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dimanche 2 octobre 2016

Mission Impossible 5 : Rogue Nation


C’est assez marrant quelque part. On peste sans cesse sur les sagas qui pressent le citron déjà séché jusqu’à plus soif, mais il y en a certaines qui passent entre les mailles du filet voire même, nous tiennent en respect. Et si un Fast & Furious a fini par se trouver une seconde jeunesse dans la dinguerie tandis qu’un Die Hard commence à sentir mauvais tout comme un Transformers, personne n’osera vraiment contester l’actuelle longévité de Mission Impossible. Certes, on pourra toujours critiquer un tas de trucs, Tom Cruise et ses rapports à la scientologie ou le fait que seule la série d’origine est valable et culte, mais Mission Impossible continue à assurer et à cartonner. Faire une saga « plus que trilogie » et continuer à faire de bons films, ce n’est pas une mission impossible justement ? Mission impossible que relève sans mal l’équipe de Mission Impossible. Après deux bons premiers opus tempérés par un troisième volet prometteur mais qui s’était embarrassé d’éléments trop complexes à la « J.J. Abrams en mode Lost », la saga s’était relancée en trombe avec un Mission Impossible 4 : Protocole Fantôme plus léger et explosif, exploitant de nouvelles têtes pour assumer à donf son côté divertissement. L’équipe s’est donc un minimum stabilisée autour de Benji (Simon Pegg) et Brandt (Jeremy Renner), les changements de line-up sont loin derrière et l’ensemble est toujours mené par un Tom Cruise qui reste maître dans l’art du divertissement grand public entre action et science-fiction (Oblivion, Edge Of Tomorrow). Voilà donc le 5, Rogue Nation, et on attendait ça avec impatience lors de sa sortie en salles après la claque reçue par Protocole Fantôme. Votre mission, si vous l’acceptez, faire mieux que votre prédécesseur…

L’équipe Mission Impossible, soit les agents Hunt (Tom Cruise), Dunn (Simon Pegg) et Brandt (Jeremy Renner), aidés de Luther Stickell (Ving Rhames), est en mission au Bélarus pour empêcher la livraison d’armes biologiques. Cette livraison semble être liée au Syndicat, une mystérieuse organisation qu’Ethan traque depuis un bon moment. Mais ce dernier se fait doubler par leur leader, Solomon Lane (Sean Harris). Et suite aux évènements de Mission Impossible 4 : Protocole Fantôme, les agents de Mission Impossible ne sont plus en odeur de sainteté auprès des dirigeants américains et de la CIA en particulier. Leur directeur, Alan Hunley (Alec Baldwin), parvient à obtenir la dissolution de l’agence auprès du Président. Brandt et Dunn sont alors contraints de collaborer avec la CIA, et doivent malgré eux participer à la traque d’Ethan, désormais considéré comme un fugitif complotiste. Ce dernier, de son côté, ne relâche pas ses efforts pour trouver Lane et mettre à jour le Syndicat. Il va alors trouver sur son chemin la mystérieuse Ilsa Faust (Rebecca Ferguson)…


Alors, mission accomplie ? Bon pas vraiment car soyons francs, et pour être tout à fait subjectif, pour moi Mission Impossible 4 : Protocole Fantôme est d’ores et déjà passé dans la sphère de mes cultes. Mais à aucun moment Mission Impossible 5 : Rogue Nation ne fait honte à son illustre prédécesseur. Il apporte d’ailleurs un regard différent sur les pérégrinations et les méthodes de l’« IMF ». Moins à l’arrache, plus sérieux, même si l’humour typique notamment toujours porté par Simon Pegg demeure présent. Cela n’empêche pas le leitmotiv finalement logique de « mission impossible » d’être toujours présent… Pas de surprise finalement, ce 5 est bien le 2 du 4 finalement et en tout points, jusque dans le fond « l’agence désavouée et critiquée » que l’on retrouve en force ici, mais ça fonctionne toujours. Par rapport à Mission Impossible 4 : Protocole Fantôme, le scénario se complexifie donc un petit peu, les rebondissements et coups de théâtre se font plus nombreux, avec en point d’orgue des coups de génie. Mais on ne retrouve pas le grand nawak de Mission Impossible 3 qui n’était plus crédible à force d’enchaîner les revirements et trahisons. Et bien sûr, l’Action (avec un grand A, toujours) demeure présente. Après l’habituelle séquence d’intro ici assez dantesque, tout s’enchaîne très vite et les temps morts se font rares, même quand il s’agit de faire avancer l’histoire. Niveau bagarres ou poursuites, on est servis. Et comme toujours les gadgets et autres subtiles techniques d’espionnage et d’infiltration des agents font mouche avec encore de bonnes idées à foison. Plus réfléchi et moins frappadingue que le 4, Mission Impossible 5 retrouve un certain équilibre, parfois au détriment du pur divertissement mais encore une fois, il est particulièrement complet pour le genre. Ça en fait peut-être un Mission Impossible « de plus », mais l’ensemble demeure inspiré, diablement rythmé et capable de nous tenir en haleine, et l’essentiel est déjà largement assuré.

