vendredi 22 février 2013

Die Hard 5 : Belle Journée Pour Mourir


Avec Die Hard, quand y’en a plus, y’en a encore. C’est le moins qu’on puisse dire et le citron de la franchise est décidemment bien pressé. Voilà donc le 5ème épisode, et alors qu’il y a quelques années les franchises se limitaient à 3 épisodes, la règle c’est désormais de pousser les sagas Ad Vitam. Die Hard, j’en suis pas un grand fan, mais je regarde l’un ou l’autre épisode avec plaisir, surtout pour Bruce Willis dont John McClane reste un des personnages les plus charismatiques. Je n’aime pas trop Piège de Cristal, trop poussif. 58 minutes pour vivre dépote, mais ça fait loooongtemps que je ne l’ai pas vu donc mon avis reste à reconfirmer. Une journée en enfer reste mon préféré de la saga. Retour en enfer était quant à lui très bien dans l’ensemble, avec une histoire un peu plus originale et des méchants qui ont la classe (Timothy Olyphant, Maggie Q). Voilà donc le 5ème volet dénommé Belle journée pour mourir, dénomination d’une originalité digne des James Bond de la période Brosnan. Mais peu importe après tout, un Die Hard il faut que ça poutre… tout en étant étayé par quelques surprises…

La surprise de cet épisode sera la révélation d’un nouveau personnage : Jack (Jai Courtney), le fils de McClane (Bruce Willis). Ce dernier apprend que son fiston, qu’il n’a pas vu depuis des années et avec qui il est en froid, et emprisonné en Russie et risque la perpèt’ pour un meurtre dans une boîte de nuit. John se rend donc à Moscou pour assister au procès, qui se déroulera en même temps que celui de Komorov (Sebastian Koch), un farouche opposant à un puissant homme politique dénommé Chagarin. Mais une attaque a lieu, et le tribunal est réduit en miettes. Jack s’enfuit alors avec Komorov, interceptés très vite par John qui a encore décidé de fourrer son nez là où il faut pas. Ce dernier découvre alors que son fils est en réalité un agent de la CIA, en filature depuis 3 ans dans le but de faire évader Komorov, pour qu’il remette aux Etats-Unis une « liste » compromettante pour des politiques russes dont Chagarin. Et pour récupérer cette liste, les américains vont devoir affronter mercenaires armés jusqu’aux dents et faire face à diverses trahisons… John et Jack vont donc devoir trouver un terrain d’entente et mener à bien la mission de Jack, quitte à aller se risquer à… Tchernobyl. Eh ouais.

« C'est pas aujourd'hui qu'on va mourir ! »

Le scénario n’est donc pas aussi malin que les épisodes 3 et 4. Il est même parfois assez confus, surtout qu’on est plongé dans les conflits politiques russes dès l’entame du film. L’histoire réserve tout de même quelques bons rebondissements, mais il est inutile de préciser que nous n’avons pas ici le meilleur scénario de Die Hard. Bon après tout, pour du Die Hard, il faut de l’action, des grosses bagnoles et des explosions. Pour ça, on est servi dans la première partie du film avec une longue course-poursuite qui dépote bien et qui envoie à la casse une bonne pelletée de véhicules, petits ou très gros. Mais ensuite, le film se lisse et il n’y a plus grand-chose à se mettre sous la dent, si ce n’est des fusillades en hélico et, encore et toujours, des explosions. Bref, c’est du Die Hard mais on avait été habitué à plus spectaculaire que ça (et à plus WTF). Au rang des autres clichés Die Hard, on notera encore une fois la faculté des personnages à prendre plein de coups, tomber de 10 mètres, et même affronter une atmosphère radioactive, et être encore debout. Même s’il faut bien avouer que Bruce Willis prend moins cher que dans les volets 2 et 4 (où à un moment, ça ne devenait tout simplement plus crédible). Tout ce petit univers est à mon goût légèrement desservi par la réalisation de John Moore, plutôt plate et qui pique les yeux à quelques égards, en plus de nous servir des ralentis parfaitement inutiles (à la Max Payne qu’il a lui-même réalisé…).

