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samedi 10 mai 2014

Kritiks En Vrac : Qu'est-ce que le bolide de Spider-Man a fait au bon Dieu?

Le temps, le temps… le temps est mauvais pour une mi-printemps mais cela ne nous empêche pas de nous mettre à l’abri dans les salles obscures. Le temps avec un grand T, lui par contre il manque pour écrire des critiques détaillées. Donc pour le coup je vais faire un peu de vrac avec les sorties de fin avril. Trois films qui méritent de s’y pencher un peu plus que 5 lignes sur un statut facebook ; trois films ratés, moyens ou qui auraient pu être mieux cependant…

Need For Speed
Action ‘Carsploitation’ de Scott Waugh (2014)
Avec Aaron Paul, Dominic Cooper, Imogen Poots, Michael Keaton…

Need For Speed adapté au cinéma, ça reste pour moi un rêve d’ado, ayant touché à pas mal de versions de cette saga vidéoludique dédiée aux grosses cylindrées (notamment Need For Speed Underground 1 & 2, Need For Speed Most Wanted, Need For Speed Carbon mais aussi quelques vieilles versions…). Cette adaptation vient donc tenter de concurrencer l’hégémonie de Fast & Furious, qui a eu bien peu de concurrents crédibles au fil des années. Need For Speed n’en sera pas un, en termes de qualité ça se discute mais le ton global est bien différent, moins basé sur le spectaculaire. C’est d’ailleurs là que le bât blesse car Need For Speed a essayé de broder une histoire au détriment de l’action pure. Du coup le film se révèle lent et inutilement long. Cette idée de traversée des USA était plutôt mauvaise et ne propose que bien peu de scènes palpitantes, essayant plutôt de développer des personnages plutôt inintéressants (Aaron Paul fait le job mais est bien loin de l’intensité de Breaking Bad, Imogen Poots est mignonne mais ne sert un peu à rien, Dominic Cooper est bon en connard de service mais est finalement bien peu présent, Rami Malek fait du n’importe quoi mais me rappelle les bonnes heures de la série La Guerre à la Maison et rien que pour ça j’applaudis). Seule la dernière course, prenante, rattrape l’ensemble du film. Dernière course qui aligne d’ailleurs bon nombre de gimmicks propres à la saga de jeux vidéo dont le film s’inspire (les bolides, les flics qui t’attaquent à coups de SUV, le suivi de la course…). Que ce soit au niveau de l’histoire de base en elle-même (une proposition ami-ami qui sent l’arnaque, le défi, le drame, la trahison, la sortie de taule, la vengeance par la course, les amis du garage qui te filent un coup de main, le méchant mauvais perdant… tout ceci étant forcément un peu culcul soyons d’accord) ou au niveau du traitement des bolides et des courses, Need For Speed se rapproche vraiment des jeux et pour un fan, le portage est un minimum intéressant. Mais il n’y a pas de herses ! Le cauchemar de tout bon joueur de NFS n’apporte pas de piment à ce film. Même les flics disent à un moment « laissez tomber les herses… », c’est de la provocation ! Cela ne va pas m’aider à dire trop de bien de ce film, au mieux anecdotique (la réalisation de Scott Waugh n’offrant également aucune plus-value significative), au pire assez chiant, qui en ce qui me concerne dépasse péniblement la moyenne grâce à une dernière course bien menée qui sauve l’ensemble.
Note : 5.5/10

The Amazing Spider-Man 2 : Le Destin d’un Héros
Film de superhéros de Marc Webb (2014)
Avec Andrew Garfield, Emma Stone, Jamie Foxx, Dane DeHaan…

