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dimanche 20 juillet 2014

Transformers 4 : L'Âge de l'Extinction


Qu’on ne présente plus. Et en 2014, que la tradition de la trilogie au cinéma n’existe plus, ça n’étonne plus personne. Tant que ça marche, on continue. Tous les 2/3 ans, et de préférence l’été, on a le droit à un nouveau Transformers. Toujours par Michael Bay. Toujours avec Shia LaBeo… ah non, lui ne rempile pas, ce qui devrait déjà amener un peu de nouveauté. De la nouveauté, la franchise Transformers en avait bien besoin. La saga était déjà usée à partir de Transformers 2 : La Revanche, ce qui est quand même un comble après un Transformers si efficace. C’est seulement ce premier film de la saga qui en vaut la peine d’ailleurs. Transformers 3 : La Face Cachée de la Lune était une purge doublée d’une autocaricature où tout, absolument tout (‘humour’, action, scénario, personnages) était exagéré au possible. Au choix, il fallait donc arrêter le massacre ou essayer de rattraper le coup, Michael Bay a donc opté pour la seconde solution. Pour une seconde jeunesse avec à la clé une nouvelle trilogie ? Vu les recettes outre-Atlantique (malgré des critiques loin d’être dithyrambiques), il n’y a pas de raison que ça s’arrête… Voilà donc le ‘4’, Transformers 4 : L’Âge de l’Extinction. Avec des nouveaux camarades de jeu, à part quelques Autobots le casting a été totalement purgé. Mais pour le reste, oui, c’est toujours la même chose. Des robots, de l’humour, du cinoche commercial à l’américaine, de l’émotion (*sniff*) et LA MANETTE MICHAEL BAY : EXPLOSION, DESTRUCTION, BADABOUM.

Après les évènements de Chicago, le gouvernement américain encourage la population à se méfier des derniers robots aliens subsistant sur Terre. Même les Autobots sont traqués jusqu’au dernier. En effet, l’agent de la CIA Attinger (Kelsey Grammer) a fait de l’éradication des robots une affaire personnelle pour protéger coûte que coûte son pays, et quels qu’en soient les moyens. Il a donc décidé de faire appel à une autre caste de robots aliens, menés par Lockdown, qui veulent faire cesser les querelles entre robots dont celles entre Autobots et Decepticons… Optimus Prime, endommagé après un combat âpre, s’est réfugié au fin fond du Texas sous la forme d’un camion délabré, tentant de communiquer avec les derniers Autobots présents sur Terre. Il est recueilli par hasard par Cade Yeager (Mark Wahlberg), un ingénieur en robotique fauché qui bricole dans son hangar, élevant tant bien que mal sa fille Tessa (Nicola Peltz). Et quand Optimus Prime est remis en état de marche, tout s’emballe et la famille de Cade et les Autobots restants vont devoir fuir et combattre robots de Lockdown et hommes d’Attinger, ainsi que les nouveaux robots créés par l’entreprise de Joshua Joyce (Stanley Tucci)…


Bon,
Comme Transformers est une saga suffisamment connue qui ne nécessite plus d’en faire des tartines, et que j’ai été inspiré dans mon manque d’inspiration par une autre critique sur RYM, cette fois-ci on va donner dans la critique en forme de ‘+’ et de ‘-’ :

Les ‘+’ :
- On critique on critique mais on va le voir quand même. C’est toujours du bon spectacle fait pour être regardé sur un écran de cinéma avec un son de cinéma, et on se laisse prendre au jeu.
- Les effets spéciaux sont irréprochables. L’animation des robots atteint un certain niveau de perfection. Et les explosions envoient du bois, comme d'hab.
- Joshua Joyce (Stanley Tucci) succède à Simmons (John Turturro) dans le rôle du personnage nerveux et excentrique. Le second s’essoufflait, le premier prend donc le relai avec brio. Certes il fait surtout du ‘Stanley Tucci’ mais ça fonctionne assez bien, surtout que le personnage aura des relations complexes avec les autres, passant dans différents camps…
- Autre rôle intéressant, celui de Shane (Jack Reynor) qui campe le petit ami « interdit » de Tessa. Un personnage comique de manière inattendue, beau gosse jouant les durs qui se révèle être un gros couard de première, faisant écho au personnage de Sam Witwicky…
- Les amateurs de belles cylindrées apprécieront les nombreux modèles présentés dans cet opus…
- Plus de bidasses. Prends ça, Godzilla !
- Je cherche encore d’autres ‘+’, j’en ai pas assez. Si j’en ai trouvé d’ici la publication de cet article cette ligne devrait disparaître. Si elle est toujours là c’est que ma foi…


