plus ou moins fidèle aux codes de la saga dont il introduit l’histoire. Une satisfaction, certes pas totale par rapport à l’attente suscitée à l’époque de sa sortie, mais une satisfaction quand même pour un film qui n’en est pas moins incomplet, en lui-même déjà, et qui devra faire office de tremplin aux suites (suites mais préquelles à… oui bon d’accord) qui je l’espère pousseront encore plus loin le niveau de grandiose.
Note : 7.75/10

Transformers 4 : L'Âge de l'Extinction


Qu’on ne présente plus. Et en 2014, que la tradition de la trilogie au cinéma n’existe plus, ça n’étonne plus personne. Tant que ça marche, on continue. Tous les 2/3 ans, et de préférence l’été, on a le droit à un nouveau Transformers. Toujours par Michael Bay. Toujours avec Shia LaBeo… ah non, lui ne rempile pas, ce qui devrait déjà amener un peu de nouveauté. De la nouveauté, la franchise Transformers en avait bien besoin. La saga était déjà usée à partir de Transformers 2 : La Revanche, ce qui est quand même un comble après un Transformers si efficace. C’est seulement ce premier film de la saga qui en vaut la peine d’ailleurs. Transformers 3 : La Face Cachée de la Lune était une purge doublée d’une autocaricature où tout, absolument tout (‘humour’, action, scénario, personnages) était exagéré au possible. Au choix, il fallait donc arrêter le massacre ou essayer de rattraper le coup, Michael Bay a donc opté pour la seconde solution. Pour une seconde jeunesse avec à la clé une nouvelle trilogie ? Vu les recettes outre-Atlantique (malgré des critiques loin d’être dithyrambiques), il n’y a pas de raison que ça s’arrête… Voilà donc le ‘4’, Transformers 4 : L’Âge de l’Extinction. Avec des nouveaux camarades de jeu, à part quelques Autobots le casting a été totalement purgé. Mais pour le reste, oui, c’est toujours la même chose. Des robots, de l’humour, du cinoche commercial à l’américaine, de l’émotion (*sniff*) et LA MANETTE MICHAEL BAY : EXPLOSION, DESTRUCTION, BADABOUM.

Après les évènements de Chicago, le gouvernement américain encourage la population à se méfier des derniers robots aliens subsistant sur Terre. Même les Autobots sont traqués jusqu’au dernier. En effet, l’agent de la CIA Attinger (Kelsey Grammer) a fait de l’éradication des robots une affaire personnelle pour protéger coûte que coûte son pays, et quels qu’en soient les moyens. Il a donc décidé de faire appel à une autre caste de robots aliens, menés par Lockdown, qui veulent faire cesser les querelles entre robots dont celles entre Autobots et Decepticons… Optimus Prime, endommagé après un combat âpre, s’est réfugié au fin fond du Texas sous la forme d’un camion délabré, tentant de communiquer avec les derniers Autobots présents sur Terre. Il est recueilli par hasard par Cade Yeager (Mark Wahlberg), un ingénieur en robotique fauché qui bricole dans son hangar, élevant tant bien que mal sa fille Tessa (Nicola Peltz). Et quand Optimus Prime est remis en état de marche, tout s’emballe et la famille de Cade et les Autobots restants vont devoir fuir et combattre robots de Lockdown et hommes d’Attinger, ainsi que les nouveaux robots créés par l’entreprise de Joshua Joyce (Stanley Tucci)…


Bon,
Comme Transformers est une saga suffisamment connue qui ne nécessite plus d’en faire des tartines, et que j’ai été inspiré dans mon manque d’inspiration par une autre critique sur RYM, cette fois-ci on va donner dans la critique en forme de ‘+’ et de ‘-’ :

Les ‘+’ :
- On critique on critique mais on va le voir quand même. C’est toujours du bon spectacle fait pour être regardé sur un écran de cinéma avec un son de cinéma, et on se laisse prendre au jeu.
- Les effets spéciaux sont irréprochables. L’animation des robots atteint un certain niveau de perfection. Et les explosions envoient du bois, comme d'hab.
- Joshua Joyce (Stanley Tucci) succède à Simmons (John Turturro) dans le rôle du personnage nerveux et excentrique. Le second s’essoufflait, le premier prend donc le relai avec brio. Certes il fait surtout du ‘Stanley Tucci’ mais ça fonctionne assez bien, surtout que le personnage aura des relations complexes avec les autres, passant dans différents camps…
- Autre rôle intéressant, celui de Shane (Jack Reynor) qui campe le petit ami « interdit » de Tessa. Un personnage comique de manière inattendue, beau gosse jouant les durs qui se révèle être un gros couard de première, faisant écho au personnage de Sam Witwicky…
- Les amateurs de belles cylindrées apprécieront les nombreux modèles présentés dans cet opus…
- Plus de bidasses. Prends ça, Godzilla !
- Je cherche encore d’autres ‘+’, j’en ai pas assez. Si j’en ai trouvé d’ici la publication de cet article cette ligne devrait disparaître. Si elle est toujours là c’est que ma foi…


