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jeudi 6 mars 2014

Tron : L'héritage

Je pense qu’il n’est plus utile de présenter Tron : L’héritage. Suite du culte Tron sorti en 1982, film qui peut paraître kitsch aujourd’hui mais dont la technique, à l’époque, était impressionnante (en 1982, la souris d’ordinateur n’existait même pas encore…). Tron où l’histoire fantastique d’un informaticien projeté dans un ordinateur. Près de 30 ans après, ce film se sera rappelé au bon souvenir des cinéphiles au moment où fût annoncée sa suite, plutôt attendue et validée (il n’y a que 3 ans, les suites et remakes ne sortaient pas encore à tort et à travers et on y prêtait plus de considération). Suite remarquée particulièrement en France vu que DAFT PUNK en a signé la BO, bien avant ses récompenses avec l’horriblement addictif "Get Lucky". Premier film de Joseph Kosinski qui a continué son petit bonhomme de chemin l’an dernier avec le bien bon Oblivion. Film qui, chose la plus remarquable, se distingue grâce à son univers visuel particulièrement singulier, tranchant très nettement avec le Tron d’origine, pour une remise au goût du jour doublée d’une identité bien personnelle et travaillée, évacuant les accusations de trahison de l’esprit originel grâce à un visuel on ne peut plus réussi (même s’il est très… « trichromatique »). Et Jeff Bridges rempile dans le rôle de Kevin Flynn, doublé d’un clone plus jeune en images de synthèse. Tout était réuni pour faire de Tron : L’héritage une grande réussite. Mais… mais…

En 1989, Kevin Flynn (Jeff Bridges) s’échine à développer la Grille, l’univers parallèle informatique qu’il a intégré par mégarde sept ans auparavant. Il promet à son fils Sam qu’il pourra la visiter un jour. Mais peu après cette promesse, Flynn disparaît sans laisser de traces, laissant son fils orphelin et la société Encom aux mains de dirigeants peu scrupuleux. En 2010, Sam (Garrett Hedlund) a bien grandi et chaque année, fait une blague aux dirigeants d’Encom, entreprise dont il reste l’héritier légitime. Après avoir ainsi perturbé le lancement d’une nouvelle version de l’OS d’Encom, Sam est contacté par Alan Bradley (Bruce Boxleitner), l’ancien comparse de Kevin. Bradley aurait en effet reçu un message de ce dernier sur un vieux bipper. Incrédule, Sam décide toutefois d’aller vérifier par lui-même l’information à la vieille salle de jeux d’arcade. Il trouve l’ordinateur de son père et va se retrouver lui aussi par mégarde propulsé dans la Grille. Sam va bien vite se rendre compte que Kevin a été trahi par Clu, son double qu’il a créé dans le but de créer un monde parfait, mais qui nourrit désormais de sombres desseins…


Sur la forme, Tron : L’héritage est un film tout simplement superbe. Dès le générique de départ, après le discours de Flynn sur la grille qui se termine sur le thème principal concocté par DAFT PUNK, on se laisse emporter dans l’univers visuel et sonore proposé, univers qui a été soigné aux petits oignons. Le film commence vraiment au moment où Sam intègre la grille, sa découverte de l’univers informatique en est d’ailleurs parfaitement jouissive (même si le transfert au laser n’est pas aussi visuellement élaboré que dans Tron). Tron : L’héritage est du genre immersif : c’est qu’on aimerait nous aussi nous retrouver dans cet univers informatique (bon certes, pas dans les conditions dangereuses du film, on est bien d’accord), dans l’ensemble on est comme un gosse, ébahi devant ce magnifique monde de jeu vidéo. De ce point de vue Tron : L’héritage est une réussite totale, costumes, décors et idées diverses, tout est abouti. Certes il faut adhérer à l’environnement colore et sonore proposé, mais si c’est le cas on est vite happé par le film dont le visuel et la musique ne nous lâchent pas de sitôt. A tel point que dès que j’en entends reparler ou dès que je revois quelques images, j’ai une irrépressible envie de revoir ce film, c’est probablement et en ce qui me concerne le film le plus accrocheur sur la forme que j’ai vu ces 10 dernières années. Cet énième visionnage de ma part se sera d’ailleurs fait sur une télé HD avec un bon son, alors que mon dernier visionnage de qualité s’était tout simplement fait lors de la sortie du film au cinéma. Ce visionnage de qualité ne fera d’ailleurs qu’accentuer ma déception, déception qui était d’ailleurs présente dès la fin de la première séance au cinéma. J’ai presque envie d’en chialer tiens, un si beau film si prenant, parfait dans la forme, qui s’est fait saborder par son fond d’une niaiserie absolue, semblant pointer du doigt un responsable tout désigné : Disney.