Suite du reboot de Spider-Man et donc en quelque sorte Spider-Man 2.2. Ce qui est déjà marrant, c’est que je me souvenais à peine du premier, qui était cependant loin d’être mauvais dans mes souvenirs. Il faut donc vite se replonger dans l’histoire, notamment lorsque l’on est rappelé à l’intrigue autour des parents de Peter Parker. D’ailleurs, les révélations qui sont faites ne cassent pas des briques et sont loin de faire tout le sel du film. The Amazing Spider-Man 2 : Le Destin d’un Héros (putain que c’est long à écrire) se concentre plus sur la lutte de Spider-Man contre de nouveaux ennemis, Electro (Jamie Foxx) et Le Bouffon Vert (Dane DeHaan). Avec bien sûr en filigrane les doutes et faiblesses de Peter Parker, confronté à une relation de type « c’est compliqué » avec la jolie Gwen Stacy (même si Emma Stone en blonde, ça fait toujours trop artificiel…). On atteint cependant pas la faiblesse du Peter Parker de Spider-Man 2 à l’époque, ce n’est pas cette fois-ci que nous aurons droit à un trip à la The Dark Knight Rises ou Iron Man 3 (on laisse ça pour The Amazing Spider-Man 3 ?). En dehors de tout ce qui tourne autour de la vie de Peter Parker (avec un gros cataclysme à la fin, assez inattendu d’ailleurs), on retrouve donc un Spider-Man confronté à deux nouveaux ennemis et le moins qu’on puisse dire, c’est que Marvel a décidemment du mal à se trouver des méchants intéressants. Electro, dans la peau de Max Dillon au début, est pourtant intéressant au départ mais ensuite il perd en intérêt, et surtout le combat final contre Spider-Man ne casse pas de briques, assez sabré par une mise en scène qui en fait des tonnes d’ailleurs (ralentissez encore et Zack Snyder va porter plainte pour plagiat). Quant au Bouffon Vert, il est très bien quand il s’agit encore de Harry Osborn (la performance de Dane DeHaan étant à ce titre excellente), mais dès que Harry devient le bouffon, il a vraiment un sale tête et ça tourne au ridicule. Le personnage, qu’il soit dans la peau de Harry ou du Bouffon, n’a pas été assez exploité et on espère en revoir un peu plus dans le 3. Si les méchants ne se sont finalement pas multipliés, deux c’est déjà trop car l’un est inintéressant et l’autre pas assez exploité. Soit, car The Amazing Spider-Man 2 : Le Destin d’un Héros (bon là j’ai fait copier-coller) est pourtant un bon film, divertissant comme tout bon blockbuster du genre. Mais dans ce genre de saga, le premier opus est toujours plus intéressant car il y a le côté genèse/découverte d’un héros, et donc The Amazing Spider-Man demeure supérieur. Quant à ce deuxième opus, on retrouve ce qui faisait le charme du premier (un bon duo Andrew Garfield / Emma Stone et un Spider-Man vanneur et provocateur), mais au final nous n’avons qu’un blockbuster à superhéros juste correct.
Note : 7/10

Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?
Comédie ‘communautariste’ de Philippe De Chauveron (2014)
Avec Christian Clavier, Chantal Lauby, Elodie Fontan, Ary Abittan…

Allez hop, voilà la nouvelle coqueluche du public français pour on ne sait quelle raison (parce que les gens n’ont rien de bien mieux à faire ?). Certains buzz se justifient (Intouchables), d’autres nettement moins et Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? en fait partie. Le film qui commence en étant sponsorisé par le FN et qui finit sponsorisé par SOS Racisme, ou comment faire le grand pont avec un objectif caché attendu et éculé (et on a pas besoin d’un film pour apprendre à respecter l’(les) autre(s)…). Pour le coup, il était difficile de passer à côté des clichés « communautaristes » et avec QQAFABD (sexy hein ?) on va être servis. Les poncifs sur arabes, juifs, asiatiques, africains, cathos et « bons » français s’accumulent et les vannes sont tellement prévisibles et usées qu’elles ne font plus rire. Il est d’ailleurs usant d’aller voir ce film dans une salle pleine aux trois quarts d’un public familial qui est exagérément hilare au moindre dialogue comique et on se sent bien seul à ne pas rire aux passages qui de toute façon ne sont pas drôles. Bon, on rit un peu devant quelques trucs bien pensés, mais le bilan demeure maigre. Il est tout de même relevé par la dernière partie du film, lorsque le père ivoirien (excellent Pascal N’Zonzi) du dernier gendre débarque en France, en inversant les codes du racisme (et avec classe et références, pas dans le genre Thomas N’Gijol) et en donnant la furieuse réplique à Christian Clavier qui commence à se faire vieux et ne se renouvelle plus, tout comme Chantal Lauby qui honnêtement ne sert pas à grand-chose. Et l’intrigue ne se distingue pas avec un scénario étoffé, loin de là mais en même temps on ne s’attendait pas à ce que le film créé la surprise de ce côté-là. Pour le reste, c’est donc attendu au possible, la morale de l’ensemble y compris. Tous les personnages se détestent au début, notamment les 4 gendres, mais finalement tout le monde finit par bien s’entendre, les parents « racistes » également qui n’ont plus leurs vilaines pensées, waouh quel suspense ! Et de toute manière le « racisme » des personnages est bien peu extrême à la base (ce ne sont guère que de gros préjugés sur des communautés). Je sais que ce genre de film est l’occasion de passer un bon moment en famille et de rire un peu, mais il y a mieux à la télé pour ce genre et voir tout le monde courir au ciné pour ça est un peu navrant. Et techniquement, la réalisation est sans relief et les acteurs sont inégaux, que ce soit dans le jeu (Medi Sadoun surjoue son rôle d’arabe râleur) ou dans l’exploitation (on voit plus Ary Abittan que les autres, probablement parce qu’il est plus bankable en ce moment qu’autre chose), et seuls Pascal N’Zonzi, à la rigueur Frédéric Chau, et surtout la très très très (très) mignonne Elodie Fontan (ZE argument visuel avec même une fabuleuse scène pour crevards) dans le rôle de la cadette tirent leurs épingles du jeu (Noom Diawara, il va se ratrapper tout de suite avec Amour sur place ou à emporter qui semble adopter le même humour communautariste…). Pas grand-chose au bout pour une comédie vaine qui ne fait que s’amuser sur des clichés pour délivrer un message de paix et d’amour entre communautés, pour un ensemble archi-prévisible qui ne parvient guère qu’à décrocher quelques rires quand le tout s’emballe.
Note : 4.5/10
 "Une comédie française plébiscitée par le public, moi, plus jamais."