Après un Michael Nyqvist certes excellent (dans un rôle un peu à contre-emploi d’ailleurs) mais aux aspirations un peu trop jusqu’au-boutistes, le britannique Sean Harris moins connu et presque méconnaissable (c’est sûr qu’on est loin du personnage de Fifield dans Prometheus) reprend le rôle du grand méchant et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il assure dans la peau d’un antagoniste typique de films d’action-espionnage. Marvel devrait en prendre de la graine tiens. On retrouve sans mal la classe inquiétante d’un Philip Seymour Hoffman et d’un Dougray Scott. Rebecca Ferguson campe bien son personnage plutôt mystérieux et incertain, mais si son rôle complexe apporte un plus non négligeable, je regrette la disparition d’une « Mission Impossible girl » à la Maggie Q ou Paula Patton qui s’en étaient tirées avec les honneurs. Outre un Alec Baldwin correct et les quelques rôles secondaires intéressants (comme celui du directeur du MI-6 campé par Simon McBurney), j’ai tout de même un grand regret : que Jeremy Renner s’éloigne de nouveau du terrain, reprenant presque son rôle d’« analyste », dommage quand on connaît les capacités d’« agent de terrain » qu’il avait pu montrer pour Protocole Fantôme ou par ailleurs dans Jason Bourne : L’Héritage. Heureusement, son duo naissant avec Ving Rhames fonctionne plutôt bien, et il reste l’autre roux Simon Pegg qui est toujours formidable dans le rôle de l’intrépide Benji, qui aura d’ailleurs le droit à des aventures plus variées, notamment sur la fin. Quant à Ethan Hunt, ça reste Ethan Hunt, et même si au final ce rôle est parfois dilué parmi les autres (ce qui est tout à son honneur), il continue à être un moteur pour cette excellente saga.

Alors encore une fois, le sans-faute n’est pas loin. Meilleur que Protocole Fantôme sur certains points, moins bon sur d’autres, Rogue Nation est une belle réussite pour une saga en excellente forme, et ça a même les moyens de durer tant qu’on ne change pas trop les choses tout en trouvant de bonnes idées. Moins brut et donc peut-être moins immédiat et moins marquant que son prédécesseur, Mission Impossible 5 : Rogue Nation n’a pas réussi à le dépasser, mais il n’est pas loin de l’égaler, pour une saga qui actuellement est particulièrement homogène sur la durée. Si on doit creuser, on peut remarquer que la prise en main par Christopher McQuarrie (Jack Reacher) n’apporte rien de plus et que le placement-produit est particulièrement grossier par moments (Microsoft a allongé le chèque), mais ce n’est pas très important et Mission Impossible 5 : Rogue Nation reste un blockbuster. Un excellent blockbuster, qui succède sans mal et sans scandale à Mission Impossible 4 : Protocole Fantôme, avec un regain de complexité « Mission Impossibilienne » qui fera plaisir au plus grand nombre (sauf si vous étiez vraiment bloqués sur les deux voire trois premiers, ce que je peux comprendre car on donne désormais vraiment dans le très grand public) même si pour ma part, le 4 restera au-dessus mais on est pas passé loin de l’exploit. En tout cas, Mission Impossible reste une valeur sûre, surtout avec l’équipe actuelle (Simon Pegg et Jeremy Renner même si on peut le voir un peu plus), et Rogue Nation remplit le contrat. Maintenant que vous avez pris connaissance de cette critique, elle s’autodétruira dans 5 secondes… ou pas parce que je veux des lectures. Mais je nierai tout si vous vous faites choper en train de la lire.