Certes, Tron était aussi sous la houlette de Disney et qu’on se rassure, possédait une histoire tout aussi niaise que Tron : L’héritage. Mais bon, allez, disons-nous que si le scénario est naze, il y aura au moins de l’action. Et ça y va : à peine Sam plongé dans la Grille, qu’il doit affronter l’épreuve du combat de disques. Puis comme ça suffit pas, on enchaîne dans la foulée avec la fameuse épreuves des motos en arène. Mais passé ça, c’est fini, emballez c’est pesé, pliez les gaules. Si le film démarre vraiment lorsque Sam rentre dans la Grille, on peut dire qu’il se finit lorsque Quorra (Olivia Wilde) vient le tirer du pétrin de l’arène, et à ce moment-là la moitié du film n’est même pas passée. Certes, il reste la poursuite finale dans les airs mais quand vient ce moment, on est déjà dépité et consterné du traitement fait à l’univers et à l’histoire de la Grille, et la tentative de réveiller le tout est donc bien vaine. Et quand peu avant cette poursuite, on a droit à des combats… qu’on ne voit pas (c’est vrai que montrer Sam qui tranche des programmes en les éparpillant en petits morceaux, c’est trop violent pour nos chastes yeux) on se dit qu’on a tout compris au traitement fait à l’histoire de Tron : L’héritage. Passé l’excellent début du film, c’est l’édulcoration pure et simple, bref du pur Disney. Le milieu du film souffre d’atroces longueurs ne servant qu’à balancer des dialogues éculés emplis de bons sentiments dégoulinants, entre les relations père-fils, le peuple opprimé à protéger, et les motivations trop méchantes et grotesques de Clu autoproclamé méchant de service (matérialiser toute une armée de programmes sur Terre ?!). On a même droit à un court laïus culpabilisateur (lorsque Sam explique à son père que le monde actuel n’est que guerre, pauvreté et pollution) particulièrement insupportable. Seuls quelques courts combats et arcs scénaristiques évitent l’ennui profond, alors que les facepalms se multiplient devant tant de niaiserie forcée et caricaturale. Et que dire de la toute fin, triste et prévisible… Si l’on se doute que Tron : L’héritage n’a pas été pensé pour être un film « adulte », on se dit qu’il y avait moyen de faire quelque chose de 1000 fois mieux dans le fond que cette histoire gnangnan à souhait, qui finit par prédominer une fois que l’on est pleinement plongé dans l’univers visuel, qui à un moment n’arrive plus à se suffire à lui-même, hélas… Entre le fond et la forme, Tron : L’héritage est donc d’une inégalité rarement atteinte. C’est beau mais ce n’est pas pour autant qu’il fallait livrer un scénario de bisounours.