vendredi 24 mai 2013

Fast & Furious 6


« Quand y’en a plus, y’en a encore », « N’en jetez plus, la coupe est pleine », on pourrait faire un dropping de ce genre d’expressions. Alors qu’à une époque cinématographique, les séries de films se limitaient à une bête trilogie (sauf certaines sagas d’horreur ou autres séries B), la tendance actuelle c’est de presser le citron jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que la pulpe et que la peau jaunisse les doigts. Tant que ça marche, on continue… et voilà donc le sixième opus de la saga Fast & Furious. Je ne vais pas en faire des tartines, tout le monde connaît cette saga, ses bagnoles, Vin Diesel, Paul Walker, la fine équipe variable qu’il y a derrière. Et inutile de dire que vu le genre, on aime ou pas. Remontons un peu dans l’histoire de la saga et, pour mon cas personnel :
- Fast & Furious posait les bases tout en sobriété, il est presque culte désormais.
- 2 Fast 2 Furious était sorti en plein boom du tuning et excelle dans ce domaine, et bien qu’il soit « léger » j’ai envie de dire que ça demeure mon préféré.
- Fast & Furious : Tokyo Drift est une sombre merde. Il n’y a rien à sauver là-dedans. L’action réduite à portion congrue, les personnages nuls, l’histoire inintéressante, ce 3ème opus est un splendide navet.
- Fast & Furious 4 joue avec brio la carte du retour aux sources avec une histoire plus sombre.
- Fast 5 sentait déjà la franchise qui n’avait plus d’idées. Heureusement le film était sauvé par la scène dantesque avec le coffe-fort aux fesses.
Voilà donc le sixième épisode de la « série ». On se demande même si à l’instar du Transporteur, la saga ne ferait pas mieux de se porter sur le petit écran, même s’il serait difficile de conserver tous les personnages. D’ailleurs, après un portage télé, Le Transporteur est en passe de revenir sur grand écran… diantre. Avec une accroche nulle (« Toutes les routes mènent à » : à quoi ?), voilà donc les nouvelles aventures de gens avec des bolides.

Au menu de cet épisode ? Départ classique : Dominic (Vin Diesel) et Brian (Paul Walker) se la coulent douce aux Îles Canaries, et Mia (Jordana Brewster) vient d’accoucher de son premier enfant. Débarque alors leur ancien ennemi Hobbs (Dwayne « The Rock » Johnson) qui est désespéré d’en faire appel à Dom. Un ennemi insaisissable, Shaw (Luke Evans), a mis le bazar à Moscou et se serait planqué à Londres dans le but d’assembler une bombe. Pour appâter Dom, Hobbs lui présente un cliché pris « il y a 8 jours » de… Letty (Michelle Rodriguez), laissée pour morte dans Fast & Furious 4. Dom et Brian s’engagent donc avec Hobbs, accompagné de toute la fine équipe : Roman (Tyrese Gibson), Tej (Ludacris), Han (Sung Kang), Gisele (Gal Cadot), et Riley (Gina Carano) la nouvelle partenaire de Hobbs. L’équipe va donc se mettre en chasse de Shaw, et tenter de récupérer Letty afin de comprendre ce qu’il est advenu d’elle… et c’est parti pour des scènes d’action avec des bagnoles.