Note : 8/10

mardi 20 septembre 2016

Kingsman : Services Secrets



Si avec ce blog je prône depuis toujours de bannir les à-priori en matière de cinéma et de juger sur pièces, il m’arrive à moi-même d’avoir des à-priori, et de passer à côté de pépites. Après tout, personne n’est parfait, mais quand on connaît bien ses propres goûts, il est souvent difficile de passer outre. Pour bien comprendre pourquoi je ne découvre que Kingsman : Services Secrets maintenant, il faut remonter à mon à-priori initial, celui qui lie ce film à Kick-Ass du même réalisateur, les deux œuvres étant régulièrement et justement comparées d’ailleurs. Il faut dire que je n’avais pas été franchement convaincu par le dénommé Kick-Ass vu par hasard sur une chaîne ciné du bouquet CanalSat, trop mou, sans aspérités, pas assez d’action, pas assez de ceci ou cela, pas spécialement drôle… Je suis passé à côté du film débridé de Matthew Vaughn et je ne pense pas revenir sur mon avis un jour. Aussi quand Kingsman : Services Secrets a débarqué sur nos écrans en février 2015, je ne me suis pas laissé tenter, surtout que les rapports à Kick-Ass fusaient. On m’en avait pourtant dit beaucoup de bien mais à chaque fois que je demandais « mais c’est dans le style de Kick-Ass non ? », on me répondait par l’affirmative, ce qui n’émoustillait pas ma motivation. Foutu pour foutu, je comptais tout de même juger sur pièce un beau jour, le jour où justement il tomberait sur les chaînes du bouquet CanalSat, ou le jour ou une bonne promo sur les Blu-Ray me permettrait de pouvoir m’y mettre dans de bonnes conditions (z’avez vu comment je suis un vrai de vrai alors qu’aujourd’hui trouver un film en streaming est accessible à tout quidam en trois clics), et il va s’agir de bannir les à-priori initiaux pour tomber peut-être sur une tuerie. Après tout, quand on a un à-priori négatif, on ne peut qu’être surpris… ou souvent conforté (ce qui donne en général des commentaires puant la mauvaise foi sur les réseaux sociaux). Alors, est-ce que Kingsman : Services Secrets va botter des culs mieux que Kick-Ass ne l’avait fait ?

Dans les années 90, lors d’une mission d’espions britanniques, un des leurs est tué par négligence du pourtant excellent Harry « Galahad » Hart (Colin Firth). Celui cherche à aider la famille du défunt mais ne reçoit en réponse que le rejet de la veuve. Hart remet donc un médaillon au jeune fils de l’agent décédé, Eggsy, censé lui apporter aide quand il en aura besoin. Des années plus tard, Eggsy (Taron Egerton) est devenu un jeune désabusé, constamment emporté dans des situations compliquées et des bagarres à cause des mauvaises fréquentations de sa mère. Mais il a pu acquérir une certaine débrouillardise. Arrêté par la police après un rodéo urbain, il se décide à contacter les agents par le biais du numéro inscrit sur le dos du médaillon qu’il a précieusement conservé. Hart lui vient alors en aide, et, tout en lui racontant l’histoire de son père, lui propose de rejoindre les Kingsmen. Eggsy est alors soumis à une rude concurrence pour rejoindre le groupe d’espions, il est en effet en compétition pour devenir le nouveau « Lancelot », le précédent ayant été tué en essayant de sauver un scientifique pris en otage. Et le temps presse car l’énigmatique Richmond Valentine (Samuel L. Jackson), milliardaire futé et excentrique intéressé par les conséquences du réchauffement climatique, est surveillé de près par les Kingsmen…