Si la réalisation de Joseph Kosinski, le visuel et le son parviennent tant bien que mal à faire pencher la balance, les acteurs vont refaire pencher l’équilibre dans le mauvais sens. Je l’évoquais dans ma critique de RoboCop à propos du premier grand rôle de Joel Kinnaman, balancer Garrett Hedlund en tant que « jeune premier » était risqué et bien évidemment, ça ne prend pas. Son interprétation reste honnête mais son personnage n’a aucun relief. A la limite ce n’est pas très grave, il faut bien un début à tout, c’est surtout pour ceux qui sont loin d’être des « jeunes premiers » que ça se gâte. Jeff Bridges nous ressort un rôle post-Big Lebowski en mode « zen » (c’est le personnage même qui le dit !), cliché et qui ne semble pas du tout correspondre au Kevin Flynn de Tron, dynamique et feu follet. Certes le personnage s’est retrouvé enfermé dans la Grille pendant des cycles et des cycles mais au final, ça tranche de trop et on y croit pas. Clu, son double maléfique qui est campé en motion capture, est également assez moyen, visuellement (j’ai toujours eu un peu de mal avec ce visage trop synthétique) et au niveau de sa personnalité, de même que ses intentions sont exagérées dans les grandes largeurs, mettant à mal l’histoire du film. Après, il n’y a pas beaucoup d’autres personnages, c’est un plaisir de retrouver Bruce Boxleitner et on appréciera la mystique Beau Garrett (Gem) et le fantasque Michael Sheen (Zuse), mais c’est tout. Bon certes, il y a Olivia Wilde… mais c’était l’époque où elle apprenait encore son métier (oui, au début, on ne peut pas dire qu'elle était particulièrement expressive dans ses rôles...) et elle a du mal à transmettre les émotions du personnage de Quorra, personnage qui même s’il a son importance dans l’histoire ne sert un peu à rien au final (l’exemple frappant étant le moment où elle va provoquer Rinzler pour se faire capturer, dans quel but si ce n’est une bête diversion on ne sait pas vraiment…). Preuve supplémentaire que si Tron : L’héritage a été travaillé à la perfection dans la forme, il semble avoir été bâclé dans le fond, étant trop calibré pour rentrer dans le cahier des charges gentil-tout-plein de Disney.


Sur un forum j’avais vu quelqu’un taxer Tron : L’héritage de « nanar éclairé comme l’intérieur d’un frigo », je n’irai pas jusque-là car ce film en vaut quand même largement la peine visuellement. Addictif, immersif et bluffant, l’univers de Tron : L’héritage est sans précédent. Et si le film était tellement nul que ça je ne l’aurai pas reregardé X fois, je continuerai même à le regarder d’ailleurs, je pense que j’aurai du mal à m’en lasser. Car l’univers de la Grille v.2011 est tout bonnement splendide et visuellement, accompagné de plus du son de DAFT PUNK, ce film vaut bien 10/10. Mais voilà, il a fallu que tout le reste créé un incroyable déséquilibre qui fait perdre beaucoup de points à Tron : L’héritage. Et c’est tout de même la déception qui prédomine. En ce qui me concerne la compensation visuelle ne fait que pousser Tron : L’héritage juste au-dessus de la moyenne. De par son manque relatif d’action, de par son casting peu convaincant et de par son histoire d’une niaiserie effarante, Tron : L’héritage est un hallucinant ratage dans le fond, hallucinant de par le contraste avec la forme qui est un aboutissement original et personnel qui a déjà fait date. Probablement le film le plus inégal de tous les temps, et c’est peu dire tant la mise en place d’un univers visuel purement fantastique a accouché d’un film de bisounours qui n’améliorera pas la réputation de Disney pour les films autres que ceux d’animation. A la sortie de mon premier visionnage, je n’ai eu qu’un seul mot pour qualifier Tron : L’héritage, mot qui est encore en vigueur trois ans plus tard : GÂCHIS !
Note : 6/10

mardi 17 décembre 2013

Kritik Express : Compil#2

Avoir 50 likes c'est un événement pour facebook, il change l'interface d'administration de la page, il y a plein de stats et tout et tout. 50 likes dont 0 achetés (sauf ceux à qui j'ai promis des bisous, peut-être), excusez du peu! Un chiffre mirobolant qui ne demande qu'à dépasser des records, aussi n'hésitez pas à faire circuler ce blog et la page facebook à vos amis, et à vous faux amis aussi, c'est toujours ça de pris. Et si vous connaissez des forums ou groupes facebook qui acceptent le spamming d'articles sans vergogne, vous savez où me trouver. Ce n'est pas pour flatter mon ego, c'est pour faire un minimum tourner ce que j'écris. Mais pourquoi diable donner dans la putasserie sociale et suivre une page facebook, donner dans le "like, comment & share" cliché au possible, alors que pour les plus g33k d'entre nous une souscription RSS suffit? Parce que ladite page facebook complète ce blog à l'aide de petits commentaires "à la volée" que j'ai baptisés [Kritik Express]. Parce que je suis gentil, voilà une nouvelle compilation de toutes ces micro-critiques postées depuis quelques mois. (retrouvez la Compil#1 ici)