Les ‘-’ :
- Un scénario ? C’est quoi ?
- Nouvel épisode de « Michael Bay revisite l'histoire » : après les premiers pas sur la Lune, c'est l'extinction des dinosaures qui y passe.
- On a connu un Michael Bay plus inspiré au niveau de la destruction massive. Là ça pète mais c’est tout. Tout ce qui dépote est dans la bande-annonce en fait. Pas de scène épique comme celles du 1 où l’effondrement hallucinant de l’immeuble dans le 3. Diantre !
- Mark Wahlberg, depuis que je l’ai vu dans No Pain No Gain, je ne peux m’empêcher de le considérer comme passablement débile. Le comportement stéréotypé de son personnage dans ce Transformers 4 ne remonte pas le niveau…
- Attinger (Kelsey Grammer) aurait pu être un méchant parfait avec la gueule de l'emploi. Mais ses motivations sont difficiles à cerner, et les actes du personnage sont trop exagérés, trop « blockbuster ricain ». Savoy (Titus Welliver), son bras droit, aurait pu faire office de bonne substitution mais on ne le voit pas assez…
- Certains dialogues, notamment ceux des robots, sont toujours profondément pompeux et ridicules. A cause de la VF peut-être ?
- Des petites incohérences à divers endroits, des raccourcis, et là aussi le sempiternel côté « cinéma » : les mecs (et filles) se prennent des coups et tombent de partout mais semblent aussi increvables que John McClane…
- Un point qui m’a été grandement soufflé par une autre critique mais il est vrai que l’‘humour’ stéréotypé sur les chinois (qui savent tous faire du karaté) est quand même assez limite… ou très beauf. Ou très ricain.
- La « Science »-Fiction. Alors comme ça il existerait un métal qui possède un génome ?
- Cantonnés à la fin du film, les Dinobots ne servent pas à grand-chose…
- Ras le cul de Megatron. Passez à autre chose bordel !
- Le placement produit. Je sais qu’il ne faut pas s’en étonner ni même y prêter attention, mais à ce niveau faut pas exagérer quand même. Non, je n’achèterai pas un haut-parleur Beats Audio juste parce que je l’ai vu dans le film, je n’en ai pas l’utilité et c’est bien trop cher. Pareil pour la Lamborghini (pour les mêmes raisons, quoique l’utilité…). Et je ne sais pas si les jeunes filles de 16 ans qui ont vu ce film vont subitement se saper en Victoria’s Secret.
- Le public présent pour ce genre de films. Entre les Captain Obvious au rang derrière (« je suis trop sûr que le camion c’est un robot », oui, moi aussi j’ai vu la bande-annonce…) et les gamins à côté qui criaient « t’es trop bonne » à l’envi, j’ai été franchement servi.


Les ‘ni + ni -’, ou ‘+ et - à la fois’, ou les ‘=’ quoi :
- Le départ de Sam Witwicky change les choses et amène du neuf au niveau des relations entre les personnages, finies les sempiternelles problèmes de jeunesse, de parents envahissants et de petites copines difficiles à gérer. Le problème c’est qu’il est remplacé par d’autres clichés : Cade le père seul et protecteur, qui tient à mort à sa fille, qui accepte pas qu’elle ait un petit ami, qui se sacrifierait pour elle etc… splendides poncifs à l’américaine. Auxquels on peut ajouter la famille pauvre menacée d’expulsion, la CIA et ses complots, la firme multinationale qui pense qu’au fric, etc…
- Nicola Peltz est bien moins vulgaire que ses deux prédécesseuses/prédécesseresses, même si ses tenues au début exciteront quelques jeunards n’ayant pas la majorité. Dommage que ce petit changement d’apparat n’ait pas été capitalisé par un personnage intéressant…
- Très peu d’humour typique dans cet opus. M’enfin, vu le niveau affiché dans le précédent opus, on ne va pas s’en plaindre…
- Les nouveaux Autobots ne sont pas très intéressants. Bumblebee fait du Bumblebee. Mais Hound le vieux barbu rattrape tous les autres ! Par contre Lockdown et ses comparses, à part les loups…
- Presque 3 heures, c’est tout de même assez long, surtout que ce genre de film qui poutre finit par fatiguer les yeux et les oreilles. Mais paradoxalement tout est à sa place et on ne sent à aucun moment un effet de remplissage.
- Apprécier ce film sonne comme un retour en enfance. Un peu rétrograde quand même…
- C’est un blockbuster de base, avec les qualités et défauts d’un blockbuster de base. Ce qui pourrait annuler mes paragraphes ‘+’ et ‘-’ et causer la disparition de l’univers en créant une singularité spatio-temporelle soudaine et foudroyante.
- Bon, il est quand même meilleur que le 3. Voire même que le 2. Mais il ne sert vraiment à rien et au final, dans cette saga, seul le 1 s’en sort avec les honneurs…