Les ‘-’ :
- Un scénario ? C’est quoi ?
- Nouvel épisode de « Michael Bay revisite l'histoire » : après les premiers pas sur la Lune, c'est l'extinction des dinosaures qui y passe.
- On a connu un Michael Bay plus inspiré au niveau de la destruction massive. Là ça pète mais c’est tout. Tout ce qui dépote est dans la bande-annonce en fait. Pas de scène épique comme celles du 1 où l’effondrement hallucinant de l’immeuble dans le 3. Diantre !
- Mark Wahlberg, depuis que je l’ai vu dans No Pain No Gain, je ne peux m’empêcher de le considérer comme passablement débile. Le comportement stéréotypé de son personnage dans ce Transformers 4 ne remonte pas le niveau…
- Attinger (Kelsey Grammer) aurait pu être un méchant parfait avec la gueule de l'emploi. Mais ses motivations sont difficiles à cerner, et les actes du personnage sont trop exagérés, trop « blockbuster ricain ». Savoy (Titus Welliver), son bras droit, aurait pu faire office de bonne substitution mais on ne le voit pas assez…
- Certains dialogues, notamment ceux des robots, sont toujours profondément pompeux et ridicules. A cause de la VF peut-être ?
- Des petites incohérences à divers endroits, des raccourcis, et là aussi le sempiternel côté « cinéma » : les mecs (et filles) se prennent des coups et tombent de partout mais semblent aussi increvables que John McClane…
- Un point qui m’a été grandement soufflé par une autre critique mais il est vrai que l’‘humour’ stéréotypé sur les chinois (qui savent tous faire du karaté) est quand même assez limite… ou très beauf. Ou très ricain.
- La « Science »-Fiction. Alors comme ça il existerait un métal qui possède un génome ?
- Cantonnés à la fin du film, les Dinobots ne servent pas à grand-chose…
- Ras le cul de Megatron. Passez à autre chose bordel !
- Le placement produit. Je sais qu’il ne faut pas s’en étonner ni même y prêter attention, mais à ce niveau faut pas exagérer quand même. Non, je n’achèterai pas un haut-parleur Beats Audio juste parce que je l’ai vu dans le film, je n’en ai pas l’utilité et c’est bien trop cher. Pareil pour la Lamborghini (pour les mêmes raisons, quoique l’utilité…). Et je ne sais pas si les jeunes filles de 16 ans qui ont vu ce film vont subitement se saper en Victoria’s Secret.
- Le public présent pour ce genre de films. Entre les Captain Obvious au rang derrière (« je suis trop sûr que le camion c’est un robot », oui, moi aussi j’ai vu la bande-annonce…) et les gamins à côté qui criaient « t’es trop bonne » à l’envi, j’ai été franchement servi.


Les ‘ni + ni -’, ou ‘+ et - à la fois’, ou les ‘=’ quoi :
- Le départ de Sam Witwicky change les choses et amène du neuf au niveau des relations entre les personnages, finies les sempiternelles problèmes de jeunesse, de parents envahissants et de petites copines difficiles à gérer. Le problème c’est qu’il est remplacé par d’autres clichés : Cade le père seul et protecteur, qui tient à mort à sa fille, qui accepte pas qu’elle ait un petit ami, qui se sacrifierait pour elle etc… splendides poncifs à l’américaine. Auxquels on peut ajouter la famille pauvre menacée d’expulsion, la CIA et ses complots, la firme multinationale qui pense qu’au fric, etc…
- Nicola Peltz est bien moins vulgaire que ses deux prédécesseuses/prédécesseresses, même si ses tenues au début exciteront quelques jeunards n’ayant pas la majorité. Dommage que ce petit changement d’apparat n’ait pas été capitalisé par un personnage intéressant…
- Très peu d’humour typique dans cet opus. M’enfin, vu le niveau affiché dans le précédent opus, on ne va pas s’en plaindre…
- Les nouveaux Autobots ne sont pas très intéressants. Bumblebee fait du Bumblebee. Mais Hound le vieux barbu rattrape tous les autres ! Par contre Lockdown et ses comparses, à part les loups…
- Presque 3 heures, c’est tout de même assez long, surtout que ce genre de film qui poutre finit par fatiguer les yeux et les oreilles. Mais paradoxalement tout est à sa place et on ne sent à aucun moment un effet de remplissage.
- Apprécier ce film sonne comme un retour en enfance. Un peu rétrograde quand même…
- C’est un blockbuster de base, avec les qualités et défauts d’un blockbuster de base. Ce qui pourrait annuler mes paragraphes ‘+’ et ‘-’ et causer la disparition de l’univers en créant une singularité spatio-temporelle soudaine et foudroyante.
- Bon, il est quand même meilleur que le 3. Voire même que le 2. Mais il ne sert vraiment à rien et au final, dans cette saga, seul le 1 s’en sort avec les honneurs…