Le Hobbit - La désolation de Smaug : Au final il n'y a pas tellement de choses à dire dessus. Il me sera difficile de dire s'il est meilleur (ou moins bon) que le 1, le plaisir pris est similaire et certaines scènes sont finalement assez proches. Ce qui est sûr c'est que malgré sa longueur, on ne voit pas le temps passer, ce qui est un peu la marque des grands. La descente du fleuve est hénaurme, de même que toute la fin avec Smaug. Martin Freeman campe enfin un Bilbo très en vue, bien plus que dans le premier. Bien sûr il reste quelques personnages sous-exploités ou d'autres qui ne servent à rien (Thauriel...), et le côté 'pompeux' inhérent à la saga Tolkien est toujours très présent, ce qui fait que je ne suis pas un énorme fan du SDA/Hobbit de toute manière... Mais même si parfois trop d'effets spéciaux tuent les effets spéciaux, ce Hobbit 2 assure le grand spectacle 'epic' made in Tolkien, et c'est tout ce qui compte finalement. 8/10.

Basic : Une enquête dans le milieu des bidasses qui se révèle être très prenante, bien montée et réserve des coups de théâtre efficaces, même s'il faut suivre et ne pas perdre une miette de ce qui se dit. Dommage que le tout soit un peu gâché par un dernier twist un peu vague, confus et expéditif alors que l'ensemble de l'intrigue s'était parfaitement goupillée.

The Dark Knight Rises : Ce film aurait pu être la perfection absolue sans son interminable intro de plus d'une heure bourrée de dialogues aussi inutiles qu'indigents.

La Stratégie Ender : Je n'ai jamais lu le bouquin, dont j'ignorais d'ailleurs l'existence jusqu'à l'annonce du film. Mais j'ai été enthousiasmé dès les premières images (qui bougent) et au final, en ce qui me concerne ce film est excellent. Portant bien son nom (français), il tranche avec ce qui se fait en SF/anticipation et délaisse l'action (tout de même gardée pour la fin) pour se concentrer sur le personnage d'Ender, son côté ultra-malin et ses actions. Dommage que son évolution, qui doit être le centre du bouquin je suppose, se fait trop vite, mais il fallait bien que ça tienne en deux heures... Le film n'évite pas les clichés (personnages, rebondissements) et est un peu trop 'ado' parfois, mais le scénario et les dialogues sont parfaitement ciselés, et surtout les images sont très belles et variées. On pensera à Battlestar Galactica (c'est même presque une version 'avec enfants' de la série), Metroid, Les Chroniques de Riddick et plein d'autres choses, mais même si l'originalité n'est pas forcément de mise le plaisir est au rendez-vous. Notons enfin que les acteurs sont très bons, notamment Asa Butterfield tout en retenue qui campe le personnage complexe d'Ender à la perfection. Seule la toute fin est de trop mais le film est très convaincant et attachant, malin et bien mené, et bien fait donc tout ceci fait que c'est pour moi une des réussites de l'année sans qu'il ne soit exceptionnel. 8.5/10.

La Clinique de l’Amour : L'ultime long-métrage d'Artus De Penguern ne se hisse pas au niveau de Grégoire Moulin contre l'humanité mais est tout de même une perle. Sous ses faux airs de parodie de soap hospitalier, De Penguern balance son humour ravageur, mi-absurde et plein de rebondissements, avec un comique de situation qui fait mouche à chaque fois. Artus De Penguern avait vraiment sa propre patte et se plaçait bien au-dessus de toutes les autres comédies françaises qui tombent trop souvent à plat, avec lui ça a toujours été énorme et ses œuvres ont été bien trop sous-estimées. RIP!

No Pain No Gain : Je l'ai trouvé un peu long et bavard surtout que le sujet n'est pas très original. Mais ce sont bien les deux seuls défauts de ce film ultra-percutant et résolument drôle, avec des dialogues ciselés, des gags qui font mouche (la ceinture de sécurité!) et des acteurs savoureux à faire les idiots bodybuildés. Ça prend son temps pour se barrer en couille, mais il vaut vraiment le coup d'être vu dans le genre comédie noire de kidnapping qui tourne mal.