A vrai dire, ce que je craignais de Kingsman : Services Secrets, c’est qu’il soit trop bavard et finalement assez avare en action, ce qui était le cas de Kick-Ass d’ailleurs. Le film s’offre alors une lente mise en place, ce qui est finalement logique par rapport à l’histoire, mais l’action n’est pas spécialement au rendez-vous, si ce n’est la première véritable scène palpitante qu’est la bagarre spectaculaire dans le bar, assez largement montrée dans les bandes-annonces d’ailleurs. On suit alors les débuts d’Eggsy au sein des potentiels Kingsmen, d’ailleurs avec le décorum en forme de pensionnat, on se croirait presque dans X-Men : Le Commencement, justement réalisé par Matthew Vaughn… On est presque à mi-chemin entre un film où l’on suit des jeunes en compétition pour montrer leurs talents (presque une « origin story »), un peu à la manière d’un La Stratégie Ender finalement, et un film à parlotte Tarantinesque incisive à tout bout de champ, ce qui est revendiqué par l’accroche promo à l’arrière du Blu-Ray d’ailleurs. Plus bavard que drôle, Kingsman : Services Secrets tombe donc dans les travers que je lui imaginais en tant que « Kick-Ass qui se base sur des agents secrets plutôt que des super-héros », même si l’on se laisse prendre au jeu de l’histoire qui met lentement mais sûrement ses pions en place. Il faut donc attendre, en compagnie des personnages, que ça « pète ». Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que l’attente valait le coup. Et dans un dernier tiers, Kingsman : Services Secrets dévoile enfin tout le potentiel qui était enfoui dans ses promesses.

Ce qui n’était jusque là qu’un film gentiment saignant et un brin vulgaire retenait sa folie pour mieux la libérer ensuite. Et dans ce fameux dernier tiers qui démarre à partir de la scène de l’église, Kingsman : Services Secrets va partir dans la plus absolue dinguerie, explosive et sans gêne (visuellement comme au niveau des dialogues). L’histoire s’emballe et les soubresauts vus dans les deux premiers tiers du film vont amener toute la fine équipe derrière ce film à se lâcher et à hacher menu. Entre combats hyper nerveux sacrément bien chorégraphiés et moments de pure folie visuelle, Kingsman : Services Secrets s’offre une partie finale qui dépote un max. Acteurs, Taron Egerton et Mark Strong en tête, s’en donnent à cœur joie et Matthew Vaughn également, on sentait dès le début du film qu’il avait les moyens de donner dans une mise en scène percutante et cartoonesque à la Edgar Wright et il ne déçoit pas (en dépit d'effets spéciaux un peu moyens parfois). Kingsman : Services Secrets est donc un film qui prend son temps, pour mieux surprendre ensuite et faire halluciner son public devant une telle violence jouissive. Avec un scénario simple et bien mené, des punchlines à retenir et une humeur irrévérencieuse très communicative, et puis le l’Action pure et débridée à la fin, Kingsman : Services Secrets finit par tenir ses promesses et mérite d’accéder au tout puissant titre de Déglingue.


Kingsman : Services Secrets est aussi tenu par ses acteurs aux performances inattendues et bluffantes. Taron Egerton, qui n’est même pas cité sur le poster du film (!!!), en est bel et bien son héros, ce jeune acteur est tout à fait excellent et on espère le revoir au sein d’un film où il aurait encore plus d’importance (un film de super-héros ?). Puis dans le genre contre-emploi, Kingsman : Services Secrets se pose sérieusement. On attendait pas le Colin Firth du Discours d’un Roi dans un film si osé, entre flegme britannique et combats d’agent secret surentraîné, son rôle d’Harry Hart restera dans les mémoires. Et que dire de Samuel L. Jackson, hilarant en personnage totalement nawak, génie milliardaire maladroit et peureux sapé façon Snoop Dog et qui zozote. Là aussi c’est la déglingue ! Mark Strong, qui ressemble toujours autant à un Stanley Tucci plus grand, joue habilement son rôle sérieux de Merlin qui, comme tout le monde, sort bien de ses gonds sur la fin. Du reste, un bémol sur Michael Caine qui fait trop du Michael Caine et ne sert un peu à rien. Mention spéciale en revanche à Sofia Boutella, bien en vue dans le rôle du bras droit (et jambes d’acier) de Valentine, dans un autre registre que le rôle qu’elle aura dans Star Trek : Sans Limites… On s’arrêtera sur la jolie Sophie Cookson (Roxy) mais aussi un invité de marque, Mark « Luke Skywalker » Hamill, forcément méconnaissable au premier abord (si ce n'est sa coupe de cheveux) dans le rôle du scientifique kidnappé, qui a tout de même un rôle un poil plus conséquent que ses 8 secondes à la fin de Star Wars : Le Réveil de la Force (c’est plus un spoiler, vous l’avez tous vu depuis le temps hein ?).