Dans le fond et la forme, Die Hard 5 a donc peu d’arguments dans sa besace. Reste alors les personnages pour se raccrocher à quelque chose de concret. McClane (père) fait toujours du McClane, avec ses répliques qui fusent et son côté « tombé au mauvais endroit au mauvais moment » qui fait toujours mouche. McClane était en vacances et on l’a encore fait chier, donc McClane règle les problèmes à sa manière. McClane reste donc le meilleur personnage incarné par Bruce Willis et continue à faire plaisir à voir. Voilà donc qu’il va être affublé de son fils Jack. Un fils rebelle, agent de la CIA appliqué mais inexpérimenté, qui va finir par devoir employer les méthodes de son père pour accomplir sa mission. Comme on pouvait s’y attendre, la relation père-fils est conflictuelle mais finit par se tasser, mais miser sur ce duo infernal est une très bonne idée, surtout que Jai Courtney campe un personnage cool et suffisamment charismatique. L’intérêt de Die Hard 5 repose donc entièrement sur les deux McClane, et en vérité il n’y a qu’eux. Les « méchants » sont loin, très loin d’être aussi en vue que Alan Rickman, Jeremy Irons et Timothy Olyphant, à vrai dire il n’y a même pas de « grand méchant » pour une fois. On ne voit même pas grand-chose de la nénette de service (Yulia Snigir) si ce n’est un plan furtif sur son soutif et ses bas nylon, on est bien loin du décolleté affriolant de Maggie Q. Et Cole Hauser a un rôle très, très court. Tout l’intérêt du film repose donc le duo McClane, qui est tout de même en relative réussite et sauve le film.

Donc au bout il faut bien avouer que Belle journée pour mourir n’est indubitablement pas le meilleur opus de la saga Die Hard. Le pire, peut-être, parce que c’est de l’ordre du subjectif (comme je l’ai dit, je n’aime pas du tout le 1 et je reste sur un status quo pour le 2). Le minimum d’action, bien que concentré au début, est atteint mais on pouvait s’attendre à légèrement plus palpitant. Le scénario ne vaut pas tripette, même si la prise de risque avec Tchernobyl est à mon sens à saluer (on est bien loin de son exploitation grotesque dans Transformers 3). Et enfin, pas de galerie de personnages mais un duo McClane Senior/McClane Junior qui fonctionne très bien, avec Jai Courtney en révélation du film. Je suis légendairement très tolérant, donc ma note ne sera pas sévère même si ce Die Hard 5 comporte des défauts manifestes. On a vu mieux en film d’action mais pire aussi, et Die Hard 5 se laisse regarder même s’il mérite plus de passer à terme sur une chaîne de la TNT le lundi soir qu’autre chose. Correct mais aurait pu mieux faire, quoi. Et aurait pu être pire, d’ailleurs la franchise va continuer avec un sixième opus déjà programmé, donc tout reste possible. Le citron est déjà bien pressé, et au prochain coup il risquera d’être sec…

Note : 6/10

dimanche 17 février 2013

Double Zéro


Allez, il est grand temps que j’expose au grand jour mes goûts de chiotte. Parlons donc d’un film avec Eric & Ramzy. Considéré comme culte à l’époque de La Tour Montparnasse Infernale, l’humour du duo semble avoir perdu de sa superbe avec le poids des ans. Leur seconde grosse production a donc bien peu de considération aujourd’hui. Il faut dire que la collusion de leur humour avec l’action « à la française » (Gérad Pirès a réalisé le premier Taxi) a de quoi faire grincer des dents des cinéphiles les plus avertis. Mais après tout, il faut remettre les choses à leur place. Double Zéro n’a, il me semble, jamais eu la prétention d’être un chef d’œuvre. C’est une comédie d’action un brin parodique, totalement idiote et rétrograde mais c’est complètement assumé, alors what ze fuck ? Posons nos neurones et apprécions ce film pour ce qu’il est.

Double Zéro démarre alors qu’un missile est volé de manière assez spectaculaire au beau milieu de la sibérie par la sculpturale Natty Dreads (Georgianna Robertson). La DGSE française est sur les dents, mais craint qu’une taupe ne se soit infiltrée dans leurs services. Pour éviter de faire courir à leurs meilleurs agents un risque inconsidéré, l’agence recrute par le biais du Monologu... euh, du Monocle (Rossy De Palma) deux « chèvres », soit non pas deux mauvais joueurs de foot mais deux civils totalement inoffensifs qui vont jouer le rôle de faux agents pour que les vrais puissent travailler dans l’ombre. Le choix se porte donc sur Ben (Eric Judor), un impulsif, et Will « Le Sauvage » (Ramzy Bedia) qui se croit irrésistible. Le duo est soumis à un rude entraînement et doit illico presto se rendre sur le terrain. Ben & Will vont donc devoir se frotter au « Mâle » (Edouard Baer), dont le but est de se servir du missile volé pour bombarder la planète d’un spray stérilisant, et devenir l’unique mâle fécond de la Terre. Entre la côte d’Azur et la Jamaïque, le duo d’agents incompétents va donc devoir bien malgré lui sauver le monde…

« Foutue la coupe, foutue ! »