Captain America - First Avenger : Bon dans l'ensemble, mais finalement assez simpliste. De bons trucs mais les scènes d'action sont tellement exagérées qu'il est difficile de déterminer le degré de visionnage (est-ce pour la bravoure de Captain America? caricaturée et mise en avant volontairement?). Ça reste donc un Avenger mineur et peut-être le film le plus faible de la saga (quoique, Thor...)

Abraham Lincoln - Chasseur de Vampires : Oui l'histoire est trop fantaisiste et premier degré, et nous bassine parfois trop avec l'histoire américaine. Mais au moins les scènes d'action envoient du bois! Bekmambetov est en réussite dans ce domaine et c'est l'essentiel.

Jason Bourne - L’Héritage : Un revisionnage qui ne changera pas ma première impression au ciné : un opus en grande demi-teinte. Il faut vraiment avoir revu la trilogie peu avant pour suivre le début qui balance toute l'intrigue de base en un gros paquet informe. Heureusement, tout est vite mis de côté pour une nouvelle intrigue autour d'Aaron Cross, mais qui est somme toute banale, avec des scènes d'action déjà vues et un scénario qui accumule les trous. Seul le charisme de Jeremy Renner (quels combats! et il y en a trop peu) parvient à sauver l'ensemble. J'espère que la série se rattrapera pour une (éventuelle) suite, car il y a du potentiel mais ce film est plutôt raté et décevant.

Voisins du 3ème type : Je dois devenir vieux, mais l'humour en-dessous de la ceinture de Stiller/Vaughn, je peux plus. Surtout quand ça devient prévisible et que ça gâche les bonnes idées du film.

The Incredible Burt Wonderstone : pas la comédie de l'année mais bien sympathique et drôle sur un sujet original, même si on oscille entre scènes hilarantes et trucs plus grotesques, le tout avec un scénario en mousse (bien évidemment). mais c'est cool. Et il y a Nicole, pardon Olivia.

The Raid Redemption (ou Le Commando) : Expendales version indonésienne avec plein d'indonésiens qui maîtrisent le combat et qui sont plus increvables que John McClane. Bien réalisé mais trop de bagarres tuent les bagarres et scénarios et dialogues sont trop mononeurones pour être crédibles...


[Dernière minute] Quantum Of Solace : Je suis loin d’être exhaustif concernant les Bond, mais celui-ci c’est de loin le moins bon que j’ai vu (oui, j’aime bien la période Brosnan, n’en déplaise aux puristes, et oui je suis prévisible). Le scénario est mal arrangé avec de gros trous, le méchant est nul, les scènes d’action peu palpitantes… C’est vraiment un Bond mineur, uniquement là pour clore l’histoire de Casino Royale. Heureusement que la saga s’est rattrapée avec un Skyfall bien plus ambitieux.

dimanche 30 juin 2013

Kritik Express : Compil#1

Ceux qui suivent la page facebook du blog (ils sont peu, ils doivent être au courant) savent que je balance de temps à autre des commentaires dits « Kritik Express » à la volée sur les films vus, dont je ne vais pas m’amuser à faire une critique complète en 5 paragraphes. Histoire que ces commentaires ne soient pas perdus dans les limbes du journal facebook, je me suis dit qu’il pouvait être opportun de les regrouper de temps à autre. Donc voici ci-dessous la première compilation des « Kritik Express » du Fauteuil Noir (oui, avec un grand F et un grand N).