Voilà, je crois qu’on a fait le tour, et le dernier point au-dessus résume tout. Comparer les opus aux uns et aux autres, c’est tout ce qu’il nous reste à faire, la saga n’évoluant plus et n’osant plus. On change juste les personnages impliqués, et c’est reparti pour un tour. Transformers 4 : L’Âge de l’Extinction, c’est un Transformers de plus, sans plus d’ailleurs. Haters gonna hate mais il est dommage de constater que depuis Transformers, la saga laisse sur la faim et n’a jamais été capable de transformer (hahha) l’essai, qui n’était pas un essai d’ailleurs mais une réussite d’emblée. Transformers 4 : L’Âge de l’Extinction reste sobre par rapport à son immonde prédécesseur, mais trop sobre, trop classique, pas assez explosif et scénaristiquement abyssal. Même en remplaçant Shia LaBeouf par Mark Wahlberg, la saga n’a plus grand-chose à dire, si ce n’est se baser sur encore et toujours les mêmes recettes. J’espère qu’avec le départ de Michael Bay de la réalisation, la donne va changer (on parlait à un moment d’un épisode uniquement avec des Transformers et sans humains, ce que la fin laisse présager, mais honnêtement j’en doute), en l’état Transformers 4 : L’Âge de l’Extinction n’est donc ni le meilleur Transformers, ni le pire, mais est juste un honnête blockbuster estival, souffrant toujours de défauts et de poncifs tout juste compensés par le plaisir de l’action pure. On va donc attendre Lucy (je mets beaucoup d’espoirs là-dedans) ou Les Gardiens de la Galaxie (je n’en attends rien de particulier) pour décerner le véritable prix de film de l’été…
Note : 6.5/10

jeudi 6 mars 2014

Tron : L'héritage

Je pense qu’il n’est plus utile de présenter Tron : L’héritage. Suite du culte Tron sorti en 1982, film qui peut paraître kitsch aujourd’hui mais dont la technique, à l’époque, était impressionnante (en 1982, la souris d’ordinateur n’existait même pas encore…). Tron où l’histoire fantastique d’un informaticien projeté dans un ordinateur. Près de 30 ans après, ce film se sera rappelé au bon souvenir des cinéphiles au moment où fût annoncée sa suite, plutôt attendue et validée (il n’y a que 3 ans, les suites et remakes ne sortaient pas encore à tort et à travers et on y prêtait plus de considération). Suite remarquée particulièrement en France vu que DAFT PUNK en a signé la BO, bien avant ses récompenses avec l’horriblement addictif "Get Lucky". Premier film de Joseph Kosinski qui a continué son petit bonhomme de chemin l’an dernier avec le bien bon Oblivion. Film qui, chose la plus remarquable, se distingue grâce à son univers visuel particulièrement singulier, tranchant très nettement avec le Tron d’origine, pour une remise au goût du jour doublée d’une identité bien personnelle et travaillée, évacuant les accusations de trahison de l’esprit originel grâce à un visuel on ne peut plus réussi (même s’il est très… « trichromatique »). Et Jeff Bridges rempile dans le rôle de Kevin Flynn, doublé d’un clone plus jeune en images de synthèse. Tout était réuni pour faire de Tron : L’héritage une grande réussite. Mais… mais…