D’ailleurs après 3 premiers opus orientés sur les courses de voitures à proprement parler, la saga Fast & Furious est surtout devenue un ensemble de films d’action où les bagnoles ne sont finalement qu’un prétexte pour continuer à appeler le tout « Fast & Furious », même si les courses clandestines sont toujours à l’honneur à un moment où à un autre… à croire que c’est une obligation. Tout comme les multiples références aux épisodes précédents et les relations entre personnages (cette fois-ci c’est certain, Dom et Brian ne se méfient plus l’un de l’autre). Donc grosso-merdo, Fast & Furious 6 c’est la suite du 4 et du 5. Le menu est toujours le même et les scénaristes se sont un peu creusés la tête pour remettre une ex-star de la saga, Michelle Rodriguez, dans la danse (après le dernier Resident Evil, elle est abonnée aux retours inespérés, la verra-t-on dans Avatar 2 ?). Pour un résultat et une explication bien discutables d’ailleurs. Enfin, trouver des bonnes idées scénaristiques dans un Fast & Furious et en plus un 6… les ficelles sont ici aussi grosses que des poteaux de but, et le pire c’est que ça ne choque pas le moins du monde, obligeant définitivement le spectateur à débrancher son cerveau. Outre les facéties habituelles des personnages (les vannes de Roman, le sérieux de Tej, le couple Han/Gisele, les combines de Brian, les principes de Dom…), il ne reste que l’action à juger parce que le reste, de toute manière, il est ce qu’il est en fin de compte. Comme une série TV, les bases sont posées et il ne reste qu’à savoir ce que cet épisode a de plus que les précédents.

Bonne nouvelle : Fast & Furious 6 est un Fast & Furious dans la bonne moyenne. Mieux équilibré que Fast 5 déjà. Disons que des grosses scènes d’action, il y en a quatre en tout (la première poursuite, le bazar dans la gare, l’autoroute, le final). Il y a des bagnoles (donc), des gadgets, un peu de bagarre, du gros arsenal, et sur cette base ça poutre. Dommage que le film connaît une bonne longueur de derrière-les-fagots en milieu de course, qui n’apporte pas grand-chose à un scénario qui ne se distingue pas par son inventivité. Ni par sa crédibilité. D’ailleurs un « sauvetage » spectaculaire intervient à un moment-clé du film, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est tout aussi WTF que certains trucs de Le Transporteur 2 (mais lorsque toute la salle applaudit, c’est cocasse en fin de compte). Le final est également bien taré d’ailleurs, la scène sur l’autoroute aussi (cf. l'image ci-dessus), presque tout en fait. Ceci conjugué avec la réintroduction semi-invraisemblable du personnage de Letty fait que le film ne brille pas par son intelligence. Mais ce n’est pas ce qu’on attendait d’un Fast & Furious et de l’action, il y en a et le contrat est rempli. Les bagnoles foncent et se rentrent dedans, à la limite de la destruction massive par moments d’ailleurs. A côté d’un ensemble de personnages sans véritable star (Dom et Brian ne sont finalement que des membres de l’équipe), le méchant (Luke Evans) est plutôt convaincant, même si un poil effacé. Il est d’ailleurs accompagné d’un sympathique sbire bodybuildé qui donnera l’occasion à The Rock de faire quelques bonnes prises de catch. Ajoutez à ça un caméo intéressant en toute fin (RYM, wikipédia et toute la clique donnent un gros spoil…), et nous sommes au complet pour ce 6ème épisode de Fast & Furious.