Double Zéro est donc, bien évidemment, rythmé par les pitreries d’Eric & Ramzy qui à l’époque étaient au sommet de leur « art ». Comme d’habitude, Eric joue le boulet un brin timide et Ramzy le beau gosse qui s’y croit de trop, et le duo doit finir par se serrer les coudes malgré le fait qu’ils ne se supportent pas. Les gags s’enchaînent et Double Zéro égrène tous les clichés de la parodie de films d’espionnage, gadgets, armes et bagarres, missions sous couverture à l’appui. Pour peu qu’on aime l’humour d’Eric & Ramzy et leurs personnages volontairement simplets, le film est hilarant au minimum la moitié du temps. Eric Judor cabotine à mort comme d’habitude, et la scène de l’hôtel où il martyrise une serveuse qui a amené le mauvais champagne est hallucinante. Les débilités habituelles du duo font mouche (même jusque dans leur faculté inutile à se casser la gueule au moindre obstacle), les dialogues primitifs aussi, le tout digne de leurs performances sur scène. Si l’on ne retrouve pas de répliques cultes comme dans La Tour Montparnasse Infernale, les « ok, je vais te péter la gueule », « je pète un câble » ou autre « put the coconut down ! » font leur petit effet. Suffit d’apprécier la comédie mononeurone et ça passe tout seul. Le film n’est également pas avare en scènes un peu plus spectaculaires, même si on est loin d’avoir affaire à un Die Hard ou un Taken.

Excepté le duo, Double Zéro est également servi par une pléiade de seconds rôles assez savoureux. Entre Didier Flamand qui campe un directeur de la DGSE tout excité (« excellent, excellent ! »), un général froid et antipathique (Christophe Odent), un Robinson Crusoé obsédé mais débrouillard (Nicky Marbot), et surtout le fantasque Bob d’Auckland (François Chattot) auteur de la scène la plus incongrue du film où on le voit flinguer un gars perché dans un arbre et dégommer un bateau au lance-roquettes sans raison (« non non c’est pas des espions, c’est juste des mecs qui me font chier, voilà tout ! »), et ce n’est rien à côté de son copain Potemkine. Edouard Baer s’amuse dans la peau du méchant mâle, sans réel plus si ce n’est qu’il est systématiquement accompagné de bonnasses. Et Double Zéro fait fort de ce côté en alignant les top-models aux formes généreuses, Georgianna Robertson en tête mais également les sœurs Bogdanova dont la sublime Alexandrie campée par Inna Zobova. Et lesdites bonnasses font des danses lascives où se crêpent le chignon à l’occasion. Outre Lionel Abelanski en Q de service, le film se paye donc un casting sans grands noms mais un casting qui parvient à convaincre sans trop de mal, toujours dans l’esprit totalement débridé et volontairement bas du front du film.

Bref, Double Zéro joue à fond la carte de la comédie d’action crétine, et dans ce registre ça fonctionne sans trop de mal. Il faut aimer la Eric & Ramzy touch, il faut aimer l’action basique à la Taxi, il faut accepter de poser son cerveau sur la table de chevet pendant une heure et demie. Double Zéro se place derrière La Tour Montparnasse Infernale et Seuls Two dans mon panthéon Eric & Ramzyesque, mais après X visionnages j’ai toujours autant de plaisir à le revoir et à rire à haute voix devant les gags débiles. Débile, c’est le mot et il ne faut pas s’attendre ici à quelconque philosophie. Pris dans un carcan de bon délire, Double Zéro est une réussite et remplit donc sa mission.

Note : 008/10

jeudi 14 février 2013

Ronin


Il y a des films comme ça, que l’on trouve sous- ou mésestimés (et j’en aurai un paquet à vous citer). En voilà un qui semble en faire partie. Il s’agit de Ronin, film de John Frankenheimer datant de 1998. Si j’en crois mon magazine TV qui le dépeint à chacune de ses nombreuses rediffusions comme « plat », ce film ne semble pas être considéré comme un classique, loin de là. Pourtant il est plutôt bien noté sur RYM, ce qui me rassure un peu. Peut-être est-il surtout connu pour être un film avec Robert De Niro, et qui a été tourné en France. Mais même si le bon Robert est la vedette du film -avec le local Jean Reno- et que les décors naturels parisiens, de la côte d’Azur et d’Arles ont leur charme, Ronin c’est un peu plus que ça. C’est un thriller d’action redoutable d’efficacité, tout en faisant preuve d’une certaine simplicité et sobriété, ce qui fait toute la différence.