Un léger bémol sur la musique pour une fois, un peu répétitive et le thème principal me semble un peu trop proche de celui d’Avengers. Alors bien sûr, dans le monde actuel du ciné ou les séquelles sont légion et que la plupart des « nouveaux » sont amenés à être des super intros pour une saga au cas où ça marche, Kingsman : Services Secrets ne déroge pas à la règle et sa grosse première partie peut amener à soupirer un peu. A la manière de Deadpool, trop centré sur l’origine du personnage en oubliant de tartiner, pour mieux se révéler dans un 2 ? On attendra là aussi un 2 mais le début de Kingsman : Services Secrets '1' est au moins sympathique et ici, en deux heures à l’écran, Matthew Vaughn n’a pas lésiné à la fin pour dégobiller et cartonner un max dans une joyeuse hystérie. On introduit, on présente les personnages, on les fait évoluer, on enveloppe le tout dans une histoire bien huilée et bim, à la fin on lâche la purée. Matthew Vaughn et sa fine équipe ont tout compris au film osé, retenu avant d’être dynamique et explosif, volontairement sanglant et vulgaire donc non-aseptisé, à la manière de Kick-Ass forcément mais en mieux, bien mieux même. J’ai failli être déçu car au début j’ai eu le droit à exactement les défauts que j’attendais, mais sur la durée Kingsman : Services Secrets m’a mis une belle claque. Voilà pourquoi il ne faut jamais laisser les à-priori se dicter ses visionnages parce qu’il y a tel réalisateur, que c’est proche de tel ou tel truc que-j’avais-pas-aimé-donc-j’ai-pas-envie, même si finalement la surprise n’en est que plus belle à la fin. Une jolie dinguerie au bout, qui se paye le luxe d’être un des films les plus couillus et enthousiasmants sortis ces derniers temps. Ce n’est pas à ses manières passées qu’on juge la filmographie d’un réalisateur…

Note : 8/10

lundi 1 juillet 2013

Mission Impossible : Ghost Protocol

Entre Mission Impossible et moi, c’est une histoire bien peu passionnante. La série, je n’en ai jamais vu une minute et je m’en fous. Les films, je les ai regardés avec intérêt, mais sans rien attendre de plus qu’un divertissement d’action à chaque fois. Le premier est cool, notamment grâce à Jean Reno et Jon Voight. Je l’ai revu il y a quelques mois et il n’est pas bien marquant quand même (c’était aussi l’époque déroutante où Tom Cruise et Bruce Willis avaient le même doubleur français, donc revoir ça plus de 10 après est perturbant). Le II est cool aussi, mais ça fait tellement longtemps que je ne l’ai pas revu qu’il faudrait que je me le remate pour en être sûr (même si dans mes souvenirs, ce jeu constant de faux-semblants avec les masques est prenant). Le III par contre, beûrk. Un JJ Abrams en mode « Lost » qui nous sort un scénario faussement alambiqué avec des coups de traître qui sortent sans prévenir de son chapeau, bof. Même si Philip Seymour Hoffman est très bon en méchant, et que nous avions droit à la participation de Simon Pegg aka Benji Dunn. Dunn qui est depuis devenu agent de terrain, et dont le personnage va être une des attractions principales de ce 4ème volet, mais pas seulement. Explications…

Au ciné, j’avais trouvé ce Mission Impossible : Ghost Protocol tout à fait excellent, et à la revoyure il ne baisse pas en intérêt, mieux encore il se bonifie et se révèle comme un des meilleurs blockbusters « à agents secrets » de ces dernières années. Après un III trop bordélique, Ghost Protocol revient déjà à un scénario plus simplifié. En mission en Russie, l’équipe de MI se fait doubler par un terroriste qui en faisant exploser une partie du Kremlin, créé un début de tension entre les USA et la Russie, tout en faisant dissoudre l’organisme Mission Impossible qui est totalement discrédité. Ethan Hunt (Tom Cruise) et ses nouveaux partenaires de jeu vont devoir recoller les bouts en partant en chasse du terroriste « Cobalt », bien déterminé à faire tout son possible pour envoyer un missile nucléaire sur les US. La team MI doit donc intervenir sur les intermédiaires pour mettre les projets de Cobalt à mal, et va devoir passer par un gratte-ciel de Dubaï et une réception sélect en Inde. On passe donc encore par les 4 coins du monde, dans un film au rythme qui ne faiblit pas une seconde. Le film est d’ailleurs divisé en 4 parties bien distinctes (la sortie de Hunt d’une prison russe, l’infiltration du Kremlin, les négoces à Dubaï, le dénouement en Inde), le scénario est fluide et de ce côté la mission est accomplie. On peut donc se concentrer sur l’action au sein de ce film bien plus débridé que ses prédécesseurs.