Voilà, je crois qu’on a fait le tour, et le dernier point au-dessus résume tout. Comparer les opus aux uns et aux autres, c’est tout ce qu’il nous reste à faire, la saga n’évoluant plus et n’osant plus. On change juste les personnages impliqués, et c’est reparti pour un tour. Transformers 4 : L’Âge de l’Extinction, c’est un Transformers de plus, sans plus d’ailleurs. Haters gonna hate mais il est dommage de constater que depuis Transformers, la saga laisse sur la faim et n’a jamais été capable de transformer (hahha) l’essai, qui n’était pas un essai d’ailleurs mais une réussite d’emblée. Transformers 4 : L’Âge de l’Extinction reste sobre par rapport à son immonde prédécesseur, mais trop sobre, trop classique, pas assez explosif et scénaristiquement abyssal. Même en remplaçant Shia LaBeouf par Mark Wahlberg, la saga n’a plus grand-chose à dire, si ce n’est se baser sur encore et toujours les mêmes recettes. J’espère qu’avec le départ de Michael Bay de la réalisation, la donne va changer (on parlait à un moment d’un épisode uniquement avec des Transformers et sans humains, ce que la fin laisse présager, mais honnêtement j’en doute), en l’état Transformers 4 : L’Âge de l’Extinction n’est donc ni le meilleur Transformers, ni le pire, mais est juste un honnête blockbuster estival, souffrant toujours de défauts et de poncifs tout juste compensés par le plaisir de l’action pure. On va donc attendre Lucy (je mets beaucoup d’espoirs là-dedans) ou Les Gardiens de la Galaxie (je n’en attends rien de particulier) pour décerner le véritable prix de film de l’été…
Note : 6.5/10

mercredi 21 mai 2014

Godzilla

Je sais que bon nombre de « cinéphiles » sont amateurs de nanars. Ce qui ne sera pas mon cas, n’étant pas intéressé par la perte de temps qu’incombe le visionnage de ces merdes, et je préfère consacrer mon temps à de vrais bons films. Il y a bien une exception, ce sont les nanars Bessoniens (oui, moi j’aime bien les nanars Bessoniens, genre From Paris With Love qui est quand même un sacré défouloir). A la rigueur, il y aurait les nanars Emmerichiens. Bon il ne faut pas déconner, hormis Independance Day chacun de ses autres films mérite un seul visionnage pour se facepalmer et constater les écarts faits avec la Science, pas plus. Le Jour d’Après est profondément ridicule et 2012 est un film qui s’enfonce de minute en minute avec une énergie folle pour creuser encore plus bas dans la médiocrité et le nawak (ooh ! ils sont vicieux ces séismes, d’abord ils ravagent les terres et seulement ensuite ils se déclenchent en mer pour tout nettoyer ! les salauds !). Il y a aussi Godzilla. L’ai-je déjà vu ? Je m’en souviens même plus mais - si c’est le cas, si je ne me souviens de rien, c’est que ça ne devait pas être un film marquant - si ce n’est pas le cas, je doute avoir loupé grand-chose, j’aurai pu le regarder il y a quelques jours sur NT1 mais regarder un blockbuster sur NT1, chaîne non HD, c’est une insulte à tout bon FXmen qui se respecte, même de l’équipe de Roland Emmerich. Voilà donc un Godzilla v.2014 pris en charge par Gareth Edwards qui avait signé un plébiscité Monsters (que je n’ai pas vu) et qui du coup, entraîne beaucoup d’enthousiasme pour cet énième film consacré à la grosse bébête, ce n’est ni un remake ni un reboot mais plutôt une nouvelle adaptation de l’histoire de ce Kaiju né de l’imagination des japonais dans les années 50 (aussi sous le nom Gojira, ce qui rappellera quelque chose à mes quelques lecteurs métalleux). Donc bon, le leitmotiv de Godzilla, c’est qu’on prend les mêmes (avec quelques amis) et qu’on recommence à tout faire péter.

En 1999, aux Philippines, un terrible séisme se produit, entraînant la formation d’un gigantesque cratère, qui selon le Dr. Serizawa (Ken Watanabe) pourrait bien avoir hébergé une quelconque créature. Dans les mêmes temps, une autre catastrophe a lieu au Japon, au sein même d’une centrale nucléaire où travaille Joe Brody (Bryan Cranston), causant la mort de sa femme Sandra (Juliette Binoche). 15 ans plus tard, le fils de Joe, Ford (Aaron Taylor-Johnson), lieutenant dans l’armée et spécialiste des explosifs, s’apprête à couler des jours heureux avec sa femme Elle (Elisabeth Olsen) et son fils à San Francisco. Mais Ford doit aller en catastrophe au Japon récupérer son père, incarcéré après avoir tenté de pénétrer sur le site, mis en quarantaine, de l’ancienne centrale nucléaire. Ford finit par se résoudre à aider son père, déterminé à mettre au grand jour les véritables évènements qui ont causé la destruction de la centrale et la mort de sa femme quinze ans auparavant. Père et fils Brody vont donc découvrir que la centrale est le théâtre d’expériences qui vont amener à délivrer un monstre gigantesque, un Muto. Et le réveil de ce monstre va réveiller d’autres créatures à leur tour… dont la légende : Godzilla.