Star Trek - Into Darkness : Exceptionnellement, pas de critique sur le blog car je n'ai guère le temps d'écrire des pavés en ce moment. Surtout qu'il n'y a finalement pas grand-chose à dire dessus. On reprend les mêmes personnages (avec leurs personnalités propres : Spock le procédurier, Bones le nerveux, Kirk l'explosif, Scotty le facétieux...) et la même réalisation (avec le même jeu de lumière et les mêmes décors) pour une nouvelle histoire. Moins tordue que le premier opus de ce reboot, mais pas dénuée d'intérêt, même si l'on peut trouver ça trop simpliste et paradoxalement nébuleux par moments. Cumberbatch n'est pas si charismatique que prévu (il assure son rôle, tout de même), et se fait même temporairement voler la vedette par Peter Weller (l'amiral Marcus). Et l'histoire n'est pas si sombre que ça en fin de compte, en tout cas rien qui ne justifie le synopsis un brin philosophique présenté par les médias. Comme prévu les scènes d'action sont à couper le souffle, et même s'il faut adhérer à l'univers Star Trek (surtout son visuel) de ce côté le contrat est aisément rempli. De la très bonne science-fiction, pas exceptionnelle dans l'absolu mais Star Trek - Into Darkness est au minimum plaisant et surtout très bien fait, du visuel en passant par les personnages et leurs relations, il est juste dommage que le scénario ne soit pas si étoffé que ça et que finalement, c'est juste un "2", mais qui vaut largement la peine d'être vu. 7.5/10.

L’Empire des Ombres : Peut paraître creux, mais est finalement plutôt prenant. Bien mieux que The Darkest Hour dans un registre similaire. Après la morale de l'histoire, mouaifff...

Lock Out : Je l'avais vu au cinoche avec la mention "bien sans plus". Mais à la r'voyure, il est vraiment bon ce film! Un pitch classique mais beaucoup d'autodérision, de répliques àlakon percutantes et un Guy Pearce excellent dans un film nerveux. Dans le registre spatial/action et "film à têtes à claques", Lock-Out excelle. Finalement c'est une des meilleures prods Besson de ces dernières années (ce qui n'est pas bien difficile, mais soit). Par contre, je n'ai pas trouvé confirmation, mais je suis quasi-persuadé que Ian Holm fait un caméo en tant que pilote de vaisseau d'attaque vers la fin du film...

Rien à Déclarer : A la base je voulais faire une vanne belge en disant qu'on ne rit guère qu'"une fois", bon en fait c'est très poussif au début mais ça devient plutôt marrant au fur et à mesure. Sympathique à regarder un dimanche en famille mais ça va pas plus loin (je passe l'éponge sur les bons sentiments et l'histoire d'amour, c'est le contexte en même temps...). Je le mets au même niveau que les cht'is, ni plus ni moins drôle. Sinon Julie Bernard est très mignonne.

Battleship : Oh ça va encore, il est plutôt sympa. Mais il est trop... américain en somme. Et Taylor Kitsch a vraiment une pure tête à claques... Par contre Rihanna s'en sort bien.

Cold Blood : Un thriller dans la neige trop lent et avec des lourdeurs (la romance avec Olivia Wilde qui se fait tringler dans le motel, franchement...), heureusement la fin avec un Eric Bana exceptionnel dans le rôle du psychopathe à baffer sauve l'ensemble, mais le film n'en demeure pas moins insignifiant.

Sans Identité : Bon dans l'ensemble, mais les rebondissements fracassants en fin de film sonnent plus de façon "bon, faut qu'on trouve une explication, même bien tordue et sortie de nulle part". Par contre après avoir vu les 2 Taken ça fait bizarre de ne pas voir Liam Neeson frapper et flinguer tout le monde.

Love & Secrets : Je m'attendais pas à ça, en fait c'est pas ma came. Un pseudo-thriller poussif au début, très noir au milieu, presque WTF à la fin. C'est bien raconté et interprété mais j'ai pas adhéré. Et en fait j'aime pas Ryan Gosling.

Source Code : Déjà vu au ciné, donc l'histoire est connue, mais ce film reste passionnant et excellent en tout points. Pas d'effets spéciaux de partout, un bon scénario tordu mais compréhensible, un Jake Gylenhaal parfait. Duncan Jones est un génie.

GI Joe - Le Réveil du Cobra : Il vieillit un peu (enfin, si NT1 était diffusé en HD aussi...), mais ça reste un modèle de film de destruction massive. Toute la séquence de Paris est jouissive et anthologique. On attend la suite maintenant, sans les 3/4 des personnages présents dans le premier volet...