Le caméo final annonce à priori un 7. Et alors là, la question se pose… qu’est-ce que la saga a encore à dire ? Pas grand-chose à priori, hormis jouer sur les mouvements de personnages (deux vont partir, vous verrez qui) et se trouver un nouveau méchant (ça c’est déjà fait et en fait, c’est pas trop mal pour l'instant). Mais à part ça, remettre le duo Dom/Brian et leurs potes, remettre des bagnoles et des scènes d’action, il n’y a pas grand-chose de plus à faire. A quoi bon ? Mais tant que ça remplit des salles, ça continuera, et comme un mouton je continuerai probablement à aller les voir quitte à en sabrer un à l’occasion. Ce qui ne sera pas encore le cas de Fast & Furious 6, heureusement ou hélas. Un Fast & Furious qui balance de la bonne action (à la limite de la crédibilité mais en fait on s’en fout), le reste est à oublier et de toute manière n’est pas très important. Un film correct mais la saga se fixe des limites pour ne pas incommoder son public, ce qui est finalement dommage, même sans creuser le scénario plus que de raison on peut trouver matière à faire de bons rebondissements (parce que là à part une trahison assez prévisible…), sans avoir à faire des rappels grotesques aux précédents épisodes à tour de bras (Saw n’est pas loin). Changer de réalisateur permettrait de mettre un peu de folie, mais la saga ne prendra pas non plus ce risque. Bref, pour l’instant on restera sur un 6ème opus un minimum palpitant pour son contexte habituel, on pestera sur les approximations et le peu de perspectives sur la suite, et on constatera que la série est désormais faite uniquement pour ses fans. Ceux qui n’aiment pas n’auront pas à gueuler : ils sont restés sur le bas-côté depuis bien longtemps. « Toutes les routes mènent à… Fast & Furious » : oui, c’est bien ça finalement.
Note : 6.6/10

vendredi 1 février 2013

Le Dernier Rempart



Que ça plaise ou non, voici un des évènements du début d’année ciné 2013 : le retour de Schwarzy sur grand écran. Certes le « governator » avait déjà eu l’occasion de dire « I’m back » dans le second Expendables, mais voici avec Le Dernier Rempart un film à sa gloire, un film où il tient le rôle principal dumoins. Pas un blockbuster, dans le sens où Le Dernier Rempart est un film plus proche de la Série B, avec aux manettes le coréen Kim Jee-Woon notamment auteur de I Saw The Devil qui aura plu aux trves cinéphiles (je n’en fait pas partie, donc je ne l’ai jamais vu). Au programme donc, un « néo-western » d’action moderne, avec des shérifs et du gros calibre. Mais aussi du FBI à costard et des grosses cylindrées. Alors que penser de cette formule ? Va-t-on avoir le droit à un Fast & Furious meets l’Effaceur, à un Go Fast meets Terminator ? Sans aller jusque là, Le Dernier Rempart va nous offrir un film à la croisée des chemins pour un divertissement plutôt réussi, mais au bout du compte seulement.

A priori, ça devrait donc tartiner du poney. Le pitch est simple, son développement aussi, ce qui nous place bien au-dessus d’un film lambda d’EuropaCorp avec sa violence mêlée à un scénario indigent. Un gros bonnet du cartel de la drogue (le bien nommé Cortez) doit être sorti de taule pour être emmené à l’exécution par le FBI et le SWAT surarmé. Manque de pot, notre dealer a des amis et trouve le moyen de s’évader rapidos mais pas discrétos, au nez et à la barbe de l’agent Bannister (Forest Whitaker). Il va donc au volant d’une Corvette « gonflée » s’enfuir vers la frontière mexicaine où il trouvera le salut, dévastant tous les barrages sur son passage, toujours grâce à son comité d’accompagnement et ses talents cachés de pilote. Comité dont une partie prépare discrètement l’extradition de leur protégé dans une petite bourgade juste à la frontière mexicaine. Bourgade dont Schwarzy alias Ray est le shérif, qui ne se doute de rien au départ, passant son week-end tranquillou. Mais lui est sa bande de bras cassés (un bleu, une fliquette stressée mais motivée, un chicanos trapu, un petit délinquant en voie de repentance et un excité de la gâchette) vont découvrir ce qui se trame et être prévenus par le FBI de la fiesta qui se prépare dans leur trou perdu, et vont devoir faire office de Dernier Rempart pour empêcher Cortez de fuir. A partir de là, il n’y a aucune raison que ce film de ne finisse pas dans un déluge de coups de feu.

« Arnold, on a un problème. »