Bon, j’avoue que je suis surtout allé voir ce Godzilla v.2014 par curiosité, surtout en face de l’enthousiasme général qui a animé la sortie de ce film et ce dès ses premières images. Aussi je vais être clair dès le départ en disant que je trouve Godzilla, certes correct, mais un brin surestimé tout de même. Ce n’est finalement rien de plus qu’un blockbuster lambda. Mais attention, un blockbuster plus intelligent que la moyenne. J’avais d’ailleurs peur que le film vire au discours écolo racoleur mais finalement ce n’est pas le cas et heureusement. L’« intelligence » du film vient surtout de l’aspect résolument soutenu de l’action. Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas un film de destruction massive qui en fout partout et dans tous les coins. Pas de bourrinage intempestif, ce qui est une bonne et une mauvaise idée. Bonne parce qu’on ne tombe pas dans le bas du front débilisant, bref dans de la démolition à la Roland Emmerich (même si le Golden Gate a été à deux doigts d’y passer, ce qui aurait été franchement grotesque et pour le coup, typiquement Emmerichien). Mauvaise parce que quand des scènes de destruction par les monstres sont volontairement « zappées », on se dit quand même que quelque part, c’est un peu de l’arnaque. Ceux qui attendaient que l’on parte dans la destruction made in Transformers en seront pour leur frais. Mais tout de même, le parti pris de ne pas montrer tous les ravages est globalement frustrant. Heureusement le film se rattrape dans la dernière partie où San Francisco subit des dommages grâce (à cause ?) de Godzilla et ses compagnons, le tout de manière assez jouissive (bien plus qu’un Pacific Rim) et avec des images et des effets spéciaux somptueux.

Mais il faut en arriver jusque là et en cours de route, Godzilla perd des points. Si le film se veut plus subtil et moins bourrin que d’autres blockbusters, il ne nous épargne pas une partie du cahier des charges de tout bon blockbuster à savoir le scénario somme toute léger qui frise parfois la platitude confondante. Il n’y a vraiment rien de spécial là-dedans, une fois lancé le film ne propose plus aucun rebondissement notable. Et le rythme global demeure assez lent, comme une grosse intro jusqu’à la puissante bataille finale, émaillée par les cris puissants de Godzilla qui font trembler toute la salle de cinéma. Toujours dans les règles du blockbuster américain (je passe sur les diverses fantaisies scientifiques et les exagérations genre « un groupe de marines met même pas 15 minutes pour rejoindre à pied le port à partir du centre-ville en portant à bout de bras un missile nucléaire qui doit quand même être très très lourd »), Godzilla nous offre également les habituels refrains sur la bravoure, la famille et les enfants à sauver coûte que coûte, etc… et en plus nous balance l’armée pour résoudre tous les problèmes causés par nos amis les animaux préhistoriques sortis de leur sommeil. Et c’est là que ça coince sérieusement pour moi car passé un certain moment, il n’y a plus que les bidasses et leurs missions. Ça finit par virer au film de guerre et honnêtement, j’ai plus eu l’impression d’avoir affaire à un World Invasion : Battle Los Angeles avec des énormes monstres à la place des extraterrestres. Ça n’a aucun intérêt et encore une fois la seule chose vraiment intéressante de Godzilla c’est cette bataille finale, épique à souhait, entre les bestioles. Mais il aura fallu attendre et suivre tant bien que mal ce film (in?)justement plus épique qu’efficace.