Top Cops : Une comédie policière insignifiante et un peu lourdingue. Bruce Willis s'amuse, tant mieux pour lui...

Kill Bobby Z (aka The Death And Life Of Bobby Z) : Euh non c'est juste pas possible là. Acteurs mal dirigés, dialogues plats avec un tas de blancs, pas dynamique du tout hormis 2-3 soubresauts, combats corégraphiés à l'arrache, scénario étriqué avec des pseudos-rebondissements... Beau casting (avec devinez qui) mais pas grand-chose à en sauver au bout.

Insomnia (de Christopher Nolan) : Bien ficelé, bien fait, bien joué, mais c'est finalement un polar assez banal. Je m'attendais à quelque chose de plus tordu et/ou psycho.


Le Transporteur : En comparaison avec la série récente (inégale mais avec quelques bonnes choses), ce film a plutôt mal vieilli, même si ça reste le moins WTF. Reste Jason Tatane qui Tatane et une dernière partie de film qui met la gomme niveau castagne et autres scènes spectaculaires.

mardi 12 mars 2013

Butter

« Olivia Wilde plays a stripper ». Voilà une courte critique que l’on peut trouver sur RYM pour ce film, et c’est déjà un bon argument de visionnage. En rédiger une critique va donc être l’occasion pour moi d’inaugurer le libellé « film avec Olivia Wilde ». Mais ma crevardise me perdra un jour. Ça avait d’ailleurs été le cas pour Captivity, cette affreuse bouse que j’avais regardé juste parce qu’il y avait dedans ma muse de l’époque, Elisha Cuthbert (c’était le bon vieux temps…). Ici, le registre est un brin différent. Butter ? Oui car il va bien être question… de beurre. On connaît le goût de l’Amérique profonde pour les concours de beauté en tout genre, comme on peut en voir sur l’émission Reportages de TF1 ou à l’occasion de quelques films, Little Miss Sunshine en tête. Ici, nous allons donc plonger dans le pays de Slipknot, en Iowa, pour suivre les pérégrinations de divers personnages autour de compétitions de sculptures sur beurre. Le pitch est déjà bien WTF, et Butter s’annonce comme un film particulièrement satirique qui dynamite les « rednecks ». Avec Olivia Wilde qui joue une strip-teaseuse. Bref, une curiosité qui ne demande qu’à être analysée, même si nous sommes en plein dans le genre comédie sans prise de tête, surtout pour les européens…

Bob Pickler (Ty Burell) est, depuis 15 ans, le roi incontesté de la sculpture sur beurre en Iowa, ce qui fait la fierté de sa femme épousée en secondes noces, Laura (Jennifer Garner). Mais à la suite d’une exposition à sa gloire, Bob apprend que les responsables de l’association dont il dépend souhaiteraient qu’il « passe la main » après tant d’années de bons et loyaux services. Si Bob s’y résout, ce n’est pas le cas de sa femme qui est scandalisée. Alors que Laura entreprend de participer elle-même au prochain concours de sculpture à la place de son mari, celui-ci, blasé par une dispute, se compromet dans les bras de la strip-teaseuse Brooke (Olivia Wilde). Laura va donc se retrouver engagée dans une compétition bien difficile, avec comme adversaires Carol-Ann (Kristen Schaal) une fan des œuvres de Bob qui débute dans l’art sculptural, une Brooke bien décidée à embêter la famille Pickler pour récupérer ses 600$ de services sexuels, et surtout la redoutable Destiny (Yara Shahidi), orpheline afro-américaine de 10 ans qui après avoir vogué de famille d’accueil en famille d’accueil, s’est posée chez les Emmet (Rob Corddry & Alicia Silverstone). Jusqu’au-boutiste, Laura va donc faire voler en éclats sa famille bien rangée pour remporter à tout prix la compétition « du comté de Johnson », se servant de Boyd (Hugh Jackman), un ancien amour de lycée, tandis que sa belle-fille rebelle Kaitlen (Ashley Greene) va prendre la délurée Brooke comme modèle…

« Bob, je vais monter sur ta voiture, et je vais chier dessus »