Néanmoins, le film prend ses aises et se révèle dès le départ, assez lent. Certes, il y a la phase de découverte des personnages, surtout le Shérif Schwarzy et sa bande. Durant la grosse première heure du film nous suivons donc en parallèle les pérégrinations de la bande de flics campagnards, puis la fuite de Cortez et le duo infernal SWAT/FBI qui se casse les dents dessus. Le tout finit par se rejoindre progressivement, avec la découverte par la bande de Schwarzy du plan des sbires de Cortez suite au meurtre d’un fermier, puis la mise en place de leur barrage de fortune. L’histoire suit donc son cours et il ne se passe pas grand-chose d’intéressant, hormis quelques scènes en bagnole qui envoient un peu (notamment le défonçage spectaculaire d’un barrage policier) et une première fusillade où Schwarzy pourra jouer du fusil à pompe. C’est classique dans la forme, finalement peu audacieux, et on s’ennuie un peu. Mais dès l’arrivée de la bande à Cortez dans la Schwarzy Town, le film va prendre une toute autre ampleur. Vous voyez Hot Fuzz, avec son histoire tordue parfois un peu poussive avant son final en fusillades qui arrachent ? Eh bien Le Dernier Rempart va jouer dans la même cour. Le fond est d’ailleurs finalement le même : une bourgade tranquille qui va se faire secouer les puces sans avertissement. La dernière partie du film va donc jouer la carte des fusillades à gogo, avec en plus une réalisation qui nous offre des effusions de sang à t’en remplir une citerne. Ça mitraille à donf dans les épaules et dans les torses, ça snipe depuis les toits, ça te balance des headshots à bout portant et ça t’en fait même exploser à te répartir les 4 fers façon puzzle. Du pur Beat’em’all jouissif à souhait pendant 20 minutes, le film se réveille et il fait mal ! On sautille sur le fauteuil noir comme un gosse, avant de s’enquiller une poursuite finale avec en point d’orgue un affrontement sur le pont. Il aura fallu attendre, mais finalement Le Dernier Rempart parvient à envoyer la sauce comme prévu !

Alors bon au milieu de tout ça, le retour de Schwarzy a finalement peu d’importance. Schwarzy est vieux et c’est lui-même qui le dit (parce que moi, je n’oserai pas). Il fait donc du Schwarzy light, avec quelques répliques cinglantes, de la fusillade, des interventions héroïques et un peu de castagne (mais pas beaucoup). Botoxé et un peu rouillé, Schwarzy ne fera probablement pas des films musclés Ad Vitam. Finalement son rôle de Shérif retiré des affaires violentes lui va comme un gant, et il ne faudra (hélas) pas s’attendre à un retour en fanfare de l’autrichien musclé avec Le Dernier Rempart, même s’il sait encore dégommer un minimum. Dans Expendables 2 il était limite plus en vue (ah le fameux coup de la Smart « qui fait la taille de ma chaussure »…) ! Du coup, les autres acteurs parviennent à tirer leur épingle du jeu. Eduardo Noriega, en Cortez jusqu’au-boutiste, est convaincant même s’il aurait pu avoir un rôle plus charismatique. Forest Whitaker en agent du FBI, ça sent le déjà-vu mais ce n’est pas très grave. Reste l’équipe du Shérif très sympathique, dont Johnny Knoxville qui reprend encore une fois le rôle du parfait crétin de service, et une belle nénette brune (il y en a une autre, l’agent du  FBI pris en « otage », qui lui ressemble presque comme deux gouttes d’eau, c’est curieux). Notons aussi l’excellent Peter Stormare en bras droit de Cortez un peu lunatique et décalé, qui est une des bonnes surprises de ce film (qui plus est doublé par le doubleur de Bruce Willis, du coup on a l’impression que ce bon vieux Bruce est dans le film aussi, film où il aurait pu avoir toute sa place).

Notons également que le film garde aussi un peu d’humour latent tout du long (le coup du survet de l’équipe de foot des Pays-Bas est hilarant), ce qui est un bon plus et nous fait définitivement classer Le Dernier Rempart dans le rang des Séries B sans prétention autre que de divertir à coups de balles perdues et de dialogues percutants. Un Hot Fuzz en moins décalé et à ambiance « western à la frontière mexicaine », avec du bolide qui fonce à 200 mph, voilà la recette inattendue du Dernier Rempart. Et tout comme Hot Fuzz, ça ne fonctionne vraiment que quand ça dépote, dommage qu’il faille attendre en se tournant les pouces mais finalement le film remplit son contrat. Reste finalement l’attraction principale (et l’argument de vente au passage) qui n’en est pas une, à savoir ce retour de Schwarzy un peu anecdotique au final. Il faudra peut-être le revoir dans un autre registre pour savoir si l’ami Arnold a de sérieuses intentions ou cherche surtout à arrondir sa retraite, ou juste se faire plaisir… Mais quoi qu’il en soit, Le Dernier Rempart reste un film sympathique qui, à l’occasion, fait du bien par là où il passe. Et c’est déjà suffisamment efficace.

Note : 7.5/10