L’histoire tout d’abord : à Paris, l’irlandaise Deirdre (Natascha McElhone) recrute une fine équipe de mercenaires, notamment des anciens du KGB et de la CIA en cavale, pour une mission ordonnée par un commanditaire secret : récupérer une mallette détenue par des truands, avant qu’elle ne soit vendue à des russes. Avec le peu d’infos et un matos restreint, la dream team doit mener sa mission à bien, pour pouvoir récupérer leur gracieux salaire. Mais alors qu’elle planifie les opérations, l’équipe menée par Sam (Robert De Niro) va devoir affronter des fortunes diverses : la difficulté du terrain bien évidemment, la froideur de Deirdre qui garde bien aux chaud ses secrets sur les commanditaires de l’opération, mais également les propres démons de mercenaires pas très clairs, Spence (Sean Bean) en tête, mais également un des leurs qui va être à l’origine d’une trahison spectaculaire. Sam et Vincent (Jean Reno) vont donc devoir recoller les bouts et récupérer la mallette coûte que coûte, tiraillée entre russes et irlandais. Mais là-dedans les objectifs de Sam sont bien précis…

« Y'a quoi dans la mallette ? »

Et au milieu de tout ça, John Frankenheimer nous colle un paquet d’action. Fusillades, flinguages, poursuites épiques en bagnole, moments de bravoure « tu m’as sauvé la vie mon frère », tout y passe dans un film au rythme assez soutenu mais qui sait envoyer le pâté quand il faut. On pourrait presque penser à une prod Besson, poursuites de folie, meurtres de pauvres gens à l’appui et méchants pas beaux à l’appui, mais nous avons ici droit à un scénario tout à fait limpide, émaillé de coups de théâtre et révélations maintenant une tension palpable. Frankenheimer a également joué la carte de la sobriété en livrant un film très réaliste, qui ne part jamais dans le déluge d’effets spéciaux ou de cascades WTF. L’aspect tellement réaliste pourra rebuter, la froideur du récit étant pourtant savamment calculée et dosée, ne donnant que de très rares longueurs. C’est certes poli et (très) sobre, mais tout de même relativement dynamique. Ce thriller varié est donc parfaitement équilibré, excellemment ficelé et ne laisse rien au hasard, dans un ensemble certes classique mais bien fait et bien joué. On regrettera peut-être quelques grosses ficelles ici et là, notamment dans le comportement de ces « agents » qui ont toujours une solution à tout et ont toujours des potes dans le coin, mais cela nous donne également un film particulièrement méticuleux et réfléchi, un genre de film que je trouve bien trop rare.

Un autre atout qu’a Ronin dans son jeu, c’est son casting faramineux. Visez un peu : Robert De Niro, Jean Reno, Stellan Skarsgård, Sean Bean, Jonathan Pryce, Michael Lonsdale… du 4 étoiles. Les deux premiers font peut-être du déjà vu pour eux, mais ça fonctionne. Les autres sont, dans leurs registres respectifs, tout à fait excellents. Le seul bémol que je mettrai sera pour Natascha McElhone, qui est tellement à fond dans l’aspect froid du film qu’elle en devient assez agaçante (son seul sourire sera… calculé pour les besoins de l’opération). Le film joue également sur la fraternité naissante entre Robert De Niro et Jean Reno, qui vont devoir se faire confiance avec leurs principes. Le premier joue d’ailleurs à la perfection son rôle de chef d’équipe qui va devoir sauver la situation, étant le point d’ancrage de l’aspect méticuleux du film. Reste alors le cas du mystérieux Spence (Sean Bean), qui disparaît après la première partie du film. Quel était exactement son rôle ? Qui était-il ? Des questions qui ne trouveront pas réponse, même si on peut se faire des suppositions évidentes. Toujours est-il que son apport au film est finalement assez inutile, surtout par rapport à la « morale » voulue, notamment autour du concept de Ronin (c’est quoi ? regardez le film pour voire Michael Lonsdale vous donner l’explication).

Au bout du compte, ce film que j’ai déjà vu 4 ou 5 fois est toujours aussi plaisant à regarder, même en connaissant le scénario (sur ce revisionnage, je ne me souvenais plus du véritable rôle de Sam dévoilé à la fin, comme quoi on redécouvre toujours des choses). John Frankenheimer signe donc un thriller d’action sobre et réaliste, mais efficace avec un scénario travaillé, nous offrant un film méticuleux à souhait, porté par un casting d’enfer. Même s’il date de 1998, ce film n’a pas pris une ride, même si au lieu de rouler en grosse BM ou Audi les protagonistes se pourchassent en CX ou en 405 (voire même en 406, ce qui devait être un luxe à l’époque). Il passe tellement sur la TNT (sur ce coup c’était carrément France 3 !) que l’on pourrait penser que c’est un fond de tiroir, mais il n’en est rien. La prochaine fois si vous ne l’avez jamais vu, il ne faudra donc pas le manquer. Un film qui peut rebuter par sa froideur (c’est sûr que niveau action on a vu des choses plus percutantes depuis) mais Ronin parvient parfaitement à remplir son rôle de divertissement un minimum réfléchi.

Note : 8/10