Au niveau des acteurs il n’y a ici rien à signaler, mais vraiment rien. Bryan Cranston est plus en mode Hal que Walter White, on aimera ou pas. Ken Watanabe est hyper-lourdingue : son jeu se résume à toujours faire le même regard désespéré au loin, comme s’il voyait que la fin du monde se déroulait à l’horizon. Aaron Taylor-Johnson, méconnaissable après ses rôles dans les deux Kick-Ass, fait le job mais sa performance ne restera pas dans les annales. Tout le reste du casting est affreusement tertiaire et on voit même trois acteurs qui ont participé à la série Continuum (dont Brian Markinson qui était également dans Caprica - avec l’acteur japonais qui jouait le bras droit de Daniel Graystone dans la même série et qui fait une apparition au début du film). Finalement, les personnages plus marquants sont les bestioles, avec bien évidemment Godzilla qui est très joliment mis en images. Ce n’est d’ailleurs finalement pas un film sur Godzilla, mais le monstre japonais a tout de même la classe, et illumine la fin du film dans un « rôle » assez inattendu. Grâce aux compétences de Gareth Edwards (et de son budget), Godzilla s’en tire avec les honneurs, mais souffre malheureusement de trop de clichés blockbusteriens (dont une trop grande présence de militaires à mon goût), alors que certains points du film évitent justement les exagérations hollywoodiennes de manière assumée. Le cul de Godzilla entre deux buildings, quoi. Pour au final, un blockbuster bien fait mais globalement anecdotique, qui n’apporte rien de plus que le blockbuster destructeur lambda, si ce n’est un souffle plus épique bienvenu mais qui tempère l’efficacité qui fait d’habitude le sel de ce genre de productions. « Kaiju Invasion : Battle San Francisco… »
Note : 6.5/10

samedi 20 juillet 2013

Pacific Rim

Allez hop, voilà le premier blockbuster de l’été. Bon c’est vrai il y a eu World War Z, mais celui-là je n’en ai rien à carrer et on en parlera pas ici. Laissons de côté les zomb… pardons, les infectés de ce qui semble être un bon nanar Emmerichien, pour parler plutôt de trucs un peu plus gros. Beaucoup plus gros même. Je veux bien sûr parler des monstres et des robots de Pacific Rim qui cumulent une bonne trentaine d’étages de hauteur. La nouvelle œuvre de Guillermo Del Toro était attendue depuis le début de l’année, pour un film qui allait réduire Transformers et Godzilla en poussière si l’on en croit les annonceurs. Mais si j’ai été enthousiasmé par cette sortie dès ses premières bribes, la tension est vite retombée. Si World War Z se présente comme un nanar Emmerichien, plus le temps passait et plus Pacific Rim se présentait quant à lui comme un nanar SyFyien. Beaucoup de bruit et de destruction pour une histoire creuse et ridicule, en somme (avec plus de moyens donc des effets spéciaux réussis, en principe). D’ailleurs Asylum, boîte de prod qui fournit la plupart des nanars de SyFy, a lancé en parallèle son propre rip-off de Pacific Rim nommé Atlantic Rim (il fallait y penser…). Bon, autant dire que peu avant sa sortie je n’attendais plus rien de Pacific Rim, j’espérais juste qu’il éviterai de tomber dans les exagérations du nanar. D’aucuns se raccrocheront au nom de Guillermo Del Toro qui est porteur de promesses, mais la vacuité du casting et quelques critiques assassines de la presse (très) généraliste n’annonce finalement rien de bon…

Les grosses bébêtes, ce sont les Kaijus, débarqués au fin fond du Pacifique par le biais d’une faille dimensionnelle. Les gros robots, ce sont les Jaegers, fabriqués par les humains au fil des années et des attaques de Kaijus pour se défendre. Robots qui ont la particularité d’être pilotés par deux humains dont les cerveaux sont connectés (ce qui est appelé « la dérive »). Mais les Kaijus s’adaptent et le temps passant, envoient des créatures de plus en plus grosses, mettant à mal les ressources de la Terre qui s’approchent de plus en plus de l’apocalypse et de la fin de l’humanité. Déclarés obsolètes, les Jaegers vont être remisés pour laisser place à de grands murs côtiers. Mais lorsque ces derniers s’avèrent être une ligne de défense bien peu efficace, les Jaegers vont finalement devoir reprendre du service. Pour assurer une opération de la dernière chance, le Marshall Stacker Pentecost (Idris Elba) décide de rappeler un ancien pilote de Jaeger, Raleigh Becket (Charlie Hunnam), qui avait raccroché suite à la mort de son frère et copilote en mission (ce qui fait office d’introduction au film). Finalement associé à une pilote novice, Mako (Rinku Kikuchi), Becket va devenir pilote d’un vieux modèle de Jaeger qui a pour but d’appuyer une mission bien précise : faire exploser la brèche dimensionnelle qui permet l’arrivée des Kaijus. Mais bon nombre de rebondissements, de contretemps suite aux attaques incessantes de Kaijus, et de découvertes faites par deux chercheurs farfelus, Newt Geiszler (Charlie Day) et Hermann Gottlieb (Burn Gorman), vont faire évoluer le plan final d’éradication des Kaijus…