« Donc tu veux que je saute dans le vide ? » « Mais j'te ratrappe ! »

Car ne bénéficiant plus de l’appui du ministère de la défense américain, les MI vont devoir se débrouiller avec les moyens du bord. Et avec le facétieux Benji et le compagnon de fortune, l’« apprenti » « analyste » Brandt, le film va prendre une tournure quasi-comique, avec des missions faites à l’arrache et rencontrant bien évidemment nombre d’accrocs. Et le héros Ethan Hunt va devoir à chaque fois sauver la mise. Après une équipe bien trop sous-exploitée dans MI-III malgré le potentiel (Maggie Q, Jonathan Rhys-Myers), MI-IV remet donc au goût du jour de savoureux rôles, ceux de Simon Pegg bien sûr (excellent en newbie à moitié paniqué) et surtout du prodigieux Jeremy Renner qui crève une fois de plus l’écran, avec un rôle assez complexe en plus. Complexe, le film ne l’est pas et on peut aisément se reposer les neurones. Les séquences de haute volée s’enchaînent et le film est blindé de bonnes trouvailles, du faux couloir en projection du Kremlin à la poursuite en pleine tempête de sable, en passant par l’escalade risquée de la plus haute tour de Dubaï et la mission au cœur d’un ordinateur géant. Pas de temps mort donc, de l’action à gogo et pas mal d’humour, le tout certes filmé sans rien d’exceptionnel mais bien suffisant pour un divertissement quatre étoiles. A ce niveau, il n’y a donc presque rien à redire sur Mission Impossible : Ghost Protocol qui est tout simplement un excellent blockbuster. Ni plus ni moins.

Bon, la simplicité du scénario rend le film parfaitement fluide, mais quand on compare aux coups de théâtre qui parsemaient les trois premiers volets on peut se dire qu’il y a un peu de paresse, même si cela ne se fait pas au détriment de l’action, loin de là. Du coup, Michael Nyqvist (Mikael Blomqvist dans la saga suédoise Millennium dont on va probablement reparler bientôt ici) est affublé d’un rôle quasi-muet de scientifique terroriste aux motivations apocalyptiques un brin obscures (voire grand-guignolesques). Un peu dommage, même s’il révèle un bon battant dans le final. Du reste, Paula Patton succède à Maggie Q sans grand panache, mais ce n’est pas très important. Son « ennemie » Léa Seydoux est ma foi agréable à regarder, mais ça ne va pas chercher plus loin non plus. Tom Cruise fait du Tom Cruise et c’est plutôt appréciable dans l’ensemble, mais c’est définitivement le duo Pegg-Renner qui fait une bonne partie de la force de MI-IV. D’ailleurs, wikipédia me souffle que ce dernier pourrait remplacer Cruise en tant que personnage principal de la saga, si le scientologue venait à ne pas rempiler, et là je dirai oui. Mais au minimum revoir Pegg et Renner dans un prochain volet serait déjà très appréciable (c’est un gros pari, à part Tom Cruise et Ving Rhames (et Simon Pegg, donc) aucun acteur n’a tenu plus d’un épisode…), car le duo de roux est ici tout simplement parfait et est pour moi l’attraction principale de ce Mission Impossible : Ghost Protocol.

Dans l’ensemble, Mission Impossible : Ghost Protocol est assurément le meilleur volet de la saga cinématographique MI, enfin ce n’est que mon avis. Son aspect trop léger, voire même en marge des trois premiers volets, peut rebuter voire faire hurler mais force est de reconnaître que l’équilibre entre action et humour est ici parfait. Mon objectivité s’envole à cause de mon fanboyisme pour Simon Pegg et Jeremy Renner, mais les deux joyeux lurons portent une bonne partie du film, le reste étant assuré par un Tom Cruise en bonne forme. Un film à voir et à revoir avec grand plaisir pour un film d’action/espionnage enfin véritablement accessible et résolument divertissant. Tellement que Mozinor s’est amusé avec. Mission… accomplie !
Note : 8.5/10