En 1989, Kevin Flynn (Jeff Bridges) s’échine à développer la Grille, l’univers parallèle informatique qu’il a intégré par mégarde sept ans auparavant. Il promet à son fils Sam qu’il pourra la visiter un jour. Mais peu après cette promesse, Flynn disparaît sans laisser de traces, laissant son fils orphelin et la société Encom aux mains de dirigeants peu scrupuleux. En 2010, Sam (Garrett Hedlund) a bien grandi et chaque année, fait une blague aux dirigeants d’Encom, entreprise dont il reste l’héritier légitime. Après avoir ainsi perturbé le lancement d’une nouvelle version de l’OS d’Encom, Sam est contacté par Alan Bradley (Bruce Boxleitner), l’ancien comparse de Kevin. Bradley aurait en effet reçu un message de ce dernier sur un vieux bipper. Incrédule, Sam décide toutefois d’aller vérifier par lui-même l’information à la vieille salle de jeux d’arcade. Il trouve l’ordinateur de son père et va se retrouver lui aussi par mégarde propulsé dans la Grille. Sam va bien vite se rendre compte que Kevin a été trahi par Clu, son double qu’il a créé dans le but de créer un monde parfait, mais qui nourrit désormais de sombres desseins…


Sur la forme, Tron : L’héritage est un film tout simplement superbe. Dès le générique de départ, après le discours de Flynn sur la grille qui se termine sur le thème principal concocté par DAFT PUNK, on se laisse emporter dans l’univers visuel et sonore proposé, univers qui a été soigné aux petits oignons. Le film commence vraiment au moment où Sam intègre la grille, sa découverte de l’univers informatique en est d’ailleurs parfaitement jouissive (même si le transfert au laser n’est pas aussi visuellement élaboré que dans Tron). Tron : L’héritage est du genre immersif : c’est qu’on aimerait nous aussi nous retrouver dans cet univers informatique (bon certes, pas dans les conditions dangereuses du film, on est bien d’accord), dans l’ensemble on est comme un gosse, ébahi devant ce magnifique monde de jeu vidéo. De ce point de vue Tron : L’héritage est une réussite totale, costumes, décors et idées diverses, tout est abouti. Certes il faut adhérer à l’environnement colore et sonore proposé, mais si c’est le cas on est vite happé par le film dont le visuel et la musique ne nous lâchent pas de sitôt. A tel point que dès que j’en entends reparler ou dès que je revois quelques images, j’ai une irrépressible envie de revoir ce film, c’est probablement et en ce qui me concerne le film le plus accrocheur sur la forme que j’ai vu ces 10 dernières années. Cet énième visionnage de ma part se sera d’ailleurs fait sur une télé HD avec un bon son, alors que mon dernier visionnage de qualité s’était tout simplement fait lors de la sortie du film au cinéma. Ce visionnage de qualité ne fera d’ailleurs qu’accentuer ma déception, déception qui était d’ailleurs présente dès la fin de la première séance au cinéma. J’ai presque envie d’en chialer tiens, un si beau film si prenant, parfait dans la forme, qui s’est fait saborder par son fond d’une niaiserie absolue, semblant pointer du doigt un responsable tout désigné : Disney.


Certes, Tron était aussi sous la houlette de Disney et qu’on se rassure, possédait une histoire tout aussi niaise que Tron : L’héritage. Mais bon, allez, disons-nous que si le scénario est naze, il y aura au moins de l’action. Et ça y va : à peine Sam plongé dans la Grille, qu’il doit affronter l’épreuve du combat de disques. Puis comme ça suffit pas, on enchaîne dans la foulée avec la fameuse épreuves des motos en arène. Mais passé ça, c’est fini, emballez c’est pesé, pliez les gaules. Si le film démarre vraiment lorsque Sam rentre dans la Grille, on peut dire qu’il se finit lorsque Quorra (Olivia Wilde) vient le tirer du pétrin de l’arène, et à ce moment-là la moitié du film n’est même pas passée. Certes, il reste la poursuite finale dans les airs mais quand vient ce moment, on est déjà dépité et consterné du traitement fait à l’univers et à l’histoire de la Grille, et la tentative de réveiller le tout est donc bien vaine. Et quand peu avant cette poursuite, on a droit à des combats… qu’on ne voit pas (c’est vrai que montrer Sam qui tranche des programmes en les éparpillant en petits morceaux, c’est trop violent pour nos chastes yeux) on se dit qu’on a tout compris au traitement fait à l’histoire de Tron : L’héritage. Passé l’excellent début du film, c’est l’édulcoration pure et simple, bref du pur Disney. Le milieu du film souffre d’atroces longueurs ne servant qu’à balancer des dialogues éculés emplis de bons sentiments dégoulinants, entre les relations père-fils, le peuple opprimé à protéger, et les motivations trop méchantes et grotesques de Clu autoproclamé méchant de service (matérialiser toute une armée de programmes sur Terre ?!). On a même droit à un court laïus culpabilisateur (lorsque Sam explique à son père que le monde actuel n’est que guerre, pauvreté et pollution) particulièrement insupportable. Seuls quelques courts combats et arcs scénaristiques évitent l’ennui profond, alors que les facepalms se multiplient devant tant de niaiserie forcée et caricaturale. Et que dire de la toute fin, triste et prévisible… Si l’on se doute que Tron : L’héritage n’a pas été pensé pour être un film « adulte », on se dit qu’il y avait moyen de faire quelque chose de 1000 fois mieux dans le fond que cette histoire gnangnan à souhait, qui finit par prédominer une fois que l’on est pleinement plongé dans l’univers visuel, qui à un moment n’arrive plus à se suffire à lui-même, hélas… Entre le fond et la forme, Tron : L’héritage est donc d’une inégalité rarement atteinte. C’est beau mais ce n’est pas pour autant qu’il fallait livrer un scénario de bisounours.