Evacuons tout de suite les craintes que l’on pouvait attendre à propos de Pacific Rim : non, ce n’est pas un nanar SyFyien, c’est un film qui tient admirablement bien la route. Le scénario ménage quelques longueurs, mais également quelques rebondissements intéressants qui évacuent toute forme d’ennui. Oui certains dialogues, mâtinés de bravoure « à l’américaine », sont ridicules mais ce n’est pas très grave et on pouvait s’y attendre de toute façon. Comme quoi, quand on s’attend à être déçu, on prend le contrecoup et on finit par être satisfait… Ce qui est plutôt cocasse, c’est que le côté explosif et la réalisation de Pacific Rim ne sont pas ses points forts, alors qu’on pouvait s’attendre à ce que ce soit des arguments de premier choix. Il y a relativement peu de destruction massive, certes Hong Kong en prend plein la poire mais ça ne dure pas très longtemps, on est bien loin des guerres urbaines de Transformers, Transformers : La face cachée de la Lune, The Avengers, G.I. Joe : Le réveil du Cobra et consorts. On se concentre plus sur les affrontements Kaijus/Jaegers en pleine mer (plus ou moins profonde), monumentaux (forcément) mais qui n’explosent pas la rétine pour autant. Enfin on risquera néanmoins une crispation des cellules rétiniennes car à vrai dire l’ensemble est confus, trop de détail tue le détail et le travail des effets spéciaux est tellement minutieux que mis sur grand écran, ça ne ressemble plus à grand-chose, surtout quand le film est assez sombre. Dès le premier affrontement Kaiju/Jaeger, on a du mal à suivre et on ne voit pas bien ce qui se passe, et la 3D n’aide en rien. C’est dommage car l’ensemble est léché, joli même (les créatures, costumes et certaines scènes peuvent faire penser à Metroid par exemple, et les robots sont sympa), mais un brin bordélique malgré le côté « lourd » des coups portés.

Si l’ensemble du scénario est finalement tout à fait acceptable, Pacific Rim passe néanmoins à côté de quelques trucs intéressants, comme le principe de connexion neuronale entre les deux pilotes par exemple : on ne comprend pas vraiment comment ça fonctionne, comment les mouvements sont synchronisés et assurés, on sait juste que le cerveau d’un seul pilote ne suffit pas pour tenir le système du Jaeger durablement, et c’est tout. Certaines particularités ne sont pas exploitées plus que de raison (comme l’interférence des souvenirs, on pensait que ça pouvait revenir sur la table à un moment critique… et puis non). Bref, je me focalise trop sur le côté scientifique du bidule, mais sinon Pacific Rim n’est pas trop mal dans l’ensemble. Les défauts laissent place à un film divertissant qui se laisse agréablement regarder, et qui il faut le dire bénéficie de la Guillermo Del Toro touch. L’ambiance, les profils des personnages, certains décors, le ton mi-dramatique mi-comique… on pense immédiatement aux deux Hellboy et c’est pas plus mal, même si on perd un peu en originalité. Pacific Rim, c’est donc un Hellboy où les diverses créatures et les agents du gouvernement sont remplacées par des pilotes de robots et des scientifiques légèrement détraqués du bulbe, et où les combats nécessitent de se munir d’un plus grand angle de vision. Ça plaira ou pas mais de ce point de vue Pacific Rim est tout à fait réussi.


Passons vite fait sur le casting, composé à 95% de parfait inconnus. Charlie Hunnam, présent dans la série Sons Of Anarchy et que j’avais vu dans Cold Blood (où il se faisait deux fois Olivia Wilde, le petit saligaud), s’en sort admirablement bien dans le rôle du héros de service plein d’humilité. Idris Elba (seul acteur un tant soit peu connu, et encore), qui joue un militaire malade et éloigné du terrain, tient bien son rôle mais paraît déjà vieux… Rinku Kikuchi, je n’en suis pas très fan, et son personnage n’est pas si développé que ça en fin de compte. Pour le reste on oscille dans une galerie de personnages plus ou moins clichesques, entre l’opérateur de communications (Clifton Collins Jr.) et le duo de pilote père/fils (Max Martini/Robert Kazinsky) , l’un respectueux et l’autre qui se la pète grave. Le duo de scientifiques déjantés (Charlie Day/Burn Gorman) est très grotesque au début mais attachant sur la fin, ce qui nous rappelle à nouveau certains personnages de Hellboy. En parlant de ce dernier, on retrouve donc Ron Perlman, mais dans un rôle débilisant et inutile de trafiquant d’organes de Kaijus au style vestimentaire excentrique. Ce rôle bien exagéré n’était pas franchement indispensable et n’honore ni l’acteur, ni le réalisateur…