Comme prévu, cette comédie à tendance satirique va donc mitrailler un à un tous les poncifs de la famille américaine rurale. Famille, racisme, religion, adoption, adultère, histoire des Etats-Unis, tout y passe dans un joyeux bordel construit autour de cette histoire improbable mais traitée de manière (presque) tout à fait réaliste. Toute cette histoire de compétition de sculpture sur beurre n’est donc qu’un prétexte, bien qu’au centre de tout, pour suivre les pérégrinations de la famille Pickler qui part en lambeaux, contrastant avec l’ascension de Destiny. Butter aligne donc les diverses situations incongrues, ponctuées par des répliques souvent cinglantes. Et le film n’est pas avare en situations hilarantes, notamment cette scène improbable où Destiny et son père adoptif Ethan se demandent, en forme de thérapie pour se rassurer, ce qu’il « pourrait arriver de pire », comme une invasion de ninjas racistes par exemple, et bien d’autres choses dont on aura même droit à quelques bonus dans le bêtisier en fin de film. On notera aussi la scène où Hugh Jackman remercie Dieu dans sa Camaro jaune pour une raison bien particulière, ou encore le préambule des aventures de Destiny chez ses familles d’accueil étranges. Pour une comédie, Butter n’a quasiment aucun temps mort et chaque passage est prétexte à quelques rires plus ou moins appuyés. Mieux encore, après une « rupture » dans le scénario à la moitié du film, Butter va prendre une tournure carrément trash ponctuée par une scénette d’amour lesbien entre Ashley Greene et Olivia Wilde (*bave*) (mais elles ne sont pas à oilpé pour autant). Mais l’histoire va suivre son cours jusqu’à, malheureusement, se clôturer par une fin gentillette qui ne va pas jusqu’au bout de la satire initiale. C’est dommage et Butter reste donc une comédie « américaine » qui se termine dans les bons sentiments, heureusement on aura eu l’occasion de s’esclaffer bien avant cette fin en eau de boudin.

Une telle comédie est l’occasion de mettre en valeur ses acteurs et pour le coup, ça sera un carton plein. Jennifer Garner est parfaite dans ce rôle de ménagère prête à tout pour garder sa fierté et sa pseudo-gloire, quitte à arnaquer tout le monde et à abuser de mauvaise foi. La jeune Yara Shahidi est également parfaite dans son personnage de jeune orpheline bien mature. Son père adoptif joué par Rob Corddry est également excellent. Ty Burell est assez effacé dans son rôle de mari blasé en retrait des affaires, et c’est sa fille encore plus blasée (Ashley Greene) qui va tirer son épingle du jeu. Hugh Jackman, totalement inattendu dans son rôle d’idiot fini, est juste énormissime même si sa présence est assez limitée. Reste donc Olivia Wilde. Et même si l’importance de son personnage est cantonnée à la première partie du film, elle est sexy en diable (tatoos, poom-poom short et talons à l’appui) et se lâche dans son rôle de stripteaseuse à demi écervelée jusqu’au-boutiste et ultra-provocatrice. Et la réalisation de Jim Field Smith, impersonnelle au possible (en même temps pour ce genre de film on s’en fout un peu, même si de la folie à la Edgar Wright aurait rendu l’ensemble encore plus dynamique), parvient à mettre magnifiquement en valeur le bleu profond de ses yeux. Râââh lovely.

Au final, Butter brosse bien une peinture au vitriol de l’amérique profonde. Mais c’est dommage que le film n’aille pas au bout de son sujet, contrairement à la mentalité de ses personnages, et ne pousse pas plus le côté trash entrevu en seconde partie de film. Tout est relatif et nous n’avons pas ici affaire à une comédie à l’humour graveleux type frères Farrelly (rien à voir par exemple avec un Echange Standard –dont on va très bientôt reparler ici-). Une comédie donc un brin satirique, sans réel style, souvent incongrue mais pas totalement absurde, qui remplit juste le minimum syndical de son « message ». Pour le reste, on rit souvent et les acteurs sont excellents, ce qui fait que Butter fait au moins passer un bon moment. C’est déjà ça de pris et sans être une grosse surprise, Butter est une bonne petite comédie américaine pour se détendre et se moquer gentiment de nos amis des states.
Note : 7/10