Si la réalisation de Joseph Kosinski, le visuel et le son parviennent tant bien que mal à faire pencher la balance, les acteurs vont refaire pencher l’équilibre dans le mauvais sens. Je l’évoquais dans ma critique de RoboCop à propos du premier grand rôle de Joel Kinnaman, balancer Garrett Hedlund en tant que « jeune premier » était risqué et bien évidemment, ça ne prend pas. Son interprétation reste honnête mais son personnage n’a aucun relief. A la limite ce n’est pas très grave, il faut bien un début à tout, c’est surtout pour ceux qui sont loin d’être des « jeunes premiers » que ça se gâte. Jeff Bridges nous ressort un rôle post-Big Lebowski en mode « zen » (c’est le personnage même qui le dit !), cliché et qui ne semble pas du tout correspondre au Kevin Flynn de Tron, dynamique et feu follet. Certes le personnage s’est retrouvé enfermé dans la Grille pendant des cycles et des cycles mais au final, ça tranche de trop et on y croit pas. Clu, son double maléfique qui est campé en motion capture, est également assez moyen, visuellement (j’ai toujours eu un peu de mal avec ce visage trop synthétique) et au niveau de sa personnalité, de même que ses intentions sont exagérées dans les grandes largeurs, mettant à mal l’histoire du film. Après, il n’y a pas beaucoup d’autres personnages, c’est un plaisir de retrouver Bruce Boxleitner et on appréciera la mystique Beau Garrett (Gem) et le fantasque Michael Sheen (Zuse), mais c’est tout. Bon certes, il y a Olivia Wilde… mais c’était l’époque où elle apprenait encore son métier (oui, au début, on ne peut pas dire qu'elle était particulièrement expressive dans ses rôles...) et elle a du mal à transmettre les émotions du personnage de Quorra, personnage qui même s’il a son importance dans l’histoire ne sert un peu à rien au final (l’exemple frappant étant le moment où elle va provoquer Rinzler pour se faire capturer, dans quel but si ce n’est une bête diversion on ne sait pas vraiment…). Preuve supplémentaire que si Tron : L’héritage a été travaillé à la perfection dans la forme, il semble avoir été bâclé dans le fond, étant trop calibré pour rentrer dans le cahier des charges gentil-tout-plein de Disney.


Sur un forum j’avais vu quelqu’un taxer Tron : L’héritage de « nanar éclairé comme l’intérieur d’un frigo », je n’irai pas jusque-là car ce film en vaut quand même largement la peine visuellement. Addictif, immersif et bluffant, l’univers de Tron : L’héritage est sans précédent. Et si le film était tellement nul que ça je ne l’aurai pas reregardé X fois, je continuerai même à le regarder d’ailleurs, je pense que j’aurai du mal à m’en lasser. Car l’univers de la Grille v.2011 est tout bonnement splendide et visuellement, accompagné de plus du son de DAFT PUNK, ce film vaut bien 10/10. Mais voilà, il a fallu que tout le reste créé un incroyable déséquilibre qui fait perdre beaucoup de points à Tron : L’héritage. Et c’est tout de même la déception qui prédomine. En ce qui me concerne la compensation visuelle ne fait que pousser Tron : L’héritage juste au-dessus de la moyenne. De par son manque relatif d’action, de par son casting peu convaincant et de par son histoire d’une niaiserie effarante, Tron : L’héritage est un hallucinant ratage dans le fond, hallucinant de par le contraste avec la forme qui est un aboutissement original et personnel qui a déjà fait date. Probablement le film le plus inégal de tous les temps, et c’est peu dire tant la mise en place d’un univers visuel purement fantastique a accouché d’un film de bisounours qui n’améliorera pas la réputation de Disney pour les films autres que ceux d’animation. A la sortie de mon premier visionnage, je n’ai eu qu’un seul mot pour qualifier Tron : L’héritage, mot qui est encore en vigueur trois ans plus tard : GÂCHIS !
Note : 6/10