Ni une grosse bouse condamnée à passer une fois par mois sur la TNT dans 4-5 ans, ni un chef-d’œuvre qui en met plein la vue et qui remporte haut la main une nomination au titre de blockbuster de l’année, Pacific Rim est dans la bonne moyenne avec des défauts et des qualités qui s’équilibrent. Guillermo Del Toro aurait probablement pu faire mieux, approfondir certains trucs et en laisser tomber d’autres, mais sachant que la crainte du nanar s’était bien faite sentir Pacific Rim s’en tire avec les honneurs. Un très bon divertissement dans l’ensemble, qui pêche un peu en voulant en mettre (prétendument) plein la vue mais qui se rattrape en étant bien ficelé sans faire chauffer les neurones, bref sans besoin d’avoir un copilote et un pont neuronal. Quand bien même on considérerait Pacific Rim comme un film à potentiel SyFy, ça serait probablement l’un des meilleurs films du genre, donc le bilan est nettement positif. Asylum va avoir du mal à faire aussi bien que ce film tout à fait correct, montrant aussi que Guillermo Del Toro possède un certain talent et sa propre patte, et mise tout dessus pour un film d’action/SF monumental mais seulement sympathique au final. C'est déjà pas mal cependant.
Note : 7/10

mardi 2 juillet 2013

Man Of Steel

En préambule, je voudrais louer l’opération « fête du cinéma » avec ses places à 3€50 (bon 5€ avec la majoration 3D), sans quoi je n’aurais jamais été voir Man Of Steel qui, disons-le tout de suite, est une de mes grosses surprises de l’année. Malgré une bande-annonce très accrocheuse, je n’étais pas motivé pour aller le voir car 1- je n’aime pas Superman 2- c’est le galvaudé Zack Snyder aux manettes. Voilà ce que j’en disais lors de mon aperçu des sorties 2013 : « Je crois surtout que j’irai le voir par curiosité si j’ai rien de bien mieux à faire. Parce que sinon, ça m’intéresse vraiment pas du tout. Je ne peux donc qu’être surpris même si j’y crois moyen quand même. » Et la surprise est arrivée doublée d’une grosse baffe. Déjà, je ne m’attendais pas du tout à un truc tourné comme ça, surtout lorsque c’est (encore) une genèse d’un héros qui est (encore) présenté comme étant en dans le doute et en quête de rédemption, ce qui d’ailleurs n’est (encore) pas du tout le cas (à l’instar d’Iron Man 3). Décidément, les films de ce genre ne savent pas se vendre correctement, surtout quand au bout on trouve un bijou mêlant film de superhéros, science-fiction et action qui dépote. Mortel.

On reprend donc une histoire dérivée de Superman depuis le début : la planète Krypton est au bord de l’implosion et Jor-El (Russell Crowe) a donné naissance avec sa femme Lara (Ayelet Zurer) au premier enfant conçu naturellement depuis des siècles, Kal-El. Il décide de l’envoyer sur une planète lointaine pour préserver la race kryptonienne, au grand dam du général Zod (Michael Shannon) qui a fomenté un coup d’Etat contre le pouvoir kryptonien. Après avoir tué Jor-El, il est condamné à l’exil avec ses sbires tandis que Krypton implose. Pendant ce temps, Kal-El atterrit sur Terre où il est recueilli dans le Kansas par les Kent (Kevin Costner et Diane Lane). Ayant grandi en apprenant à maîtriser ses pouvoirs, Clark (Henry Cavill) va se mettre en quête de ses origines. Avec l’aide indirecte d’une journaliste, Lois Lane (Amy Adams), il va découvrir un vaisseau kryptonien échoué sur Terre il y a 18000 ans. Mais cette découverte va amener le général Zod, libéré de l’exil après l’implosion de Krypton, à retrouver la trace de la Terre dont il souhaite faire une nouvelle Krypton. Superman va donc devoir sortir du bois…


Le film est ainsi divisé en 3 parties distinctes : le début de l’histoire sur Krypton même, la jeunesse de Superman organisée en divers flash-backs, et enfin la longue partie finale avec le bordel sur Terre causé par les troupes de Zod. Inutile de dire que toute la partie sur la jeunesse de Superman est loin d’être la plus intéressante. Rien de bien méchant, mais ces flash-backs incessants organisés un peu n’importe comment et doublés de bons sentiments ou de morale rendent le début du film un peu laborieux, mais en même temps il s’agissait d’un passage obligé pour une histoire « à genèse » donc cette partie se doit d’être là, et recèle de quelques trucs légèrement prenants (le sauvetage d’une plate-forme pétrolière par un Kent en marin par exemple). Mais l’intro spectaculaire sur Krypton promettait du lourd et Man Of Steel va arracher les rétines dans sa troisième partie foisonnante. De l’action musclée est alors au programme, entre combats épiques avec surhommes qui se foutent des coups et se projettent à 300 mètres au loin, et destruction massive avec des vaisseaux spatiaux colossaux. Ne visionnant pas toutes les bandes-annonces et teasers en détail, je ne m’attendais pas franchement à ce que le film prenne cette tournure explosive et j’en ai pris plein la gueule, avec des scènes dignes du meilleur des Transformers et des Avengers, le tout dans un emballage SF très réussi. Ça me fait mal de le dire, mais Zack Snyder a fait de l’excellent boulot, même si on lorgne plus du côté de Michael Bay mais avec beaucoup de panache. Hormis 2-3 scènes typiques, il s’est limité sur ses effets typés contrastes lightroom et ses ralentis 16x pour faire quelque chose de plus terre-à-terre (c’est même étonnant de le voir filmer « normalement » dans la première partie du film !), certes encore un peu trop artificiel (avec des costumes et décors trop fouillés mais que je trouve splendides), mais ça envoie à fond et on est vite scotchés au fond du Fauteuil Noir. Envolées les exagérations de 300, Watchmen et Sucker Punch, Snyder quand on ne lui laisse pas tout faire de A à Z est capable de faire des choses grandioses, et réussit à faire de Man Of Steel un film d’action/SF totalement débridé qui dépote et assure le spectacle. On est bien loin de Clark Kent le journaliste qui enlève sa chemise et ses lunettes pour aller sauver des gens d’un carambolage, et Man Of Steel met une grosse baffe à ceux qui trouvaient Superman trop ringard, moi y compris.

On passera sur quelques trucs en trop (lorsque Kent est recherché par le monde pour être livré à Zod, il va se confesser à l’église, et on apprend plus tard qu’il a… 33 ans), pour se concentrer sur le visuel qui fait toute la force de Man Of Steel. Le scénario n’a pas non plus grand intérêt du coup, mais ce n’est pas trop grave et ça convient aisément pour tel blockbuster (en revanche j’ai l’impression d’avoir trouvé une incohérence : Jor-El n’était-il pas censé avoir pris le contrôle du vaisseau de Zod ?). Le film est en revanche porté par un casting sympathique. Henry Cavill et parfaitement taillé pour le rôle de Superman, nom qui n’est d’ailleurs cité qu’une seule fois dans le film. Si je ne supporte pas Russell Crowe en temps normal, il faut dire qu’il est ici totalement convaincant, alors que l’acteur ne semble pourtant pas fait pour un rôle dans un film pareil. Michael Shannon (le général Zod) est peut-être trop typé « Snyder » (c’est-à-dire qu’on l’aurait facilement imaginé dans 300), mais tient bien le rôle de méchant de service. Sa sbire Faora-Ul (Antje Traue) n’est pourtant pas loin de lui voler la vedette lors de la scène de bataille épique dans Smallville. Amy Adams n’est pas la plus mignonne des actrices sur le marché mais se débrouille très bien. Les autres personnages, outre le convaincant Kevin Costner en première partie de film, sont secondaires mais on appréciera les apparitions de Laurence Fishburne en boss du Daily Planet, et d’acteurs un peu oubliés ou plus habitués aux séries : Harry Lenix (Lock dans les Matrix), Christopher Meloni (New York Unité Spéciale), Michael Kelly (vu dans Person Of Interest), Tahmoh Penikett et Alessandro Juliani (respectivement Agathon et Gaeta dans feu-Battlestar Galactica) et même Ian Tracey que l’on peut actuellement voir dans la série Continuum, d’ailleurs accompagné des deux ex-BSG cités précédemment ! En l’espace de 10 minutes ce sont 3 acteurs de Continuum qui sont conviés à l’aventure Man Of Steel. C’est futile mais le détail est amusant et devrait surtout pousser tout le monde à se pencher sur cette série en passe de devenir purement exceptionnelle (surtout sa saison 2 en cours).


Et exceptionnel est un qualificatif qui pourrait s’appliquer à Man Of Steel d’ailleurs. Ouais ! Sur toute cette base (scénario clair et limpide, joli casting, réalisateur qui s’est fait modérer), ce reboot de la saga Superman a accouché d’un film transgenre explosif qui se présente comme un excellent blockbuster. L’inégalité apparente, imposée par le scénario, est très vite compensée par des scènes d’action à couper le souffle. C’est ce qui fait le sel de Man Of Steel et de ce côté, c’est une énorme réussite et une méga-baffe. Devant le manque de films qui n’hésitent pas à partir dans la destruction massive cette année (en attendant bien sûr Elysium et Thor : The Dark World qui me semble prometteur, et aussi Pacific Rim même si honnêtement je n’en attends plus rien), Man Of Steel tombe à point nommé et met une belle claque doublée d’un coup de modernité à la saga Superman qui avait sacrément vieilli. En attendant les films précités, Man Of Steel est mon film de l’année, titre bien mérité pour un film qui a été pour moi une énorme surprise, efficace, joli et génial. Ça fait mal et ça t’envoie valdinguer à 400m comme une gifle de Superman, et c’est ça qui est bon !
Note : 9/10